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La veille du Labo de l’édition #10 : En brèves

La veille du Labo de l’édition vous informe des innovations et analyses les plus marquantes dans le secteur de l’édition et des médias grâce à une sélection de contenus (articles et ressources) qui enrichissent votre regard sur les mutations numériques.
Edition

Succès de l’édition participative

Alors que nous avions interrogé le rapport entre édition et crowdfunding lors d’une rencontre entre auteurs et le site Ulule en janvier 2014, celui-ci rencontre un succès croissant à l’étranger, relève le Guardian. Sur la plateforme Kickstarter, les projets d’édition se multiplient, allant jusqu’à l’exclusivité d’une parution pour le dernier ouvrage d’Eric Ries, The Leader’s Guide. Une liste de dix projets – en campagne ou fondés – donne à voir une forte diversité éditoriale, depuis les Little Free Libraries jusqu’à la version illustrée de Don Quichotte. Auteurs indépendants ou éditeurs, livres papiers ou projets numérique, le financement participatif s’impose de plus en plus comme une voie d’accès vers la création et la mobilisation d’un lectorat. Pour autant, les projets d’édition en crowdfunding dépendent en majeure partie de l’investissement humain des auteurs et éditeurs.

A mi-chemin entre plateforme de financement participatif et éditeur, la startup française le cercle de Fred, qui s’est lancée début juin, propose un modèle hybride intéressant, note Actualitté. Les services de correction, diffusion et distribution proposés aux auteurs qui y lancent leurs campagnes compensent la fraiche arrivée du service sur un marché installé, pariant sur la curiosité du public pour des  projets éditoriaux originaux, en papier ou numérique.

Le pay-per-page d’Amazon, future mesure de la lecture numérique ?

https://i2.wp.com/cdni.wired.co.uk/620x413/o_r/pageturning.jpgL’annonce du changement de modèle d’affaires de Kindle Direct Publishing (KDP), la plateforme d’autoédition d’Amazon, vers une rémunération a la page lue, et non plus a la vente ou la location d’un ouvrage dans sa totalité, a été largement commentée par le milieu de l’édition numérique. Dans un billet exploratoire, Olivier Ertzscheid envisage les bouleversements qu’un tel modèle peut avoir sur la chaine du livre : de la désintermédiation par la promesse de gains nouveaux, à une narration du rebondissement pour tenir les lecteurs en alerte. Il s’agit d’une métamorphose attendue, dans la lignée d’autres modèles établis qui réduisent les biens culturels à une unité monétisable et aplanissent la relation entre créateur et consommateur.

Pourquoi pirate-t-on des livres ?

Le rédacteur en chef de Good e-Reader, Michael Kozlowski, dresse le bilan comparé du piratage de livres numériques, entre Asie et Europe, et propose des cas d’usages, illustratifs des limitations de l’offre légale actuelle. A ce sujet, les résultats du sondage mené par MonBestSeller sur les usages des DRM pour les auteurs et lecteurs éclairent l’absence de solution idéale, le watermarking restant une bonne alternative possible.

Les ebooks changent de look

Google et Amazon déploient leurs nouvelles typographies, Literata et Bookerly, sur Google Play Books et Kindle Paperwhite.  Toutes deux ont été conçues pour les e-books et promettent une optimisation et un confort de lecture nouveau, détaille le Wall Street Journal.

Journalisme

Google, Twitter, Buzzfeed : vers un age d’or des labs d’infos ?

Le mois de juin a été stratégique pour les acteurs du Web qui ont dévoilé leurs derniers projets de r&d autour de la curation d’actualite sur leurs plateformes. Selon Buzzfeed, la nouvelle fonctionnalite de Twitter prevue pour la fin d’annee, Project Lightning, reposera sur l’analyse de tweets autour d’un evenement cle – d’une catastrophe naturelle aux Oscars (sic) – pour filtrer et mettre en avant les contenus les plus pertinents. Des collections ephemeres presentes sur un fil dedie et concues par une equipe de moderateurs internes seront proposees aux utilisateurs, renforcant encore la curation permise par les hashtags. De son cote, Google a lance fin juin son News Lab, une plateforme d’outils mis au service des médias pour renforcer l’innovation journalistique. Le géant s’associe à plusieurs acteurs dont la startup Storyful, présentée comme une agence de presse spécialisee dans la curation de videos YouTube, et lance le service d’authentification et de reporting, YouTube Newswire.

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Entre valorisation du Big Data et injonction au storytelling, la guerre du contenu semble désormais se jouer dans ces laboratoires d’innovation médiatique qui se proposent d’accompagner les entreprises de médias dans des processus d’expérimentation reliés aux outils technologiques. Ainsi, le fondateur de BuzzFeed Jonah Peretti envisage dans son appel a candidature pour le récent « BuzzFeed Open Lab for Journalism Technology and the Arts » le futur de l’information par la maitrise des drones et de la réalité virtuelle. Une approche que l’on retrouve aussi au TIME Labs, le projet de journalisme interactif du magazine centré sur l’analyse de données.

S’immerger dans l’actualité, sans danger ?

De cette évolution découlent de nombreuses problématiques liées aux usages des médias, notamment du journalisme immersif (en réalité virtuelle).

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Les professionnels s’interrogent ainsi sur les implications éthiques de l’immersion pour traiter de sujets tels que la guerre, comme le fait Nonny de la Peña avec Project Syria, ou les protestations civiles comme pour Hong Kong Unrest du studio Immersiv.ly. La recréation en images de synthèse de situations réelles permettrait pour ces acteurs de favoriser l’empathie des citoyens pour des sujets de crise, utilisant la réalité virtuelle pour sensibiliser plutôt que pour divertir. Une ambition a interroger en suivant de près ces nouvelles pratiques et leur réception.

Expérimentation

Capture d’écran 2015-07-07 à 12.26.55Poetry For Robots est une initiative de l’Université d’Arizona, soutenue par Neologic et Webvisions, pour inculquer aux robots l’art de la métaphore. En enrichissant les métadonnées qui nourrissent l’intelligence artificielle des moteurs de recherche, l’équipe en charge du projet souhaite faire entrer la poésie dans la pensée algorithmique. Avec pour première étape le crowdsourcing de poésies associées à des images, le projet a pour but d’imaginer un robot capable de comprendre et de créer des liens métaphoriques. A lire sur Actualitté et Motherboard.

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La veille du Labo de l’édition #9 : En brèves

La veille du Labo de l’édition vous informe des innovations et analyses les plus marquantes dans le secteur de l’édition et des médias grâce à une sélection de contenus (articles et ressources) qui enrichissent votre regard sur les mutations numériques.

L’édition numérique iranienne, alternative à la censure

La Foire Internationale du Livre de Téhéran en 2012
La Foire Internationale du Livre de Téhéran en 2012 – Wikicommons

A l’occasion de la 28ème édition de la Foire Internationale du Livre de Téhéran, Le Guardian s’intéresse aux acteurs de l’édition numérique indépendante, qui contournent la censure imposée aux publications papier. Parmi eux, Nogaam ou H&S Media se présentent comme des alternatives pour les auteurs iraniens dont les ouvrages sont interdits de publication. Les deux entreprises reposent sur des modèles innovants, le premier propose une compensation participative à l’auteur dont le titre est disponible gratuitement dès la somme atteinte; le second en offrant la possibilité aux lecteurs d’accéder librement à l’ebook après avoir fait un don à une organisation caritative pour le montant du prix du titre. L’accès à Internet en Iran permet l’essor de l’auto-publication, dont certains livres atteignent les 10 000 ventes, et le marché de l’édition numérique est en croissance, révèle l’étude interactive Writer’s Block de Small Media publiée en mai 2015.

Pour repenser l’infrastructure web des maisons d’édition

Dans un marché aussi récent et effervescent que celui de l’édition numérique, des outils/plateformes/logiciels naissent chaque jour sur la promesse de faciliter le travail et la transition numérique des éditeurs. Cependant, ces entreprises fonctionnent de manière indépendante, offrant une solution calibrée pour un besoin spécifique de la chaîne de production de livres (print ou web). Comment dès lors s’assurer que ces nouveaux services peuvent s’intégrer dans un écosystème informatique existant ? Emma Barnes soulève cette question au demeurant pertinente et promeut ainsi Biblicloud, un outil de gestion et de publication tout-en-un, lauréat en 2013 du Prix de l’Innovation Technique de Futurebook. Son analyse recoupe ainsi celle de Laura Brady, qui encourage les éditeurs à impliquer leurs équipes techniques en amont du processus de publication.

Quelle critique culturelle à l’heure du numérique ?

Le Walker Art Center de Minneapolis s’empare de cette question en organisant un cycle de conférence du 28 au 30 mai 2015 intitulé Superscript. superscript2015_fulltitle_graphicLa légitimité des médias et critiques traditionnels, leur capacité à construire la réputation des artistes et à promouvoir leurs œuvres font l’objet de discussions menées par des journalistes, écrivains et universitaires. Représentants de médias numériques en vue, Ryan Schreiber, fondateur de Pitchfork ; Ayesha Siddiqi, rédacteur en chef de The New Inquiry ; ou encore Isaac Fitzgerald, rédacteur à BuzzFeed Books y soutiennent leurs points de vue sur l’éthique, la crédibilité ou l’interaction sociale de la critique numérique. Le blog Superscript Reader regroupe les échanges, à découvrir en vidéos ou compte-rendus.

État de l’art des médias pure-players aux US

Michael Massing entame sur The New York Review of Books une trilogie journalistique autour des médias numériques américains. Dans un premier article, il s’interroge sur le destin d’acteurs majeurs de l’actualité politique sur le Web, le Huffington Post, Politico et ProPublica. Leurs modèles, réussites et échecs sont passés au crible pour mieux mesurer l’importance et l’originalité de ces nouvelles sources d’information. Quel rôle doivent jouer les médias numériques et comment la technologie peut-elle réellement bouleverser l’exercice du journalisme ?

L’éducation face à son destin numérique

AltschoolL’échec retentissant de l’accord entre Apple, l’éditeur Pearson et le district éducatif de Los Angeles compromet l’avenir de la e-éducation, annonce Wired. Accusé d’avoir illégalement favorisé les deux firmes dans un appel d’offres pour fournir à tous les élèves des tablettes, le district de Los Angeles est encore plus vivement condamné pour la qualité médiocre du contenu éducatif pré-chargé sur les appareils fourni par Pearson. Comme souvent l’attrait de la technologie a supplanté la réflexion à long terme sur les bénéfices d’intégrer les outils numériques à l’école. Pourtant la « edtech » gagne déjà du terrain en Silicon Valley, avec le modèle expérimental de Alt School, une école « Montessori 2.0 » où développeurs et enseignants travaillent main dans la main pour former la tech elite à coups d’algorithmes de gestion et de recommandation.

L’art de la copie littérale, et littéraire

Jan 9, 2009 - Kenneth Goldsmith by his exhibition at Mercer Union. Photo: Charla Jones/Globe and Mail
Jan 9, 2009 – Kenneth Goldsmith by his exhibition at Mercer Union. Photo: Charla Jones/Globe and Mail

A l’occasion de son passage à Paris, la journaliste Claire Richard dresse le portrait d’un « instrument de traitement de texte » bien à part, l’auteur et poète Kenneth Goldsmith. Professeur « d’écriture non-créative », résident du MoMA et fondateur d’UbuWeb, ce personnage excentrique tente de donner un souffle nouveau à la poésie contemporaine en utilisant le Web comme matière créatrice. Il promeut le copier-coller au rang d’art et rejette les détournements capitalistes de la créativité, s’attachant à la technique comme source d’inspiration : « Je pense que la technologie mène, l’art suit. ». Son dernier ouvrage, paru en France ce mois-ci, est à découvrir sur les éditions Jean Boîte.

Le futur de Snapchat repose-t-il sur les médias ?

snapchat-logoDans un portrait du fondateur du réseau social californien, Evan Spiegel, Bloomberg Business dévoile les ficelles du modèle d’affaires de Snapchat qui tente de séduire les médias traditionnels pour produire des contenus sponsorisés destinés à son public adolescent. Peu convaincu par l’état actuel de la publicité sur le web, le jeune entrepreneur souhaite se différencier de ses consorts (Facebook et Twitter pour ne citer qu’eux), délaissant l’analyse de données sur ses utilisateurs pour privilégier la relation avec les entreprises de médias, dont 11 ont signé des accords avec le réseau social cette année.  Extrait : “There’s a sort of weird obsession with the idea that data can solve anything,” Spiegel says. “I really haven’t seen data deliver the results that I’ve seen a great editor deliver.”

La science des mouches en web-book

latachededarwinLeMonde.fr s’associe au studio canadien de conception de contenus multimédias enrichis Livrela pour produire un web-book scientifique qui suit les expériences de deux biologistes, Nicolas Gompel et Benjamin Prud’homme, autour de la génétique des formes animales. Chaque samedi pendant un mois à partir du 24 mai, un épisode de La Tache de Darwin sera publié sur le site du quotidien (mais pas compatible aux mobiles). L’interface du livre est composée d’extraits audio, de photographies et de vidéos, ainsi que d’une version textuelle enrichie d’annotations. Une expérimentation intéressante, malgré un chapitrage et une alternance textes et pistes sonores un peu rigides.

Gazouillis et belles plumes

twitterfictionTwitter, en association avec Penguin Random House et the Association of American Publishers, lance du 11 au 25 mai la troisième édition de son festival d’écriture, sous le hashtag #TwitterFiction. 45 auteurs, dont Margaret Atwood et Gayle Forman, s’exercent à la narration en 140 caractères autour de récits inédits. La liste des participants et de leurs créations est à découvrir ici.

Succès de l’édition numérique au Canada

Le Canada montre l’exemple selon une récente étude Booknet Canada qui révèle que le pourcentage d’éditeurs publiant des ebooks est de 93% sur l’année 2014. Près de la moitié de ces éditeurs ont numérisé 50% de leur catalogue, tandis que 35% publient désormais des titres numériques originaux. Pas moins de 65% opèrent désormais sur le modèle bimédia (print et ebook) et pour 77% d’entre eux, l’augmentation des revenus est l’argument principal de cette transition numérique.

Nouvelles Lectures, tout en numérique

duettoDominique Guiou, ancien rédacteur en chef du Figaro Littéraire est à l’origine de la maison d’édition numérique Nouvelles Lectures née en mai 2015. Cinq titres ont déjà été publiés, et cinq autres sont à paraître bientôt. La maison privilégie les formats courts, à bas prix et sans DRM, comme la microfiction ou la poésie ; et accueille sans distinction auteurs primés et primo-auteurs. Sa collection Duetto met en regard deux écrivains, l’un dans sa découverte de l’autre, comme Patrick Grainville et Marguerite Duras.

Assister les indés

mercitedLe 1er juin se lance MerciTed, dernière création de la startup Passive Records. Né à la demande d’un éditeur, MerciTed est un assistant pour faciliter les démarches et les journées des entrepreneurs indépendants. La plateforme permet de gérer son planning, sa facturation, son e-commerce et sa communication. A tester gratuitement pendant 1 mois !

Compte-rendu de la conférence « Comment dire le travail dans les médias ? »

Le Labo de l’édition a reçu jeudi 21 mai 2015 la coopérative Dire le Travail pour une table-ronde réunissant l’édition et la presse autour d’une réflexion commune : « Comment dire le travail dans les médias ? ».

logodireletravailPatrice Bride, gérant de la coopérative Dire le Travail à l’origine du projet de journal numérique éponyme, actuellement en campagne de crowdfunding sur Ulule, introduit le débat. A l’heure où la représentation du travail dans les médias semble faussée par les discours pessimistes autour du chômage, constamment envisagée à travers le prisme économique, quelle place reste-t-il pour les récits des travailleurs ? Si le travail quotidien, ses aléas comme ses joies, nous préoccupent tous ; qu’en est-il des récits qui le dévoilent ?

Pauline Miel, éditrice du site Raconter la vie, Francine Raymond, journaliste à France Télévisions, Amélie Mougey et Violette Voldoire, journalistes du site Le Quatre Heures et Sylvain Pattieu, écrivain ont débattu pendant cette soirée autour de trois axes : Ceux qui disent le travail, Ce qu’on dit du travail et Dire le travail sur internet.

Pour introduire leurs différentes contributions à la parole du travail dans les médias, ils débutent la table-ronde par une lecture.

lajufedetrenteansPauline Miel reprend un extrait de l’ouvrage La Juge de Trente Ans de Céline Roux, publié dans la collection Raconter la vie au Seuil en octobre 2014. Fondé par Pierre Rosanvallon, Professeur au Collège de France et auteur du manifeste Le Parlement des Invisibles (2014), Raconter la Vie est éditeur papier (accueilli en tant que collection au Seuil) et numérique (1 à 2 récits publiés par jour) à travers une plateforme communautaire qui réunit les témoignages littéraires de tous les citoyens. La communauté est faite d’auteurs amateurs, d’éditeurs et de lecteurs bénévoles et de chercheurs et universitaires qui dialoguent autour de la société du travail contemporaine.

beauteparadeLa parole passe à Sylvain, historien et maitre de conférence à l’Université Paris 8, auteur de deux ouvrages ; l’un sur le conflit social de PSA Aulnay en 2013 et l’autre sur la grève des employées sans papiers des salons de beauté de Château d’Eau à Paris (Avant de disparaitre, 2013 et Beauté parade, 2014 aux Éditions Plein Jour). L’écrivain restitue à travers les récits personnels de ses héros, non plus seulement un contexte social difficile, mais aussi le caractère éminemment littéraire des voix des ouvriers de l’usine automobile et des travailleurs immigrés du 10ème arrondissement.

Ce même désir de donner la parole aux « invisibles » se retrouve chez les deux journalistes du Quatre Heures, un jeune média né en 2014 sur le principe de la « slow info », fait de reportages long format menés sur plusieurs semaines en immersion. Découpé en saisons thématiques, le pure-player a débuté par trois épisodes autour des Luttes Ouvrières, dont deux sont présentés lors de cette table-ronde. Amélie Mougey s’est intéressée, dans son sujet Les routards de l’auto au cas des ouvriers détachés qui circulent d’usines en usines, éloignés de leurs foyers, pour répondre à la demande des constructeurs automobiles. Violette Voldoire, quant à elle, s’est rendue à Trélazé, tout près d’Angers, pour suivre les 153 mineurs de la dernière grande carrière d’ardoise de France lors d’un plan social qui annonce la fermeture du site, dans son reportage Plus rien à fendre.

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Comment collecter la parole des travailleurs, en situation de crise, quand souvent l’activité est interrompue par la grève et que la colère et l’anxiété dominent les esprits ? Comment le journaliste ou l’écrivain, intrus dans un milieu fragilisé, peut-il accomplir son devoir d’information, son désir de vérité tout en respectant les histoires individuelles ? Véritable luxe dans l’industrie des médias, le temps long est un premier élément de réponse.

En s’immergeant dans la société qu’il dépeint, répond Francine Raymond, le journaliste crée un rapport de confiance. Dans le cas de la fermeture de l’usine d’Aulnay, que la journaliste a documenté pendant toute l’année 2014, son travail n’a pu s’accomplir qu’à travers la relation profonde qu’elle a tissé avec les ouvriers. Au point qu’elle accompagne, en 2015, Ghislaine Tormos, ouvrière à PSA, dans l’écriture d’un livre, Le salaire de la vie (Editions Don Quichotte, Prix 2015 du Meilleur Ouvrage sur le Monde du Travail).

Comprendre, tel est le mot d’ordre qui guide chaque intervenant dans son travail. Une interrogation qui rassure, face à un traitement de l’actualité en flux continu qui encourage la méfiance face aux médias. Car le point de débat se situe bien ici. Pourquoi la médiatisation du travail ne s’exerce-t-elle qu’en temps de crise, de conflits sociaux ?

Ghislaine Tormos sur le blog de Francine Raymond, Aulnay Story
Ghislaine Tormos sur le blog Aulnay Story

Sur cette question, les intervenants démontrent leurs engagements. La dimension politique du travail n’est jamais occultée, puisqu’il ne s’agit pas de restituer avec objectivité des faits, mais plutôt d’être un soutien, un porte-voix pour ceux que l’on juge trop peu entendus. « J’ai choisi mon camp, mais je fais attention aux nuances », explique Sylvain Pattieu. En rencontrant les patrons des salons de beauté adjacents, il a ainsi pu mesurer la complexité du système dans lequel les individus sont des rouages. La mondialisation, pour beaucoup, est désignée comme la grande coupable de ces crises. Pour échapper au jugement tranché, il faut décortiquer, confronter les opinions, et faire peser à part égale les discours contradictoires.

Pour Pauline Miel et Amélie Mougey, la difficulté est autre puisqu’elles collectent, à leur manière, la parole de l’ordinaire. Tandis que Raconter la Vie procède par appels à témoignages sur des sujets divers, au gré de la curiosité des éditeurs, Le Quatre Heures tient plus à rendre compte d’une situation méconnue, comme celle des ouvriers prêtés d’une usine à l’autre. Des non-événements qui traduisent pourtant beaucoup de la valeur et des formes que prennent le travail, mais dont il faut construire l’appétit du public.

Pour cela, le web et sa multiplicité de formats semble idéal. De l’écrit aux vidéos, en passant par les forums (ou « Salon » pour Le Quatre Heures), il faut être inventif. Pour dire la crise d’Aulnay, Francine est passée du blog au documentaire pour conclure finalement par l’édition. A chaque étape un discours différent, mobilisant les ressources de chacune : le « feuilleton du réel », sur un blog alimenté quotidiennement, nourrit un documentaire télévisé à grande audience puis finalement un témoignage écrit, sous la forme d’un livre, pour « s’arrêter et dire les choses ».

Sur Le Quatre Heures, le multimédia est pensé « sans clic », dans un déroulement continu (en Infinite Scroll) où vidéos, textes, sons et images s’enchaînent automatiquement. Cette belle expérience de lecture redonne sa chaleur au média numérique, et cherche à plonger les lecteurs abonnés (pour 1,65€ par mois) en immersion dans le récit. Pour Violette Voldoire, les supports médiatiques utilisés sur Le Quatre Heures doivent être pensés de façon autonome afin de former un tout. « Nous ne sommes pas dans l’illustration, mais dans une réflexion sur ce que chaque média peut apporter à l’ensemble », résume-t-elle.

Raconter la Vie, qui héberge des récits courts en version numérique se donne la possibilité d’étendre les témoignages les plus riches sur une centaine de pages en passant à la version papier. A ce jour, 18 titres ont été publiés au Seuil, pour un coût modique de 5,90 euros.

Finalement, chaque projet présenté lors de cette table-ronde porte en lui une dimension politique forte. Dire le travail nécessite de s’engager, puisque toutes ces initiatives reposent sur le constat d’une absence, d’un désintérêt pour la vie des travailleurs et pour les changements sociétaux complexes qui la constitue.

Découvrez le projet Dire le Travail – le journal sur son site et soutenez l’initiative sur Ulule !

Rencontre IRL : Avant-première du projet Infinite RPG

Samedi 18 avril s’est tenu au Labo de l’édition une rencontre « In Real Life » avec Infinite RPG, un projet de réseau social sur les jeux de rôle écrits ou RPG textuels, pour les amateurs d’écriture collaborative et les rôlistes en ligne. Retrouvez le compte-rendu de la rencontre et les premières images du réseau social et de ses bêta-testeurs ici. En vidéo, découvrez les premières impressions des bêta-testeurs : Et la vidéo de l’événement qui a réunit les rôlistes en IRL 🙂

Crédit Agence Moody Communication
Crédit Agence Moody Communication
Crédit Agence Moody Communication
Crédit Agence Moody Communication

La veille du Labo de l’édition #8 : En Brèves

La veille du Labo de l’édition vous informe des innovations et analyses les plus marquantes dans le secteur de l’édition et des médias grâce à une sélection de contenus (articles et ressources) qui enrichissent votre regard sur les mutations numériques.
Ebook / Accessibilité

Des Ebook pour tous !

OffthepageL’initiative de deux enseignantes néo-zélandaises pour favoriser la lecture et l’accessibilité auprès des personnes en situation de handicap est à saluer. Off the Page est une maison d’édition numérique indépendante spécialisée dans les ouvrages pour les adolescents et adultes ayant des difficultés de lecture, comme les personnes atteintes du syndrome de Down, les autistes ou les dyslexiques. Jugeant les titres disponibles trop enfantins et mal adaptés au public adulte, les deux fondatrices ont œuvré pendant un an et financé elles-mêmes le projet. Rosemary Emery est l’auteur, Anne Russell l’illustratrice et designer. Aujourd’hui, une trentaine de livres sont publiés, et leur qualité est salué par les enseignants spécialisés et les médias, comme Good e-Reader.

Presse

Accord Facebook : le pacte faustien des éditeurs de presse ?

Par Deb Wenof
Crédit: Deb Wenof

Frédéric Filloux livre dans son hebdomadaire Monday Note une longue et pertinente analyse des accords en cours entre Facebook et les éditeurs de presse, pour diffuser leurs contenus directement sur le réseau social, en échange d’un bénéfice sur les revenus publicitaires. L’incroyable omniprésence de Facebook dans les usages des jeunes générations – un public à capter pour des éditeurs comme le New-York Times, Buzzfeed ou encore Le Huffington Post – est un atout majeur pour négocier un accord profitable pour le réseau social, dont les changements d’algorithmes provoquent des séismes et la rétention des données des sueurs froides chez les producteurs de contenus web, explique The Content Strategist.

Startups / Modèles numériques

Du pirate à la startup…

ROOK LABSNominée pour le Prix « Publishing for Digital Minds Innovation » de la London Book Fair, la startup britannique Rook Labs fait parler d’elle avant même son lancement dans les prochains mois. Reposant sur la logique de gratuité de la consommation culturelle, l’application permet aux utilisateurs d’avoir accès gratuitement à des livres numériques selon sa position géographique. Dans des espaces partenaires – cafés, transports, librairies, etc – les contenus des éditeurs sont rendus accessibles et proposés à l’achat dès que le lecteur quitte le lieu. Un modèle vertueux pour son fondateur, Curtis Moran, qui explique avoir eu l’idée en piratant le film 21 Jump Street. Agréablement surpris par ce film qu’il n’aurait jamais payé, il est allé au cinéma voir la suite, le piratage permettant ici la découverte et le désir de consommation. Séduisante pour le public, la démarche de Rook doit encore convaincre les éditeurs, note le Guardian, et dépend beaucoup de la densité du réseau de lieux partenaires.

…des feuilletons au BookClub

The PigeonholeA (re)découvrir, l’un des autres nominés du Digital Minds Award 2015, The Pigeonhole, qui lance sa version 2.0 en avril 2015. L’éditeur propose des titres sérialisés – la première partie, ou « stave » est gratuite, puis les suivantes, publiées chaque semaine, sont vendues à l’unité à prix bas – via une application de lecture convaincante et enrichie : audios, vidéos, liens, fonctionnalités sociales. Chaque temps de publication devient celui d’une rencontre entre l’auteur et les lecteurs qui échangent autour du texte en le commentant. Désormais, la version 2.0 permet aux utilisateurs de choisir avec qui ils souhaitent partager leurs lectures et à quelle fréquence recevoir les épisodes.

La diffusion en série est un modèle récurrent des productions culturelles à l’heure du numérique. Pour galvaniser l’attention du public, rompre avec les campagnes marketing instantanées et vite oubliées, s’adapter aux agendas serrés des consommateurs surchargés d’information ; la télévision et la radio (avec Serial !) ont déjà compris les avantages de la sérialisation. A quand l’édition ? – interroge Hillary Kelly dans le Washington Post. Reprenant le traditionnel modèle qui a fait le succès de Charles Dickens et bien d’autres, la publication en feuilletons permettrait une entraide plus forte entre la presse et de l’édition, tout en s’attaquant au problème de visibilité et de reconnaissance des titres publiés en masse à chaque rentrée.

Expérimentations artistiques, de l’autre côté de la Manche

DigitalR&DFundAlors que le Digital R&D Fund for Arts – l’initiative britannique conjointe de Nesta, Arts Council England et l’AHRC née en 2012 – annonçait en Octobre les derniers projets soutenus par l’enveloppe globale de £7 millions, revenons sur les initiatives d’édition qui en sont nées :

– La compagnie théâtrale Unlimited Theatre et son expérimentation autour de la lecture numérique enrichie de pièces, Uneditions ;

– L’éditeur de récits courts Comma Press, son application de lecture en transport LitNav et son outil d’autopublication MacGuffin (qui sera lancée en juin) ;

Electricomics, un projet de plateforme opensource de création de bande-dessinées numériques enrichies porté par Alan Moore ;

Et bien d’autres innovations pour le théâtre, le musée, la danse, à suivre de près ici !

Web / Littérature

Pourquoi nous devrions continuer à lire, et pourquoi nous en sommes empêchés

Hugh McGuire, fondateur de l’outil d’édition numérique Pressbooks, et de la plus grande librairie d’audiobooks du domaine public, LibriVox.org, dresse le maigre bilan de ses lectures de l’année passée et analyse brillamment notre capacité – réduite par le numérique – de nous plonger dans la lecture de livres à l’heure où les supports mobiles consacrent la distraction et le besoin toujours plus fort d’accéder à l’information. Ce type d’article, qui mêle neurosciences, réflexions sur notre mode de vie et hygiène numérique est fréquent, nous l’évoquions déjà dans la veille #5. Pourtant, la franchise de l’auteur et la qualité de son argumentation en faveur du livre méritent d’être remarquées ; en bonus, il annonce la création d’une newsletter sur l’édition et la technologie, Lexy (ce modèle aussi, a déjà été étudié dans une veille précédente, du côté de la fiction, il y a DailyLit).

Les BookTubes au secours de la littérature ?

booktubeActualitté fait le bilan d’un article de l’AFP, repris par quelques médias, sur la représentation de la lecture à la télévision à travers les émissions littéraires de Michel Field, « Au Field de la Nuit », ou encore « La Grande Librairie » de François Busnel. Si le modèle de l’audience semble contrarier les productions culturelles au profit de celles du divertissement sur le petit écran, ne serait-il pas temps de s’intéresser au rôle du Web dans la diffusion et la promotion de la littérature ? A ce titre, Nicolas Gary met en avant le phénomène des BookTubes, qui a fait l’objet d’une présentation aux Assises du Livre Numérique du SNE en novembre dernier. Encore peu médiatisé en France, celui-ci réunit pourtant une communauté en forte croissante, composée d’adolescents et de jeunes adultes adeptes des réseaux sociaux et plateformes de contenus amateurs.

Si les médias généralistes sont à la traine, les professionnels de l’édition ont bien saisis l’importance du phénomène, à l’image du réseau YouBoox et de Librinova, qui organisait en mars au Salon du Livre une rencontre avec ces jeunes passionnés de littérature et de numérique.

Audiobooks

Les podcasts littéraires du Congrès

Ray BradburyLa Bibliothèque du Congrès entame un long processus de numérisation des quelques 2000 enregistrements, en grande partie archivés sur des bandes magnétiques. Sur son site, elle met à disposition une première collection autour de la poésie et de la littérature, composée d’entretiens avec des auteurs tels que Ray Bradbury, Kurt Vonnegut ou Margaret Atwood. Une magnifique occasion de découvrir le processus d’écriture de chefs d’oeuvre de la littérature, relève le Guardian.

Wattpad se lance dans l’audiolivre avec Soundcloud

blog_sc-1Le récent partenariat entre le réseau social de l’écrit canadien Wattpad – ou le YouTube de l’écriture pour Hubert Guillaud – et la plateforme de distribution audio suédoise SoundCloud permet aux utilisateurs d’enrichir leurs contenus écrits de bandes-son ou de créer des audiolivres, explique Actualitté. Une nouvelle fonctionnalité qui traduit bien l’évolution constante de l’application Wattpad et sa volonté de proposer des expériences de lecture toujours plus attractives à ses 40 millions d’inscrits.

Diversité / Edition

Un an sans auteurs blancs

Par Lauren Castillo
Crédit: Lauren Castillo

Sunili Govinnage, auteur et avocate australienne, s’est lancée le défi de ne lire que des ouvrages d’auteurs issus de minorités pendant un an, prouvant l’écrasante représentation des auteurs blancs  dans le monde du livre de fiction. Dans le Washington Post, elle revient sur son expérience et développe sur les raisons qui expliquent la difficulté pour les auteurs issus de minorités d’accéder à une large diffusion, de trouver un agent, etc. Les chiffres, des prix littéraires à la critique professionnelle en passant par les plateformes de distribution, sont révélateurs. La campagne We Need Diverse Books, lancée l’année dernière, cherche à faire bouger les lignes.


Adeptes du BOOKFIGHTING ? Ne manquez pas la session du 7 mai à 18h au Palais de Tokyo dans le cadre de l’exposition Le Bord des Mondes 😉

Bookfighting par Lucie Cluzan
Bookfighting – crédit : Lucie Cluzan

La Veille du Labo de l’édition #7 : En brèves

La nouvelle formule de veille du Labo de l’édition vous informe des innovations et analyses les plus marquantes dans le secteur de l’édition et des médias grâce à une sélection de contenus (articles et ressources) qui enrichissent votre regard sur les mutations numériques.
Hackathon

Des hackathons pour la diversité sur Wikipédia

Wikimania 2012 à Washington DC - Fabrice Florin pour la Wikimedia Foundation - CC BY-SA 3.0
Wikimania 2012 à Washington DC – Fabrice Florin pour la Wikimedia Foundation – CC BY-SA 3.0

Comme de nombreux projets collaboratifs, l’encyclopédie Wikipédia se heurte à l’absence de diversité au sein de sa communauté de contributeurs, majoritairement composée d’hommes blancs. Celle-ci impacte largement les contenus produits par le site, en favorisant certains au détriment d’autres. La fondation Wikimédia tente de résoudre ce problème en co-organisant des edit-a-thon, évènements ouverts où se réunissent des contributeurs dédiés à favoriser l’implication des femmes et des minorités dans la production de contenus encyclopédiques, explique ainsi Wired. La place des femmes dans l’art, des afro-américains dans les disciplines scientifiques ou encore les figures des mouvements LGBTQ figurent parmi les sujets de ces hackathons internationaux. Une politique ambitieuse et transparence à l’image de l’association, qui explique l’absence de diversité parmi ses membres par l’élitisme historique des instances du savoir et la relative homogénéité du mouvement open source.

Startups / Edition

Book Weather, tempérer la recommandation de livres

Bookweather
Extrait du dossier de presse de Book Weather

Proclamée « 1er guide littéraire communautaire sur mobile », la startup Book Weather s’attaque à l’échec de la longue traîne pour offrir une recommandation sociale et personnalisée de titres, grâce à un outil algorithmique différent des distributeurs numériques. En opposition affichée contre Amazon (le service intègrera prochainement l’outil Amazon Killer), la plate-forme permet aux utilisateurs de consulter les avis et lectures de proches ou d’autres usagers en scannant le code barre d’un livre imprimé ou en recherchant un titre dans la base de données. Les livres sont classés selon leur température (déterminée par le nombre de lectures, de mentions positives et de partages) et rendus visibles sur l’onglet de découverte « Inspiration ». Une application riche et innovante qui attire déjà les acteurs de la chaîne, des éditeurs (comme Hachette) en passant par les libraires et les auteurs indépendants, souligne Actualitté dans un portrait. Fort d’une première version ayant comptabilisé plus de 10 000 téléchargement, la version 2, lancée au Salon du Livre, recueille 26 000 références de titres, et une version 3 multiplateforme est attendue.

Un nouvel équateur numérique

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The United States of Google par Götz Hamann, Heinrich Wefing & Khuê Pham, éditions Premier Parallèle

Premier Parallèle est une jeune maison d’édition bimédia lancée pour le Salon du Livre 2015. Fondée par une éditrice, Amélie Petit, et une journaliste, Sophie Caillat, la maison édite de la nonfiction : des essais, articles de recherche, enquêtes et témoignages dont trois sont déjà publiés. En numérique, ils sont disponibles sur le site (sans DRM et à petits prix), les plateformes de distribution, et en librairie avec les cartes ebooks de e-fractions. En papier, la distribution est assurée avec Lalibrairie.com. Une initiative réussie et saluée par la presse spécialisée, à approfondir sur ePagine et Aldus.

Des plateformes innovantes dédiées aux professionnels du livre

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Extrait du site whitefox.com

Le site belge Lettres Numériques dresse le portrait de la startup londonienne Whitefox, fondée par deux anciens employés de Harper Collins. A l’instar de l’outil DreamTeam de Blurd détaillé dans la veille #5, Whitefox est un service de mise en relation entre auteurs, éditeurs et 1300 professionnels indépendants de l’édition. Différents services tel que la relecture et correction, le graphisme et le marketing sont proposés pour l’édition de livres imprimés et numériques. C’est sur le constat d’un recours fréquent aux freelances par les maisons d’édition que John Bond a lancé en 2012 sa startup. Il collabore aujourd’hui avec de nombreux acteurs anglosaxons, tel que le prestigieux British Museum pour sa collection de livres numériques. Une offre de services en vogue, qui ne cesse de se développer à l’étranger, mais aussi en France avec le lancement par Storylab au Salon du Livre 2015 de Iggybook, un outil de promotion et diffusion pour auteurs et éditeurs indépendants.

Focus

Amazon France, maintenant éditeur ?

La semaine dernière, Actualitté annonçait le recrutement en interne d’un éditeur senior responsable des manuscrits originaux chez Amazon France, Clément Monjou. Deux titres, traduits de l’anglais, ont été publiés courant mars, tandis que trois autres suivront à la fin du mois. A suivre.

Fin février, le programme de crowdfunding Kindle Scout aboutissait à une première série de publications, disponibles en pré-commande : 21 titres sélectionnés par 29 000 lecteurs dits « Scouts » dont les auteurs bénéficient d’avantages financiers et contractuels, en plus d’un public déjà formé par le service, révèle IDBOOX.

Design

Un stylo qui bouleverse l’expérience muséale

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Extrait du site du musée du design Smithsonian Cooper Hewitt

Le musée du design new-yorkais Cooper Hewitt de la Smithsonian Institution est à l’initiative d’une récente expérimentation nommée « The Pen » : un stylo remis à l’entrée qui se connecte aux étiquettes du musée puis aux tables graphiques mises à disposition pour permettre aux visiteurs d’interagir avec les œuvres. Dans la « salle d’immersion », les usagers peuvent ainsi dessiner, personnaliser et inventer de nouveaux objets en relation avec les œuvres de design conservées au musée. De même, il est possible pour chaque visiteur de constituer sa bibliothèque numérique, accessible partout et tout le temps grâce à l’URL indiquée sur le billet d’entrée. Le détail du projet et de sa mise en place par Cooper Hewitt Labs est à lire sur The Atlantic.

Le design thinking appliqué aux bibliothèques

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Extrait du site designthinkingforlibraries.com

En début d’année, l’entreprise de design californienne IDEO a dévoilé une « boite à outils » à destination des bibliothèques, afin qu’elles puissent intégrer l’approche de management de l’innovation tant discutée, le design thinking. Le kit est composé d’un guide d’apprentissage de la méthode à partir d’exemples concrets et d’un manuel de fiches d’application. Cette publication soutenue par la fondation de Bill Gates est le fruit de plusieurs mois de travail avec des bibliothèques américaines pour cerner leurs problématiques et contribuer à y répondre d’une nouvelle manière. La Chicago Public Library et Aarhus Public Library au Danemark figurent parmi les premiers partenaires du projet, dont les objectifs s’attachent notamment à l’éducation des jeunes publics, à la relation entre jeunes et bibliothécaires et à l’apprentissage mutuel. Une initiative qui témoigne d’une tendance affirmée selon Steven Bell pour renouveler l’expérience de l’utilisateur en bibliothèque.

FingerReader : prototyper l’accessibilité à la lecture

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Extrait du site fluid.media.mit.edu

Le blog Brave New World s’intéresse à l’un des projets d’objet connecté du MIT, le FingerReader. Dans une courte vidéo, on découvre une bague connectée qui détecte le texte sur un livre imprimé ou une liseuse et le retranscrit à l’oral pour son porteur mal-voyant. Bien qu’encore en développement, l’objet demeure intéressant dans la mesure où il offre de nouvelles possibilités pour les personnes en situation de handicap d’avoir accès des contenus textuels de toutes sortes. La caméra et l’algorithme qui la pilote repèrent ainsi l’espace qui détermine le saut d’une ligne, et s’adaptent au tracé du doigt qui survole les lignes de texte. Pour Martyn Daniels, auteur de l’article, cette invention pourrait se développer vers d’autres usages, et ainsi intensifier l’expérience de lecture pour tous en mêlant livre imprimé, numérique et audio.

Data

Les six intrigues de la fiction

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A Man Without A Country par Kurt Vonnegut, Random House, 2007.

D’après Matthew Jockers, chercheur en digital humanities à l’université du Nebraska, il n’existerait, dans les romans, que six types d’intrigues différentes. S’inspirant des travaux de Kurt Vonnegut sur « la forme des histoires », le professeur a conduit une enquête sur les variables narratives d’œuvres de fiction en analysant leurs données sémantiques par ordinateur. Il s’intéresse au déroulement des récits, non pas dans leur ordre chronologique, mais selon le degré d’information dévoilé par l’auteur au fil du texte et ses résultats l’amènent à conclure qu’à peine six (ou sept dans certains cas) modèles d’intrigues composent 90% des oeuvres littéraires. Une étude qui interroge Dan Piepenbring sur la notion même d’intrigue, dont la surprenante régularité n’affaiblit pourtant pas la richesse des œuvres.  

Quelques chiffres sur le secteur du livre numérique…

Selon le bilan annuel de GfK, les ventes d’ebooks ont progressé de 45% en 2014, soit 63,8 M€ (ID BOOX).

En Espagne, 23% des livres publiés sont des ebooks, une progression de 8% par rapport à l’année précédente (Actualitté).

En 2017, le cabinet Xerfi prévoit (dans la fourchette la plus basse) que la part du numérique sur le marché du livre s’élèvera à hauteur de 6,5%, soit 269 M d’euros (Actualitté).

Et en bonus, une belle infographie des genres de fictions réalisée par Pop Chart Lab !

Retours d’expérience sur le hackathon Usages du Livre

hackathonLe 12, 13 et 14 décembre dernier s’est tenu au Labo de l’édition un hackathon autour des innovations du livre numérique, en partenariat avec Paris&Co, Digital Publishing Institute, Cap Digital, MO3T et Idefi CreaTIC. Une trentaine de participants se sont réunis en équipes pour concevoir de nouvelles solutions numériques à partir d’ouvrages mis à disposition par les éditeurs partenaires de l’évènement. Graphistes, développeurs, auteurs-concepteurs et éditeurs ont ainsi appris à collaborer pendant 48h d’expérimentations techniques, éditoriales et créatives. Pour mieux cerner la pertinence de ce type d’évènement où des professionnels passionnés découvrent et confrontent leurs expertises multiples sur le terrain de l’innovation, nous vous proposons ici une synthèse de leurs témoignages. Ces retours d’expériences donnent à voir les enjeux et défis de l’émergence du secteur de l’édition numérique, en France comme ailleurs. L’occasion aussi de se replonger dans l’atmosphère du hackathon avant sa restitution officielle au Salon du Livre du 20 au 23 mars 2015 !

Dès le vendredi soir, les participants se sont constitués en équipes autour des contenus proposés par les éditeurs Bayard (J’aime Lire), Albin Michel, Éditions Autrement, Le Robert et La Martinière. Les groupes s’appuient sur les outils technologiques fournis par PandaSuite, Aquafadas, Flamefy, Immanens et Racont’r.

Ainsi sont nés cinq projets :

  • Panda Machin, un projet d’enrichissement cartographique tiré de L’Atlas de Rome des éditions Autrement :
  • Les Cantiniers, bande-dessinée interactive adaptée d’un titre J’aime Lire pour les 6-10 ans :
  • Les Fougères, adaptation narrative et ludo-éducative du livre Expédition au pays des dinosaures publié chez La Martinière Jeunesse :Screen Shot 2015-03-01 at 18.26.34
  • Les Clémentines sont bonnes, projet de storytelling contextualisé autour de la collection jeunesse Les Petits Débrouillards chez Albin Michel.Screen Shot 2015-03-01 at 18.27.17
  • Le Royaume, adaptation numérique enrichie d’un roman pour les 7 à 10 ans de la collection J’aime Lire.Screen Shot 2015-03-01 at 18.21.45

Nous avons demandé aux participants de répondre à quatre questions afin de comprendre leurs impressions sur ce hackathon :

  1. Pouvez-vous résumer en une phrase le projet sur lequel vous avez travaillé lors du hackathon ?

Pour Christina Lumineau, du projet Les Fougères, il s’agit « d’adapter un livre papier à un format numérique interactif et ludique et d’y intégrer des contenus additionnels de la manière la plus intuitive possible ». Ce travail d’adaptation réside dans l’importance de « repenser les codes du livre avec le passage papier-tablette » explique Clara Chiquello, du projet Le Royaume. En effet, partir d’une base existante de contenus permet d’avancer plus vite et d’obtenir, dans le temps imparti du hackathon, des résultats concrets, nous explique Nicolas Rodelet. Cela profite aussi aux éditeurs, qui se sont impliqués dans le projet et ainsi, ont pu s’enrichir d’une meilleure connaissance des possibilités offertes par les solutions innovantes du numérique. Cependant, l’adaptation de contenus éditoriaux pensés pour le papier vers le numérique n’est pas une tâche facile, et elle pose un véritable défi technique pour les développeurs, comme le relève Christina Lumineau. Le mot-clé de cette adaptation est l’intuitivité, garantie par la pertinence des enrichissements mais aussi par le renforcement des logiques ludiques au sein des livres numériques jeunesse. Pour Béatrice Pinel, en charge de la partie « jeu » du projet Les Fougères, cet aspect est nécessaire pour retenir les données encyclopédiques incorporées au livre numérique. L’enrichissement par des contenus additionnels s’accompagne ainsi d’une dynamique de gamification, permettant « la consolidation de la communauté des petits débrouillards » pour Gabriel Riboulet de l’équipe Les Clémentines sont bonnes. En dehors des contenus jeunesse où la dimension ludique répond parfaitement aux besoins des jeunes lecteurs, l’accent mis sur l’expérience de lecture reste évidemment pertinent. Ainsi, Aude Pilleron du projet Panda Machin nous explique que l’enjeu principal était de « réfléchir à la meilleure expérience à procurer et la technologie adaptée pour y répondre ». Et pour cela, la diversité des compétences au sein des groupes est nécessaire.

  1. Quel a été votre rôle au sein du projet ?

L’équipe Panda Machin était composée d’un éditeur, d’une cartographe, d’une experte en transmedia et de membres de l’équipe PandaSuite, « une solution de création digitale qui permet de créer des projets multimédia interactifs sur tablette sous la forme d’applications natives ou de sortie HTML5 » explique Aude Pilleron. L’enjeu est alors d’utiliser des modules de création adaptés à la structure éditoriale existante. La nature des cartes de l’atlas (historique, localisation ou narrative) doit être prise en compte pour garantir un enrichissement pertinent du contenu. Tigran Ghaplanyan et Clara Chiquello, graphiste et UX designer du projet Le Royaume, notent l’importance d’un développeur pour parvenir à intégrer le travail de conceptualisation mis en oeuvre dans la première phase du hackathon. Les outils mis à disposition des équipes facilitent l’intégration technique des enrichissements, mais le rôle du développeur est crucial pour déterminer en amont de l’exécution logicielle leur pertinence par rapport au contenu. Ainsi, les membres du groupe Les Fougères, qui ont travaillé sur le logiciel Racont’r (en version bêta) notent tous la difficulté de confronter leurs idées à la réalité technique de l’outil, dont certaines fonctionnalités étaient encore fragiles. Pour Les Clémentines sont bonnes, la solution adoptée a orienté les choix de l’équipe, en proposant une nouvelle forme de storytelling appuyée sur l’analyse de données. Gabriel Riboulet, architecte transmedia chez FlameFy nous explique son rôle : « J’ai accompagné Florence Dellaiera  adjointe au directeur du développement numérique d’Albin Michel, afin de définir ses objectifs et intentions suivant son périmètre d’action. Puis nous avons appliqué sa stratégie à nos outils d’automatisation, de personnalisation et de quantification. Enfin nous avons ouvert un compte sur la plateforme et incrémenté les éléments et les conditions d’utilisation. » Ainsi, l’idée était de contextualiser les contenus en fonction de la localisation et du profil du lecteur. L’utilisation de la smart-data permet de nombreuses innovations dans l’édition, tel que le développement d’un bot twitter autour du livre de Bernard Werber pour générer des réponses personnalisées. Des idées originales, dont les éditeurs peuvent s’inspirer pour innover dans la conception de contenus éditoriaux.

  1. Quelles ont été les difficultés et enjeux du développement de votre projet ?

Déjà évoquée, l’adaptation (technique, éditorial, graphique) d’un livre papier vers le numérique a été le principal défi des participants. Christina Lumineau évoque ainsi le travail de découpage et d’animation des illustrations statiques, qui implique pour Manon Boschard de ne pas dénaturer le dessin tout en rendant l’expérience graphique intéressante. En 48h, l’essentiel est de « fabriquer une maquette avec les premiers écrans pour donner à voir les possibles intérêts d’une transformation d’un livre papier en application », explique Aurore Soares du projet Les Fougères. Les prototypes ont été présentés le dimanche soir lors de la restitution, il était donc nécessaire d’obtenir un résultat satisfaisant sur les premières pages du texte, en laissant présager de ce que donnerait un travail de long-terme sur les titres.

  1. Quels enseignements tirez-vous de cette expérience sur le plan personnel et professionnel ?

Dans l’urgence du hackathon, la complémentarité est essentielle. La collaboration d’acteurs ayant travaillé sur le contenu original est un atout, puisqu’elle permet « d’extraire l’essence même de l’histoire », résume Aude Pilleron. Pour Christina Lumineau, « le travail en groupe et sur une courte durée permet de faire émerger des idées nouvelles et d’avancer très rapidement ». Un constat que partage Béatrice Pinel, pour qui les enseignements du hackathon se rapporte à « savoir travailler rapidement avec des inconnus et pouvoir garder un rythme soutenu ». Pour Yohann Reversat, le hackathon peut aussi être l’occasion de réaffirmer sa volonté entrepreneuriale, en prenant la mesure des innovations actuelles et de leurs limitations. Il est donc un format privilégié pour de nombreux secteurs en pleine transformation numérique. Donner à voir l’innovation et son potentiel, c’est aussi provoquer l’inspiration et le changement pour les acteurs traditionnels. Ainsi, Gabriel Riboulet note l’importance de « ces temps de réflexions et d’échange entre start-ups et industries » pour que les éditeurs prennent le virage de l’analyse de la donnée et réalisent sa valeur économique dans l’écosystème de la consommation des biens culturels.

Merci à tous les participants et aux répondants de ce questionnaire ! Véritable catalyseur d’innovation et d’échanges, le hackathon est un format privilégié pour le Labo de l’édition, dont l’objectif est de soutenir et d’accompagner les mutations du secteur de l’édition.

Et pour un retour d’expérience des organisateurs du hackathon, consultez la vidéo de Nicolas Rodelet, responsable du Labo de l’édition et Antoine Garnier, business developer à l’Institut Mines-Télécom sur Electric News.

Ne manquez pas la restitution du hackathon au Salon du Livre du 20 au 23 mars 2015 !

D’autres articles sur le hackathon Usages du Livre, par Makery et sur le blog de l’Institut Mines-Télécom.

[VIDEO] Le Hackathon #Usages du Livre !

Revivez le hackathon #Usages du Livre qui s’est déroulé au Labo de l’édition du 12 au 14 décembre 2014.

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Développeurs, auteurs et concepteurs, graphistes et créatifs ont collaboré pendant tout un week-end avec les éditeurs et partenaires de l’évènement pour repenser les usages du livre numérique.

Plusieurs retours sur ce hackathon auront lieu dans le cadre d’événements en 2015 : au Salon Demain Le Livre en février 2015 et au Salon du Livre de Paris en mars 2015.

Plus d’informations sur l’évènement sur le site du Labo de l’édition.

HACKATHON from sylvain CHAUX on Vimeo.

La Veille du Labo de l’édition #6 : En brèves

La nouvelle formule de veille du Labo de l’édition vous informe des innovations et analyses les plus marquantes dans le secteur de l’édition et des médias grâce à une sélection de contenus (articles et ressources) qui enrichissent votre regard sur les mutations numériques.
Edition

La maison d’édition numérique française Walrus expérimente avec le format du livre-web

bando-facebook-851x260Début décembre, les éditions Walrus ont publié sur leur site un titre de science-fiction au format singulier : Radius, un book-in-browser (ou livre-web pour Julien Simon, co-fondateur de la maison). Ce projet original l’est tout autant par son économie (une version gratuite donne accès à une petite partie de l’œuvre, disponible dans son intégralité pour 15€ – jusqu’au 30 janvier – puis 25€) ; son élaboration (sur le modèle du jeu de rôle, six auteurs collaborent avec un scénariste-maître du jeu pour produire « une narration en temps réel ») ; que bien sûr son format, intégré à un navigateur Internet, qui permet au livre de s’affranchir des contraintes du format ePub, mais aussi de court-circuiter les plateformes de distribution. Une expérience éditoriale inédite qui synthétise la pensée de la maison Walrus, exprimée dans une tribune sur Medium le 9 décembre dernier, et consacrant la mort du format ePub.

Plus de détails sur le projet dans l’article d’Actualitté.

Amazon sans limites ?

De nombreux articles et réactions, en France et à l’étranger, sur le lancement de l’offre en streaming par abonnement d’Amazon, Kindle Unlimited. Tandis que Fleur Pellerin questionne la légalité du service en France, le New-York Times se fait l’écho des revendications des auteurs indépendants. Plus notable, Nate Hoffelder, dans un article du Digital Reader, s’interroge quant à lui sur l’impact négatif que l’offre peut avoir sur les ventes globales de livres numériques. Enfin, un suivi du dossier par IDBOOX, pour les retardataires.

Journalisme

La renaissance de la newsletter ?

skimmDans un article publié sur Gigaom le 17 décembre 2014, Mathew Ingram analyse, depuis l’exemple de The Skimm, qui vient de lever 6,5 millions de dollars, le nouvel essor des newsletters d’information. L’intérêt des internautes pour ce format « slow-tech » provient justement de l’éditorialisation et du travail de synthèse qu’il exige. A l’inverse des formats longs, qui incarnent pour de nombreux professionnels tels que Jill Abramson l’avenir du journalisme, la newsletter s’inscrit pour autant dans la liste des prédictions journalistiques attendues en 2015, selon Nieman Lab et la journaliste Millie Tran. Un retour à la simplicité, à la clarté et à la proximité, puisque la newsletter intervient par l’adresse directe au lecteur, et se consulte en mobilité. En France, l’un des fondateurs de Rue89, Laurent Mauriac, est à l’origine du média Brief.me, une newsletter d’actualité qui se lancera début janvier.

Le crowdsourcing au service de la presse

Toujours sur Gigaom, Mathew Ingram détaille le 9 décembre 2014 la publication par le New-York Times du code source de sa plateforme Hive sur GitHub (le site d’hébergement de logiciels permettant la collaboration entre développeurs). Cet outil a été mis en place par le département R&D du New York Times dans le but de réaliser le projet de crowdsourcing Madison, lancé en octobre 2014. Pour permettre au journal d’enrichir les métadonnées de ses archives numérisées, le journal invite les internautes à authentifier les publicités présentes dans les anciens numéros du quotidien, depuis les années 60. Un travail fastidieux pour les 14 000 internautes qui se sont volontairement attelé à la tâche. Une application possible du logiciel Hive au succès encourageant pour tous les éditeurs souhaitant faire appel au crowdsourcing, à l’instar du New-York Times, du Guardian ou encore de ProPublica.

Technologies

Fred Turner, essayiste et professeur à Stanford, en visite à l’EHESS

source-utopieA Paris pour donner deux conférences, le chercheur en science de la communication et de l’information à l’Université de Stanford en Californie, revient sur la thèse de son dernier ouvrage, paru en 2012 en France chez C&F éditions, Aux sources de l’utopie numérique : De la contre-culture à la cyberculture. Pour Fred Turner, la pensée actuellement prédominante de la Silicon Valley doit se comprendre en référence à son origine dans le mouvement hippie californien, recherchant une nouvelle voie d’avenir après l’échec des communautés utopistes. A travers la biographie de Steward Brand, à l’origine du Whole Earth Catalog (auquel la couverture de l’ouvrage rend hommage), Fred Turner passe en revue l’histoire d’Internet, permettant une analyse originale et juste des nouveaux modèles de l’économie du partage. A écouter, l’émission La Suite dans les idées du 27 décembre 2014 sur France Culture revient sur cette utopie numérique avec « Du Bahaus à la Silicon Valley : une archéologie des médias ». A lire, Jean-Laurent Cassely s’interroge sur « Comment la gauche et la contre-culture sont tombées dans le piège de l’utopie numérique », article publié sur Slate le 18 décembre 2014 ; tandis que sur Rue89, Xavier de La Porte questionne Fred Turner à partir de treize mots, de « Google » à « Dieu » en passant par « Livres ».

Bibliothèque

#Letmelibrairianthatforyou

Screen Shot 2014-12-30 at 23.36.22Le 22 décembre 2014, la New York Public Library dévoilait, sur son compte Instagram, une série d’archives surprenantes (publiées chaque lundi). Des questions posées par tout un chacun, au comptoir ou par téléphone, allant de la recette de cuisine aux interrogations métaphysiques. Avant que Google n’existe, les bibliothécaires jouaient ainsi les moteurs de recherche. Des extraits dans l’article de Constance Bloch.

Ressources

Le numérique, une chance pour la culture

book-222A l’occasion du Forum de Tokyo qui s’est tenu à Paris le 2 décembre 2014, l’Association Française des Éditeurs de Logiciels et Solutions Internet (AFDEL) et le think-tank Renaissance Numérique ont publié sur la plate-forme Librinova leur Livre blanc, « qui analyse l’explosion des usages et leur impacts sur les marchés du livre, de la musique et de l’audiovisuel. »  Un bon état de l’art des transformations numériques au sein des industries culturelles, accompagné d’un bilan des modèles et acteurs qui les gouvernent, puis d’une ouverture vers les possibilités qu’offre ce nouveau paradigme en terme de démocratisation et de diversité culturelles.

Retour sur le Café des Possibles avec la Fing et OuiShare

caf-des-possibles-au-labo-de-ldition-1-638Le Café des Possibles a le soutien de la Région Ile de France. Il est organisé en partenariat avec le département de Seine-Saint­-Denis. Cette édition spéciale est proposée dans la cadre de l’expédition ShaREvolution, co pilotée par la Fing et OuiShare.

Le Café des Possibles ShaREvolution au Labo de l’édition à eu lieu le 9 décembre dernier de 18h à 20h.

Retrouvez les 11 usages innovants présentés :


Ne gachez plus votre créativité par manque de soutien ou de ressources, en mettant vos idées et vos projets au sein de La Cuisine, vous y trouverez une communauté avec qui les co-construire. La Cuisine.co, c’est une communauté qui co-construit du projet en CrowdConsulting. On a tous et toutes des idées, plus ou moins réalisables. On peut même avoir des projets plus ou moins aboutis mais, les réaliser, c’est difficile et long, l’énergie peut s’épuiser et la motivation aussi. Souvent, on se dira…tiens, je l’avais eu cette idée ! Pour ceux et celles qui ont des idées, des projets et qui veulent les challenger, en évaluer la faisabilité et trouver les équipes, les moyens financiers, les méthodes, les outils, La Cusine.co propose sa tambouille. Rencontrer, partager et trouver sa place sera facile et ce qui en sortira sera ce que nous en aurons fait, projet par projet.

Une communauté de reporters amateurs pour inspirer la jeunesse. New CITYzens anime une communauté de reporters amateurs qui partent dans le monde entier, à la rencontre des citoyens inspirants qui changent le visage de leur ville grâce à des projets d’innovation sociale. De retour en France, ces reporters partagent leurs découvertes avec les jeunes (15-25 ans) pour favoriser le déclic citoyen et l’esprit d’entreprendre au niveau local, en prenant la ville comme « terrain de jeu ». Ces interventions se font auprès des collèges, lycées, établissements supérieurs ou encore structures « jeunesse » des villes.

Commandez des produits à l’étranger, un voyageur vous les rapporte. Globshop.com est une plateforme web qui met en relation des personnes souhaitant acheter des produits étrangers et des voyageurs qui acceptent d’acheter les produits et de les rapporter en échange d’une récompense financière.

Proposer à des auteurs en devenir des services leur permettant de s’améliorer (atelier de lecture, d’écriture) et de mieux comprendre les enjeux de l’édition. Grâce à la Plume en Question, les auteurs bénéficient de retours objectifs sur leurs écrits, des moyens de travailler leurs plumes, des trucs et astuces pour envoyer leurs manuscrits et d’une meilleure appréhension du monde du livre.

L’Échappée Volée est l’accélérateur de projets de la communauté TEDxParis. Le but de l’Échappée est d’aider des projets positifs et innovants. Cela suppose donc de les trouver ! Nous cherchons donc à relayer et diffuser notre appel à projets. Nous cherchons à identifier ces projets utiles et engagés. Nous cherchons également des partenaires ou des participants souhaitant partager leurs compétences ou donner de leur temps pour permettre à ces initiatives nécessaires de passer un cap.

Braineet propose à tous les internautes de partager leurs idées d’amélioration avec toutes leurs marques préférées. Véritable tribune de partage pour le consommateur, la plate-forme Braineet collabore déjà avec les marques L’Oréal, Air France, Nike, Google, Orange, SNCF, etc. Chaque message posté sur la plate-forme Braineet débute par « Et si… » et permet aux usagers de faire part aux marques de leurs bonnes idées pour améliorer la consommation quotidienne.

Créer un immense dressing collaboratif en ligne ! Grâce à une marketplace pour la location de vêtements & d’accessoires de mode entre particuliers ou jeunes créateurs, on pourra enfin s’habiller comme on le souhaite et se changer aussi souvent qu’on le souhaite sans culpabilité et sans frustration !

Mettre en place le Design Lab au sein de la Ressourcerie (créer un atelier type Fab Lab, réaliser des workshops thématiques autour du recyclage, organiser un Design Think Tank afin de privilégier l’échange sur la recherche méthodologique en création et design produit relevant de procédés de recyclage). Il s’agit de mettre en place un laboratoire de recherche en ’Design, Technologie et Matériau’ au cœur de la Ressourcerie de sorte à créer des procédés de recyclage prospectifs capables de prendre comme point de départ les déchets/ressources sur place, développer de nouveaux outils de transformation et générer de nouvelles formes. Ce laboratoire est un espace de création, d’innovation technologique et technique, de recherches expérimentales (scientifiques et artistiques), un lieu de rencontre et de débat autour de problématiques de design, d’ingénierie et de recyclage, conçu comme un ’design think tank’ axé sur la gestion de déchets.

TravelerCar permet aux voyageurs partant en déplacement aux aéroports de louer leur voiture à d’autres voyageurs en échange d’un parking gratuit. TravelerCar propose une alternative aux systèmes actuellement en place au niveau des aéroports pour les voyageurs : le parking où on laisse sa voiture d’une part et qui est inutilisée pendant la durée du voyage, et la voiture qu’on loue directement à l’aéroport d’autre part. Il ne s’agit pas de concurrencer les acteurs traditionnels mais d’indiquer que d’autres solutions existent : plus économiques, plus collaboratives et plus solidaires. Nous voulons avant tout montrer aux voyageurs qu’ils peuvent accéder à un service de qualité qui rend service à d’autres voyageurs et où les deux parties sont gagnantes.

Partager sa place de parking avec un autre usager. Le partage de parking, c’est sous-louer sa place de parking lorsqu’on ne l’occupe pas. Simple, pratique et économique, le partage de parking permet de rentabiliser sa place de parking ou au contraire trouver un stationnement à coût moindre.

Plateforme de partage d’expériences positives ou négatives, dédiée aux personnes handicapées. Chacun d’entre nous peut, un jour, être concerné par le handicap, directement ou indirectement via un proche. De façon temporaire ou définitive. En plus de facultés et libertés réduites, le rapport à soi, aux autres et à l’environnement extérieur est également altéré. I Wheel Share propose des solutions simples, concrètes et accessibles à tous pour répondre à cet état de fait et bâtir une société plus inclusive, équitable et durable.


Cet article a été publié sur le site de la Fing. Découvrez les présentations et contacts des intervenants sur le SlideShare de la Fing :