La veille du Labo de l’édition #10 : En brèves

La veille du Labo de l’édition vous informe des innovations et analyses les plus marquantes dans le secteur de l’édition et des médias grâce à une sélection de contenus (articles et ressources) qui enrichissent votre regard sur les mutations numériques.
Edition

Succès de l’édition participative

Alors que nous avions interrogé le rapport entre édition et crowdfunding lors d’une rencontre entre auteurs et le site Ulule en janvier 2014, celui-ci rencontre un succès croissant à l’étranger, relève le Guardian. Sur la plateforme Kickstarter, les projets d’édition se multiplient, allant jusqu’à l’exclusivité d’une parution pour le dernier ouvrage d’Eric Ries, The Leader’s Guide. Une liste de dix projets – en campagne ou fondés – donne à voir une forte diversité éditoriale, depuis les Little Free Libraries jusqu’à la version illustrée de Don Quichotte. Auteurs indépendants ou éditeurs, livres papiers ou projets numérique, le financement participatif s’impose de plus en plus comme une voie d’accès vers la création et la mobilisation d’un lectorat. Pour autant, les projets d’édition en crowdfunding dépendent en majeure partie de l’investissement humain des auteurs et éditeurs.

A mi-chemin entre plateforme de financement participatif et éditeur, la startup française le cercle de Fred, qui s’est lancée début juin, propose un modèle hybride intéressant, note Actualitté. Les services de correction, diffusion et distribution proposés aux auteurs qui y lancent leurs campagnes compensent la fraiche arrivée du service sur un marché installé, pariant sur la curiosité du public pour des  projets éditoriaux originaux, en papier ou numérique.

Le pay-per-page d’Amazon, future mesure de la lecture numérique ?

https://i2.wp.com/cdni.wired.co.uk/620x413/o_r/pageturning.jpgL’annonce du changement de modèle d’affaires de Kindle Direct Publishing (KDP), la plateforme d’autoédition d’Amazon, vers une rémunération a la page lue, et non plus a la vente ou la location d’un ouvrage dans sa totalité, a été largement commentée par le milieu de l’édition numérique. Dans un billet exploratoire, Olivier Ertzscheid envisage les bouleversements qu’un tel modèle peut avoir sur la chaine du livre : de la désintermédiation par la promesse de gains nouveaux, à une narration du rebondissement pour tenir les lecteurs en alerte. Il s’agit d’une métamorphose attendue, dans la lignée d’autres modèles établis qui réduisent les biens culturels à une unité monétisable et aplanissent la relation entre créateur et consommateur.

Pourquoi pirate-t-on des livres ?

Le rédacteur en chef de Good e-Reader, Michael Kozlowski, dresse le bilan comparé du piratage de livres numériques, entre Asie et Europe, et propose des cas d’usages, illustratifs des limitations de l’offre légale actuelle. A ce sujet, les résultats du sondage mené par MonBestSeller sur les usages des DRM pour les auteurs et lecteurs éclairent l’absence de solution idéale, le watermarking restant une bonne alternative possible.

Les ebooks changent de look

Google et Amazon déploient leurs nouvelles typographies, Literata et Bookerly, sur Google Play Books et Kindle Paperwhite.  Toutes deux ont été conçues pour les e-books et promettent une optimisation et un confort de lecture nouveau, détaille le Wall Street Journal.

Journalisme

Google, Twitter, Buzzfeed : vers un age d’or des labs d’infos ?

Le mois de juin a été stratégique pour les acteurs du Web qui ont dévoilé leurs derniers projets de r&d autour de la curation d’actualite sur leurs plateformes. Selon Buzzfeed, la nouvelle fonctionnalite de Twitter prevue pour la fin d’annee, Project Lightning, reposera sur l’analyse de tweets autour d’un evenement cle – d’une catastrophe naturelle aux Oscars (sic) – pour filtrer et mettre en avant les contenus les plus pertinents. Des collections ephemeres presentes sur un fil dedie et concues par une equipe de moderateurs internes seront proposees aux utilisateurs, renforcant encore la curation permise par les hashtags. De son cote, Google a lance fin juin son News Lab, une plateforme d’outils mis au service des médias pour renforcer l’innovation journalistique. Le géant s’associe à plusieurs acteurs dont la startup Storyful, présentée comme une agence de presse spécialisee dans la curation de videos YouTube, et lance le service d’authentification et de reporting, YouTube Newswire.

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Entre valorisation du Big Data et injonction au storytelling, la guerre du contenu semble désormais se jouer dans ces laboratoires d’innovation médiatique qui se proposent d’accompagner les entreprises de médias dans des processus d’expérimentation reliés aux outils technologiques. Ainsi, le fondateur de BuzzFeed Jonah Peretti envisage dans son appel a candidature pour le récent « BuzzFeed Open Lab for Journalism Technology and the Arts » le futur de l’information par la maitrise des drones et de la réalité virtuelle. Une approche que l’on retrouve aussi au TIME Labs, le projet de journalisme interactif du magazine centré sur l’analyse de données.

S’immerger dans l’actualité, sans danger ?

De cette évolution découlent de nombreuses problématiques liées aux usages des médias, notamment du journalisme immersif (en réalité virtuelle).

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Les professionnels s’interrogent ainsi sur les implications éthiques de l’immersion pour traiter de sujets tels que la guerre, comme le fait Nonny de la Peña avec Project Syria, ou les protestations civiles comme pour Hong Kong Unrest du studio Immersiv.ly. La recréation en images de synthèse de situations réelles permettrait pour ces acteurs de favoriser l’empathie des citoyens pour des sujets de crise, utilisant la réalité virtuelle pour sensibiliser plutôt que pour divertir. Une ambition a interroger en suivant de près ces nouvelles pratiques et leur réception.

Expérimentation

Capture d’écran 2015-07-07 à 12.26.55Poetry For Robots est une initiative de l’Université d’Arizona, soutenue par Neologic et Webvisions, pour inculquer aux robots l’art de la métaphore. En enrichissant les métadonnées qui nourrissent l’intelligence artificielle des moteurs de recherche, l’équipe en charge du projet souhaite faire entrer la poésie dans la pensée algorithmique. Avec pour première étape le crowdsourcing de poésies associées à des images, le projet a pour but d’imaginer un robot capable de comprendre et de créer des liens métaphoriques. A lire sur Actualitté et Motherboard.

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