La Veille du Labo de l’édition #6 : En brèves

La nouvelle formule de veille du Labo de l’édition vous informe des innovations et analyses les plus marquantes dans le secteur de l’édition et des médias grâce à une sélection de contenus (articles et ressources) qui enrichissent votre regard sur les mutations numériques.
Edition

La maison d’édition numérique française Walrus expérimente avec le format du livre-web

bando-facebook-851x260Début décembre, les éditions Walrus ont publié sur leur site un titre de science-fiction au format singulier : Radius, un book-in-browser (ou livre-web pour Julien Simon, co-fondateur de la maison). Ce projet original l’est tout autant par son économie (une version gratuite donne accès à une petite partie de l’œuvre, disponible dans son intégralité pour 15€ – jusqu’au 30 janvier – puis 25€) ; son élaboration (sur le modèle du jeu de rôle, six auteurs collaborent avec un scénariste-maître du jeu pour produire « une narration en temps réel ») ; que bien sûr son format, intégré à un navigateur Internet, qui permet au livre de s’affranchir des contraintes du format ePub, mais aussi de court-circuiter les plateformes de distribution. Une expérience éditoriale inédite qui synthétise la pensée de la maison Walrus, exprimée dans une tribune sur Medium le 9 décembre dernier, et consacrant la mort du format ePub.

Plus de détails sur le projet dans l’article d’Actualitté.

Amazon sans limites ?

De nombreux articles et réactions, en France et à l’étranger, sur le lancement de l’offre en streaming par abonnement d’Amazon, Kindle Unlimited. Tandis que Fleur Pellerin questionne la légalité du service en France, le New-York Times se fait l’écho des revendications des auteurs indépendants. Plus notable, Nate Hoffelder, dans un article du Digital Reader, s’interroge quant à lui sur l’impact négatif que l’offre peut avoir sur les ventes globales de livres numériques. Enfin, un suivi du dossier par IDBOOX, pour les retardataires.

Journalisme

La renaissance de la newsletter ?

skimmDans un article publié sur Gigaom le 17 décembre 2014, Mathew Ingram analyse, depuis l’exemple de The Skimm, qui vient de lever 6,5 millions de dollars, le nouvel essor des newsletters d’information. L’intérêt des internautes pour ce format « slow-tech » provient justement de l’éditorialisation et du travail de synthèse qu’il exige. A l’inverse des formats longs, qui incarnent pour de nombreux professionnels tels que Jill Abramson l’avenir du journalisme, la newsletter s’inscrit pour autant dans la liste des prédictions journalistiques attendues en 2015, selon Nieman Lab et la journaliste Millie Tran. Un retour à la simplicité, à la clarté et à la proximité, puisque la newsletter intervient par l’adresse directe au lecteur, et se consulte en mobilité. En France, l’un des fondateurs de Rue89, Laurent Mauriac, est à l’origine du média Brief.me, une newsletter d’actualité qui se lancera début janvier.

Le crowdsourcing au service de la presse

Toujours sur Gigaom, Mathew Ingram détaille le 9 décembre 2014 la publication par le New-York Times du code source de sa plateforme Hive sur GitHub (le site d’hébergement de logiciels permettant la collaboration entre développeurs). Cet outil a été mis en place par le département R&D du New York Times dans le but de réaliser le projet de crowdsourcing Madison, lancé en octobre 2014. Pour permettre au journal d’enrichir les métadonnées de ses archives numérisées, le journal invite les internautes à authentifier les publicités présentes dans les anciens numéros du quotidien, depuis les années 60. Un travail fastidieux pour les 14 000 internautes qui se sont volontairement attelé à la tâche. Une application possible du logiciel Hive au succès encourageant pour tous les éditeurs souhaitant faire appel au crowdsourcing, à l’instar du New-York Times, du Guardian ou encore de ProPublica.

Technologies

Fred Turner, essayiste et professeur à Stanford, en visite à l’EHESS

source-utopieA Paris pour donner deux conférences, le chercheur en science de la communication et de l’information à l’Université de Stanford en Californie, revient sur la thèse de son dernier ouvrage, paru en 2012 en France chez C&F éditions, Aux sources de l’utopie numérique : De la contre-culture à la cyberculture. Pour Fred Turner, la pensée actuellement prédominante de la Silicon Valley doit se comprendre en référence à son origine dans le mouvement hippie californien, recherchant une nouvelle voie d’avenir après l’échec des communautés utopistes. A travers la biographie de Steward Brand, à l’origine du Whole Earth Catalog (auquel la couverture de l’ouvrage rend hommage), Fred Turner passe en revue l’histoire d’Internet, permettant une analyse originale et juste des nouveaux modèles de l’économie du partage. A écouter, l’émission La Suite dans les idées du 27 décembre 2014 sur France Culture revient sur cette utopie numérique avec « Du Bahaus à la Silicon Valley : une archéologie des médias ». A lire, Jean-Laurent Cassely s’interroge sur « Comment la gauche et la contre-culture sont tombées dans le piège de l’utopie numérique », article publié sur Slate le 18 décembre 2014 ; tandis que sur Rue89, Xavier de La Porte questionne Fred Turner à partir de treize mots, de « Google » à « Dieu » en passant par « Livres ».

Bibliothèque

#Letmelibrairianthatforyou

Screen Shot 2014-12-30 at 23.36.22Le 22 décembre 2014, la New York Public Library dévoilait, sur son compte Instagram, une série d’archives surprenantes (publiées chaque lundi). Des questions posées par tout un chacun, au comptoir ou par téléphone, allant de la recette de cuisine aux interrogations métaphysiques. Avant que Google n’existe, les bibliothécaires jouaient ainsi les moteurs de recherche. Des extraits dans l’article de Constance Bloch.

Ressources

Le numérique, une chance pour la culture

book-222A l’occasion du Forum de Tokyo qui s’est tenu à Paris le 2 décembre 2014, l’Association Française des Éditeurs de Logiciels et Solutions Internet (AFDEL) et le think-tank Renaissance Numérique ont publié sur la plate-forme Librinova leur Livre blanc, « qui analyse l’explosion des usages et leur impacts sur les marchés du livre, de la musique et de l’audiovisuel. »  Un bon état de l’art des transformations numériques au sein des industries culturelles, accompagné d’un bilan des modèles et acteurs qui les gouvernent, puis d’une ouverture vers les possibilités qu’offre ce nouveau paradigme en terme de démocratisation et de diversité culturelles.

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