Archives pour la catégorie Conférences / Tables rondes

Le blog du Labo déménage sur www.labodeledition.com

Labo de l’éditon sur
www.labodeledition.com

 

Depuis le mois de décembre 2015, le Labo de l’édition dispose d’un nouveau site web où sont regroupés les news de l’incubateur, l’agenda des évènements ainsi que les contenus du blog !

A partir de maintenant, pour lire nos articles sur l’édition numérique, les médias, le transmédia, l’éducation, la librairie et bien d’autres sujets, rendez-vous sur www.labodeledition.com !

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Compte-rendu de la table ronde : la relation auteurs lecteurs à l’heure du numérique

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Modérée par Elizabeth Sutton, fondatrice d’IDBOOX et conseillère en édition numérique, la table ronde qui s’est tenue au Labo de l’édition le 24 novembre a réuni professionnels du secteur et nouveaux acteurs de l’édition numérique autour de la question des relations auteurs-lecteurs. Quatre intervenants ont pris la parole :

Florence Dell’Aiera, adjointe au directeur du développement numérique du Groupe Albin Michel

Nawal Stouli, booktubeuse fondatrice de Miss Book

Charlotte Allibert, co-fondatrice de Librinova, plateforme d’aide à l’autoédition

François Rochet, fondateur de Book Weather, guide communautaire de lecteurs sur mobile

La discussion s’ouvre sur une introduction d’Elizabeth Sutton qui retrace l’histoire de la recommandation, classiquement assurée par le bouche à oreille auquel s’ajoute à l’ère du numérique une myriade de fonctionnalités…

Algorithmes, réseaux sociaux, guides communautaires, plateformes d’écriture… De l’édition traditionnelle à la sphère des auteurs indépendants, ces nouveaux outils ont irradié le rapport au public. Bousculant profondément la chaîne du livre, ils ont instauré une proximité inédite entre auteurs et lecteurs, une nouvelle relation que l’on qualifie souvent de « privilégiée ». En effet, les auteurs fédèrent aujourd’hui des communautés de lecteurs on line, favorisant l’interaction directe et le sentiment d’intimité. Mais dans quelles mesures ces nouvelles possibilités facilitent-elles  la relation auteurs lecteurs ?

Charlotte Alibert note un enrichissement considérable des auteurs indépendants au contact des réseaux sociaux et autres plateformes communautaires : autrefois seuls face à leurs textes, les écrivains bénéficient aujourd’hui de « beta-lecteurs », leur travail est sujet à la critique constructive de leur groupe virtuel qui constitue lui-même un moyen de diffusion et l’accès à un lectorat potentiel.
Nawal Stouli corrobore ce discours en soulignant l’accessibilité permanente des auteurs qui serait d’après elle le meilleur moyen de fidéliser les lecteurs.

A titre d’exemple, Elizabeth Sutton évoque l’georgeécrivain belge George Simenon décédé en 1989 qui bénéficie d’une page Facebook gérée par son fils, anecdote illustrant la volonté de créer ou de recréer une proximité avec des lecteurs, et son efficacité : la vente des célèbres romans policiers a augmenté depuis cette inscription sur les réseaux sociaux.

Accorder du crédit aux lecteurs semble être le mot d’ordre partagé par tous les intervenants, y compris par Florence Dell’Aiera qui révèle la propension des maisons d’édition traditionnelles à rester cantonnées aux relations presse.

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Emblématiques d’un nouveau droit à la parole, les booktubeurs ont envahi le web. La vocation originelle de Miss Book était de redonner goût à la lecture aux jeunes en s’appropriant les codes de youtube pour une critique littéraire vivante et scénarisée. Avec plus de 3000 followers sur leur chaîne, Nawal Stouli est ses collaboratrices sont devenues de véritables relais d’opinion. Il leur a fallu prendre conscience de leur responsabilité en termes de recommandation, souligne sa fondatrice.

Du lecteur au média, la frontière s’étiole alors sensiblement… Au risque de voir les bloggeurs littéraires et booktubeurs achetés par les maisons d’édition, à l’instar de leurs homologues dans la mode et les cosmétiques. Ces nouvelles dispositions posent naturellement des questions d’authenticité. Peut-on rester totalement indépendant lorsque l’on devient un relai promotionnel en puissance ? Méfiance, c’est la ligne de conduite que s’est fixée Miss Book après une expérience douteuse avec un éditeur.

Auteur ou community manager ?

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Authenticité et sincérité sont des questions qui reviennent également au sujet de l’auteur. Si les nouveaux lecteurs apprécient l’accessibilité et la familiarité permises par la présence web, que penser lorsque celle-ci est prise en charge par un community manager ? La relation auteur-lecteur n’est-elle pas finalement biaisée ?

A un certain degré de notoriété, un auteur finit presque par devenir une marque, note François Rochet. Aussi juste soit cette intervention, ce rapprochement est-il légitime ? Là est toute la question. A l’heure des réseaux sociaux, l’auteur doit-il être une figure ou une personne ? Le point fait débat…

Florence Dell’Aiera souligne finalement une différence générationnelle : si les auteurs et les lecteurs issus de la chaîne du livre traditionnelle ressentent peu le besoin d’interaction directe, les nouveaux acteurs comme les booktubeurs l’ont intégré à leur mode de fonctionnement. Ainsi, Charlotte Alibert préconise l’implication personnelle avant tout. S’inscrire sur les réseaux sociaux, c’est d’abord avoir l’envie de communiquer avec sa communauté. Il faut ensuite ménager un bon ratio entre flux d’informations et familiarité.

Je te like, moi non plus

L’action sur les réseaux sociaux nécessite également un savoir-faire et l’appropriation de certains codes, rappelle François Rochet. Vient alors la question fatidique du bashing : le web facilite la relation auteurs lecteurs, mais il est parfois véhicule d’interactions néfastes. Si la communication devient une affaire personnelle, comment faire face aux commentaires négatifs ?

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Les plateformes d’aide à l’autoédition comme Librinova existent pour pallier au déficit de gestion de ces retours négatifs. Charlotte Alibert souligne le caractère constructif de la critique, il faut savoir en tirer les enseignements nécessaires et s’en détacher. Pour Nawal Stouli, la peur de la mauvaise critique ne doit pas constituer un frein pour la présence web : la communauté online se pose justement comme soutien face à l’adversité. Une mauvaise critique mobilisera les fans, engagera la communauté et intéressera par conséquent de nouveaux lecteurs.

Le lecteur, un ambassadeur ?

Dompter cette relation inédite, c’est en somme prendre conscience du nouveau pouvoir du lecteur. Selon François Rochet, plus de la moitié des achats de livres sont effectués grâce à la recommandation sociale.

L’information n’échappe pas à Florence Dell’Aiera qui souligne son intérêt pour les éditeurs. Le web a repris les codes des cercles de lectures pour mettre en relation des lecteurs aux quatre coins du monde, note le fondateur de Book Weather.

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Nawal Stouli ajoute que cette nouvelle intimité horizontale replace la critique littéraire sous le signe de la démocratie.
On note par exemple des auteurs comme Marc Lévy qui à chaque sortie de livre organisent un petit déjeuner bloggeuses durant lequel ils semblent prendre du plaisir à s’impliquer dans leur communauté.

Enfin, Elizabeth Sutton conclut en s’arrêtant sur cette notion d’ambassadeur. Ce titre a un sens profond au cœur du nouvel écosystème de l’édition et parle à tous les intervenants : il semble en effey que le lecteur intègre la chaîne du livre, à la fois en tant que guide, critique, protecteur et représentant de l’auteur.

 

 

Compte rendu de la table ronde « Les nouveaux modes d’écriture à l’heure du numérique »

Mardi 22 septembre 2015, le Labo de l’édition a réuni les créateurs de Draftquest, d’Infinite RPG et de Textaz autour d’une table ronde, interrogeant les nouveaux modes d’écriture qui émergent à l’heure du numérique. Si la prolifération des autoédités sur le web révèle un terreau fertile pour les auteurs en herbe, il semble aujourd’hui d’autant plus difficile de s’y retrouver lorsqu’on souhaite se lancer dans l’écriture de ses premiers textes. Par où commencer ? Quels outils numériques pour guider les écrivains amateurs ? A l’heure des médias sociaux, l’acte d’écrire au sens large tend de plus en plus à l’interactivité. L’acte créateur devrait-il alors rester solitaire ? Faut-il écrire seul ou à plusieurs ?

La table ronde s’est ouverte sur une introduction aux nouveaux modes d’écritures, parcourant un florilège non exhaustif d’outils et de plateformes destinés à différents types d’écrivains amateurs. Pour les plus solitaires, des espaces de travail tels que We Love Words mettent en avant la crédibilité via des appels d’offre et des concours en partenariat avec des institutions. Atavist propose quant à elle une interface minimaliste et fluide adaptée aux longs textes, dans la veine de la plateforme de blogging Medium.

A disposition des adeptes de l’écriture collaborative, des outils comme Penflip à l’ergonomie très simple reposent sur du traitement de texte interactif et disposent parallèlement d’un chat. Le réseau social canadien Wattpad qui à la fin de l’année 2014 comptait presque 40 millions d’utilisateurs par mois témoigne du succès des plateformes communautaires d’écriture collaborative. Majoritairement constituée d’un public adolescent adepte de « fan-fiction », la communauté qui s’est formée autour de Wattpad a consacré des auteurs tels qu’Anna Todd dont le best-seller After a été écrit presque exclusivement sur smartphone via le réseau social. Dans la lignée de Fifty Shades of Grey, ces livres composés « du bout des doigts » marquent un véritable tournant dans les pratiques d’écriture.

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David Meulemans, créateur de Draftquest et fondateur des éditions Aux Forges de Vulcain, a ouvert la discussion. Ecriture et interactivité forment selon lui une alliance prolifique. Pour l’éditeur, « plus les gens sont isolés, moins les livres sont originaux ». C’est de ce postulat qu’est née l’idée d’une plateforme d’aide à l’écriture créative basée sur la spontanéité et le partage des textes. Selon David Meulemans, « l’instinct créatif se court-circuite » dès lors que l’écrivain s’isole car il se projette trop dans le résultat final. Comme son nom l’indique, l’atelier virtuel repose sur l’importance accordée au « brouillon » dans le processus d’écriture : l’accompagnement de Draftquest encourage l’utilisateur à multiplier les ébauches afin d’écrire sans arrière pensée ni présomption de réécriture. Il s’agit d’une sorte de « serious game » : la dimension spontanée et ludique de l’écriture permet de séquencer le moment créatif du moment critique individuel et d’avancer pour espérer produire quelque chose de sérieux.

La parole passe à Caroline Viphakone, web designer et créatrice du réseau social de jeu de rôle textuel Infinite RPG. Jeu et interactivité sont les maîtres mots du projet, c’est ce qu’en ont rapporté les bêta-testeurs le 18 avril dernier lors d’une rencontre In Real Life au Labo de l’édition. Traditionnellement pratiqué sur table, le jeu de rôle se perpétue textuellement sur le web via une diversité d’outils : forums, Facebook, Twitter, Whatsapp… Inspirée de Wattpad, l’idée d’Infinite RPG est de rassembler cette vaste communauté de rôlistes au sein d’un réseau social dédié. Encore en construction, la plateforme suggère déjà divers types d’usages. Pour une utilisation portée sur la dimension récréative et stratégique du jeu de rôle, les « rôlistes » avérés bénéficieront d’un réseau leur permettant de pratiquer ce hobby sans contrainte, à distance et en direct avec une quantité infinie de partenaires. Le cercle du jeu peut aussi profiter aux écrivains amateurs qui deviennent selon Caroline Viphakone des « rôlistes romanciers ». L’outil interactif renferme en effet de nombreuses possibilités en termes d’écriture.

« L’avenir de l’écriture sera collaboratif et hyper-connecté », affirme Pierre-Chanel Kilama, créateur de la web application Textaz. Son nom renvoie aux « texteurs » et aux « texteuses », néologismes qui proposent une alternative au terme d’écrivain. La plateforme collaborative est accessible à tous ceux qui souhaitent s’essayer à l’écriture. Empruntant quelques principes au jeu de rôle, Textaz propose aux utilisateurs de choisir un avatar dont ils raconteront les aventures sur leur page, en collaboration avec d’autres qu’ils peuvent inviter à leur guise. Les écrivains peuvent se noter via un système de like différencié par points thématiques : émotion, sagesse, humour, folie…

Interagir avec d’autres semble donc être un moyen salutaire pour vaincre l’angoisse de la page blanche et stimuler les plumes les plus hésitantes. Qu’en est-il de la dimension pédagogique de ces plateformes d’écriture collaboratives ? Jusqu’où peuvent-elles guider l’écrivain amateur  dans sa progression ? Les intervenants s’accordent à relever l’effet des mécanismes d’intelligence collective suscités par les échanges au sein des ateliers d’écriture. Ainsi la web application de Draftquest est agrémentée d’un MOOC qui fournit des conseils et prescrit des exercices créatifs dont le résultat est à échanger avec les autres utilisateurs via Facebook ou via le forum du site.

Pour Caroline Viphakone, l’action narrative en temps réel que propose le jeu de rôle textuel est porteuse de nombreuses vertus pour l’écrivain en herbe : elle permet de tester une histoire, un personnage, une psychologie en les confrontant à un univers qui reste toujours en mouvement. Cette possibilité de mise en situation semble idéale pour progresser. Textaz propose en parallèle de sa plateforme virtuelle un programme de workshops pour ceux qui souhaitent suivre une initiation à l’écriture à plusieurs. La première session aura lieu au Labo de l’édition le mercredi 14 octobre à 19h30. Pierre-Chanel Kilama relève en effet l’importance des rencontres In Real Life pour avancer. Si la collaboration en ligne via un écran ou un personnage fictif semblent confortable à bien des égards, l’animation de groupes en IRL permet d’aller encore plus loin car elle rassemble des personnes dans une « atmosphère » commune, propice à la réflexion.

Chacune des ces plateformes d’écriture est gratuite et ouverte à tous. Maîtres mots de ces modèles, accessibilité et partage posent nécessairement la question sensible du droit d’auteur et de la propriété intellectuelle. Pierre-Chanel Kilama tente d’y répondre en définissant le cadre juridique de Textaz : les droits d’auteur de chaque utilisateur sont respectés notamment dans l’optique d’une rémunération éventuelle : chacun perçoit des droits proportionnels à la quantité de signes fournis dans l’ouvrage collaboratif.

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Accessibilité et partage posent aussi d’importantes questions de légitimité. Renforçant le lien entre auteurs et lecteurs, des plateformes de concours d’écriture comme Fyctia donnent la parole aux internautes, leur permettant de participer au processus de sélection des ouvrages en temps réel via l’application mobile. Ces outils confèrent aux lecteurs un nouveau pouvoir de consécration, plus direct qu’auparavant. Qu’en est-ils des nouveaux modes d’accès à la notoriété à l’heure du numérique ? Afin de dévoiler l’aboutissement de son travail et de récompenser ses meilleurs auteurs, Draftquest s’est associé à la plateforme d’autoédition Librinova pour le concours annuel « Osez la publication ».

vis-ma-vie-de-roliste-personnagesInfinite RPG a lancé en juin dernier le concours « Vis ma vie de rôliste », encourageant ses utilisateurs à raconter leur expérience du jeu de rôle écrit. S’il est un moyen de stimuler la production littéraire, le concours permet de créer du mouvement et présente un réel intérêt en termes de visibilité. Il permet aussi à certains écrivains anonymes d’accéder à la reconnaissance. Le premier prix du concours LibrinovaDraftquest gagne par exemple la publication de son livre aux éditions Aux Forges de Vulcain. Selon David Meulemans, il faut néanmoins rester prudent quant aux modalités d’élection des auteurs : s’en remettre exclusivement aux voix des internautes présente un danger. Pour le créateur de Draftquest, le choix des lauréats revient à un jury spécialisé. L’idée est d’empêcher que le concours devienne une course à la popularité : l’élection doit refléter la qualité de l’œuvre. Caroline Viphakone a elle aussi renoncé aux suffrage des internautes. Elle a fait appel à des bloggeurs reconnus dans la communauté des rôlistes pour désigner les vainqueurs du concours d’Infinite RPG, resserrant le lien entre les organisateurs et le public via la parole de ces influenceurs.

Chacun des projets présentés lors de la table ronde se confronte finalement à cet enjeu démocratique. A l’heure où la création se fixe sur des supports de diffusion comme les médias sociaux, la porosité entre production littéraire et communication devient manifeste. Prenant pour exemple Azel Bury qui en été 2015 faisait partie des meilleures ventes sur Kindle, David Meulemans constate que l’écriture est parfois aujourd’hui à mi chemin entre création et community management. Chaque intervenant s’accorde finalement sur un point : les plateformes d’écriture numériques doivent rester des espaces de production, non de diffusion.

Compte-rendu de la conférence « Comment dire le travail dans les médias ? »

Le Labo de l’édition a reçu jeudi 21 mai 2015 la coopérative Dire le Travail pour une table-ronde réunissant l’édition et la presse autour d’une réflexion commune : « Comment dire le travail dans les médias ? ».

logodireletravailPatrice Bride, gérant de la coopérative Dire le Travail à l’origine du projet de journal numérique éponyme, actuellement en campagne de crowdfunding sur Ulule, introduit le débat. A l’heure où la représentation du travail dans les médias semble faussée par les discours pessimistes autour du chômage, constamment envisagée à travers le prisme économique, quelle place reste-t-il pour les récits des travailleurs ? Si le travail quotidien, ses aléas comme ses joies, nous préoccupent tous ; qu’en est-il des récits qui le dévoilent ?

Pauline Miel, éditrice du site Raconter la vie, Francine Raymond, journaliste à France Télévisions, Amélie Mougey et Violette Voldoire, journalistes du site Le Quatre Heures et Sylvain Pattieu, écrivain ont débattu pendant cette soirée autour de trois axes : Ceux qui disent le travail, Ce qu’on dit du travail et Dire le travail sur internet.

Pour introduire leurs différentes contributions à la parole du travail dans les médias, ils débutent la table-ronde par une lecture.

lajufedetrenteansPauline Miel reprend un extrait de l’ouvrage La Juge de Trente Ans de Céline Roux, publié dans la collection Raconter la vie au Seuil en octobre 2014. Fondé par Pierre Rosanvallon, Professeur au Collège de France et auteur du manifeste Le Parlement des Invisibles (2014), Raconter la Vie est éditeur papier (accueilli en tant que collection au Seuil) et numérique (1 à 2 récits publiés par jour) à travers une plateforme communautaire qui réunit les témoignages littéraires de tous les citoyens. La communauté est faite d’auteurs amateurs, d’éditeurs et de lecteurs bénévoles et de chercheurs et universitaires qui dialoguent autour de la société du travail contemporaine.

beauteparadeLa parole passe à Sylvain, historien et maitre de conférence à l’Université Paris 8, auteur de deux ouvrages ; l’un sur le conflit social de PSA Aulnay en 2013 et l’autre sur la grève des employées sans papiers des salons de beauté de Château d’Eau à Paris (Avant de disparaitre, 2013 et Beauté parade, 2014 aux Éditions Plein Jour). L’écrivain restitue à travers les récits personnels de ses héros, non plus seulement un contexte social difficile, mais aussi le caractère éminemment littéraire des voix des ouvriers de l’usine automobile et des travailleurs immigrés du 10ème arrondissement.

Ce même désir de donner la parole aux « invisibles » se retrouve chez les deux journalistes du Quatre Heures, un jeune média né en 2014 sur le principe de la « slow info », fait de reportages long format menés sur plusieurs semaines en immersion. Découpé en saisons thématiques, le pure-player a débuté par trois épisodes autour des Luttes Ouvrières, dont deux sont présentés lors de cette table-ronde. Amélie Mougey s’est intéressée, dans son sujet Les routards de l’auto au cas des ouvriers détachés qui circulent d’usines en usines, éloignés de leurs foyers, pour répondre à la demande des constructeurs automobiles. Violette Voldoire, quant à elle, s’est rendue à Trélazé, tout près d’Angers, pour suivre les 153 mineurs de la dernière grande carrière d’ardoise de France lors d’un plan social qui annonce la fermeture du site, dans son reportage Plus rien à fendre.

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Comment collecter la parole des travailleurs, en situation de crise, quand souvent l’activité est interrompue par la grève et que la colère et l’anxiété dominent les esprits ? Comment le journaliste ou l’écrivain, intrus dans un milieu fragilisé, peut-il accomplir son devoir d’information, son désir de vérité tout en respectant les histoires individuelles ? Véritable luxe dans l’industrie des médias, le temps long est un premier élément de réponse.

En s’immergeant dans la société qu’il dépeint, répond Francine Raymond, le journaliste crée un rapport de confiance. Dans le cas de la fermeture de l’usine d’Aulnay, que la journaliste a documenté pendant toute l’année 2014, son travail n’a pu s’accomplir qu’à travers la relation profonde qu’elle a tissé avec les ouvriers. Au point qu’elle accompagne, en 2015, Ghislaine Tormos, ouvrière à PSA, dans l’écriture d’un livre, Le salaire de la vie (Editions Don Quichotte, Prix 2015 du Meilleur Ouvrage sur le Monde du Travail).

Comprendre, tel est le mot d’ordre qui guide chaque intervenant dans son travail. Une interrogation qui rassure, face à un traitement de l’actualité en flux continu qui encourage la méfiance face aux médias. Car le point de débat se situe bien ici. Pourquoi la médiatisation du travail ne s’exerce-t-elle qu’en temps de crise, de conflits sociaux ?

Ghislaine Tormos sur le blog de Francine Raymond, Aulnay Story
Ghislaine Tormos sur le blog Aulnay Story

Sur cette question, les intervenants démontrent leurs engagements. La dimension politique du travail n’est jamais occultée, puisqu’il ne s’agit pas de restituer avec objectivité des faits, mais plutôt d’être un soutien, un porte-voix pour ceux que l’on juge trop peu entendus. « J’ai choisi mon camp, mais je fais attention aux nuances », explique Sylvain Pattieu. En rencontrant les patrons des salons de beauté adjacents, il a ainsi pu mesurer la complexité du système dans lequel les individus sont des rouages. La mondialisation, pour beaucoup, est désignée comme la grande coupable de ces crises. Pour échapper au jugement tranché, il faut décortiquer, confronter les opinions, et faire peser à part égale les discours contradictoires.

Pour Pauline Miel et Amélie Mougey, la difficulté est autre puisqu’elles collectent, à leur manière, la parole de l’ordinaire. Tandis que Raconter la Vie procède par appels à témoignages sur des sujets divers, au gré de la curiosité des éditeurs, Le Quatre Heures tient plus à rendre compte d’une situation méconnue, comme celle des ouvriers prêtés d’une usine à l’autre. Des non-événements qui traduisent pourtant beaucoup de la valeur et des formes que prennent le travail, mais dont il faut construire l’appétit du public.

Pour cela, le web et sa multiplicité de formats semble idéal. De l’écrit aux vidéos, en passant par les forums (ou « Salon » pour Le Quatre Heures), il faut être inventif. Pour dire la crise d’Aulnay, Francine est passée du blog au documentaire pour conclure finalement par l’édition. A chaque étape un discours différent, mobilisant les ressources de chacune : le « feuilleton du réel », sur un blog alimenté quotidiennement, nourrit un documentaire télévisé à grande audience puis finalement un témoignage écrit, sous la forme d’un livre, pour « s’arrêter et dire les choses ».

Sur Le Quatre Heures, le multimédia est pensé « sans clic », dans un déroulement continu (en Infinite Scroll) où vidéos, textes, sons et images s’enchaînent automatiquement. Cette belle expérience de lecture redonne sa chaleur au média numérique, et cherche à plonger les lecteurs abonnés (pour 1,65€ par mois) en immersion dans le récit. Pour Violette Voldoire, les supports médiatiques utilisés sur Le Quatre Heures doivent être pensés de façon autonome afin de former un tout. « Nous ne sommes pas dans l’illustration, mais dans une réflexion sur ce que chaque média peut apporter à l’ensemble », résume-t-elle.

Raconter la Vie, qui héberge des récits courts en version numérique se donne la possibilité d’étendre les témoignages les plus riches sur une centaine de pages en passant à la version papier. A ce jour, 18 titres ont été publiés au Seuil, pour un coût modique de 5,90 euros.

Finalement, chaque projet présenté lors de cette table-ronde porte en lui une dimension politique forte. Dire le travail nécessite de s’engager, puisque toutes ces initiatives reposent sur le constat d’une absence, d’un désintérêt pour la vie des travailleurs et pour les changements sociétaux complexes qui la constitue.

Découvrez le projet Dire le Travail – le journal sur son site et soutenez l’initiative sur Ulule !

Rencontre IRL : Avant-première du projet Infinite RPG

Samedi 18 avril s’est tenu au Labo de l’édition une rencontre « In Real Life » avec Infinite RPG, un projet de réseau social sur les jeux de rôle écrits ou RPG textuels, pour les amateurs d’écriture collaborative et les rôlistes en ligne. Retrouvez le compte-rendu de la rencontre et les premières images du réseau social et de ses bêta-testeurs ici. En vidéo, découvrez les premières impressions des bêta-testeurs : Et la vidéo de l’événement qui a réunit les rôlistes en IRL 🙂

Crédit Agence Moody Communication
Crédit Agence Moody Communication
Crédit Agence Moody Communication
Crédit Agence Moody Communication

Retours d’expérience sur le hackathon Usages du Livre

hackathonLe 12, 13 et 14 décembre dernier s’est tenu au Labo de l’édition un hackathon autour des innovations du livre numérique, en partenariat avec Paris&Co, Digital Publishing Institute, Cap Digital, MO3T et Idefi CreaTIC. Une trentaine de participants se sont réunis en équipes pour concevoir de nouvelles solutions numériques à partir d’ouvrages mis à disposition par les éditeurs partenaires de l’évènement. Graphistes, développeurs, auteurs-concepteurs et éditeurs ont ainsi appris à collaborer pendant 48h d’expérimentations techniques, éditoriales et créatives. Pour mieux cerner la pertinence de ce type d’évènement où des professionnels passionnés découvrent et confrontent leurs expertises multiples sur le terrain de l’innovation, nous vous proposons ici une synthèse de leurs témoignages. Ces retours d’expériences donnent à voir les enjeux et défis de l’émergence du secteur de l’édition numérique, en France comme ailleurs. L’occasion aussi de se replonger dans l’atmosphère du hackathon avant sa restitution officielle au Salon du Livre du 20 au 23 mars 2015 !

Dès le vendredi soir, les participants se sont constitués en équipes autour des contenus proposés par les éditeurs Bayard (J’aime Lire), Albin Michel, Éditions Autrement, Le Robert et La Martinière. Les groupes s’appuient sur les outils technologiques fournis par PandaSuite, Aquafadas, Flamefy, Immanens et Racont’r.

Ainsi sont nés cinq projets :

  • Panda Machin, un projet d’enrichissement cartographique tiré de L’Atlas de Rome des éditions Autrement :
  • Les Cantiniers, bande-dessinée interactive adaptée d’un titre J’aime Lire pour les 6-10 ans :
  • Les Fougères, adaptation narrative et ludo-éducative du livre Expédition au pays des dinosaures publié chez La Martinière Jeunesse :Screen Shot 2015-03-01 at 18.26.34
  • Les Clémentines sont bonnes, projet de storytelling contextualisé autour de la collection jeunesse Les Petits Débrouillards chez Albin Michel.Screen Shot 2015-03-01 at 18.27.17
  • Le Royaume, adaptation numérique enrichie d’un roman pour les 7 à 10 ans de la collection J’aime Lire.Screen Shot 2015-03-01 at 18.21.45

Nous avons demandé aux participants de répondre à quatre questions afin de comprendre leurs impressions sur ce hackathon :

  1. Pouvez-vous résumer en une phrase le projet sur lequel vous avez travaillé lors du hackathon ?

Pour Christina Lumineau, du projet Les Fougères, il s’agit « d’adapter un livre papier à un format numérique interactif et ludique et d’y intégrer des contenus additionnels de la manière la plus intuitive possible ». Ce travail d’adaptation réside dans l’importance de « repenser les codes du livre avec le passage papier-tablette » explique Clara Chiquello, du projet Le Royaume. En effet, partir d’une base existante de contenus permet d’avancer plus vite et d’obtenir, dans le temps imparti du hackathon, des résultats concrets, nous explique Nicolas Rodelet. Cela profite aussi aux éditeurs, qui se sont impliqués dans le projet et ainsi, ont pu s’enrichir d’une meilleure connaissance des possibilités offertes par les solutions innovantes du numérique. Cependant, l’adaptation de contenus éditoriaux pensés pour le papier vers le numérique n’est pas une tâche facile, et elle pose un véritable défi technique pour les développeurs, comme le relève Christina Lumineau. Le mot-clé de cette adaptation est l’intuitivité, garantie par la pertinence des enrichissements mais aussi par le renforcement des logiques ludiques au sein des livres numériques jeunesse. Pour Béatrice Pinel, en charge de la partie « jeu » du projet Les Fougères, cet aspect est nécessaire pour retenir les données encyclopédiques incorporées au livre numérique. L’enrichissement par des contenus additionnels s’accompagne ainsi d’une dynamique de gamification, permettant « la consolidation de la communauté des petits débrouillards » pour Gabriel Riboulet de l’équipe Les Clémentines sont bonnes. En dehors des contenus jeunesse où la dimension ludique répond parfaitement aux besoins des jeunes lecteurs, l’accent mis sur l’expérience de lecture reste évidemment pertinent. Ainsi, Aude Pilleron du projet Panda Machin nous explique que l’enjeu principal était de « réfléchir à la meilleure expérience à procurer et la technologie adaptée pour y répondre ». Et pour cela, la diversité des compétences au sein des groupes est nécessaire.

  1. Quel a été votre rôle au sein du projet ?

L’équipe Panda Machin était composée d’un éditeur, d’une cartographe, d’une experte en transmedia et de membres de l’équipe PandaSuite, « une solution de création digitale qui permet de créer des projets multimédia interactifs sur tablette sous la forme d’applications natives ou de sortie HTML5 » explique Aude Pilleron. L’enjeu est alors d’utiliser des modules de création adaptés à la structure éditoriale existante. La nature des cartes de l’atlas (historique, localisation ou narrative) doit être prise en compte pour garantir un enrichissement pertinent du contenu. Tigran Ghaplanyan et Clara Chiquello, graphiste et UX designer du projet Le Royaume, notent l’importance d’un développeur pour parvenir à intégrer le travail de conceptualisation mis en oeuvre dans la première phase du hackathon. Les outils mis à disposition des équipes facilitent l’intégration technique des enrichissements, mais le rôle du développeur est crucial pour déterminer en amont de l’exécution logicielle leur pertinence par rapport au contenu. Ainsi, les membres du groupe Les Fougères, qui ont travaillé sur le logiciel Racont’r (en version bêta) notent tous la difficulté de confronter leurs idées à la réalité technique de l’outil, dont certaines fonctionnalités étaient encore fragiles. Pour Les Clémentines sont bonnes, la solution adoptée a orienté les choix de l’équipe, en proposant une nouvelle forme de storytelling appuyée sur l’analyse de données. Gabriel Riboulet, architecte transmedia chez FlameFy nous explique son rôle : « J’ai accompagné Florence Dellaiera  adjointe au directeur du développement numérique d’Albin Michel, afin de définir ses objectifs et intentions suivant son périmètre d’action. Puis nous avons appliqué sa stratégie à nos outils d’automatisation, de personnalisation et de quantification. Enfin nous avons ouvert un compte sur la plateforme et incrémenté les éléments et les conditions d’utilisation. » Ainsi, l’idée était de contextualiser les contenus en fonction de la localisation et du profil du lecteur. L’utilisation de la smart-data permet de nombreuses innovations dans l’édition, tel que le développement d’un bot twitter autour du livre de Bernard Werber pour générer des réponses personnalisées. Des idées originales, dont les éditeurs peuvent s’inspirer pour innover dans la conception de contenus éditoriaux.

  1. Quelles ont été les difficultés et enjeux du développement de votre projet ?

Déjà évoquée, l’adaptation (technique, éditorial, graphique) d’un livre papier vers le numérique a été le principal défi des participants. Christina Lumineau évoque ainsi le travail de découpage et d’animation des illustrations statiques, qui implique pour Manon Boschard de ne pas dénaturer le dessin tout en rendant l’expérience graphique intéressante. En 48h, l’essentiel est de « fabriquer une maquette avec les premiers écrans pour donner à voir les possibles intérêts d’une transformation d’un livre papier en application », explique Aurore Soares du projet Les Fougères. Les prototypes ont été présentés le dimanche soir lors de la restitution, il était donc nécessaire d’obtenir un résultat satisfaisant sur les premières pages du texte, en laissant présager de ce que donnerait un travail de long-terme sur les titres.

  1. Quels enseignements tirez-vous de cette expérience sur le plan personnel et professionnel ?

Dans l’urgence du hackathon, la complémentarité est essentielle. La collaboration d’acteurs ayant travaillé sur le contenu original est un atout, puisqu’elle permet « d’extraire l’essence même de l’histoire », résume Aude Pilleron. Pour Christina Lumineau, « le travail en groupe et sur une courte durée permet de faire émerger des idées nouvelles et d’avancer très rapidement ». Un constat que partage Béatrice Pinel, pour qui les enseignements du hackathon se rapporte à « savoir travailler rapidement avec des inconnus et pouvoir garder un rythme soutenu ». Pour Yohann Reversat, le hackathon peut aussi être l’occasion de réaffirmer sa volonté entrepreneuriale, en prenant la mesure des innovations actuelles et de leurs limitations. Il est donc un format privilégié pour de nombreux secteurs en pleine transformation numérique. Donner à voir l’innovation et son potentiel, c’est aussi provoquer l’inspiration et le changement pour les acteurs traditionnels. Ainsi, Gabriel Riboulet note l’importance de « ces temps de réflexions et d’échange entre start-ups et industries » pour que les éditeurs prennent le virage de l’analyse de la donnée et réalisent sa valeur économique dans l’écosystème de la consommation des biens culturels.

Merci à tous les participants et aux répondants de ce questionnaire ! Véritable catalyseur d’innovation et d’échanges, le hackathon est un format privilégié pour le Labo de l’édition, dont l’objectif est de soutenir et d’accompagner les mutations du secteur de l’édition.

Et pour un retour d’expérience des organisateurs du hackathon, consultez la vidéo de Nicolas Rodelet, responsable du Labo de l’édition et Antoine Garnier, business developer à l’Institut Mines-Télécom sur Electric News.

Ne manquez pas la restitution du hackathon au Salon du Livre du 20 au 23 mars 2015 !

D’autres articles sur le hackathon Usages du Livre, par Makery et sur le blog de l’Institut Mines-Télécom.

Retour sur le Café des Possibles avec la Fing et OuiShare

caf-des-possibles-au-labo-de-ldition-1-638Le Café des Possibles a le soutien de la Région Ile de France. Il est organisé en partenariat avec le département de Seine-Saint­-Denis. Cette édition spéciale est proposée dans la cadre de l’expédition ShaREvolution, co pilotée par la Fing et OuiShare.

Le Café des Possibles ShaREvolution au Labo de l’édition à eu lieu le 9 décembre dernier de 18h à 20h.

Retrouvez les 11 usages innovants présentés :


Ne gachez plus votre créativité par manque de soutien ou de ressources, en mettant vos idées et vos projets au sein de La Cuisine, vous y trouverez une communauté avec qui les co-construire. La Cuisine.co, c’est une communauté qui co-construit du projet en CrowdConsulting. On a tous et toutes des idées, plus ou moins réalisables. On peut même avoir des projets plus ou moins aboutis mais, les réaliser, c’est difficile et long, l’énergie peut s’épuiser et la motivation aussi. Souvent, on se dira…tiens, je l’avais eu cette idée ! Pour ceux et celles qui ont des idées, des projets et qui veulent les challenger, en évaluer la faisabilité et trouver les équipes, les moyens financiers, les méthodes, les outils, La Cusine.co propose sa tambouille. Rencontrer, partager et trouver sa place sera facile et ce qui en sortira sera ce que nous en aurons fait, projet par projet.

Une communauté de reporters amateurs pour inspirer la jeunesse. New CITYzens anime une communauté de reporters amateurs qui partent dans le monde entier, à la rencontre des citoyens inspirants qui changent le visage de leur ville grâce à des projets d’innovation sociale. De retour en France, ces reporters partagent leurs découvertes avec les jeunes (15-25 ans) pour favoriser le déclic citoyen et l’esprit d’entreprendre au niveau local, en prenant la ville comme « terrain de jeu ». Ces interventions se font auprès des collèges, lycées, établissements supérieurs ou encore structures « jeunesse » des villes.

Commandez des produits à l’étranger, un voyageur vous les rapporte. Globshop.com est une plateforme web qui met en relation des personnes souhaitant acheter des produits étrangers et des voyageurs qui acceptent d’acheter les produits et de les rapporter en échange d’une récompense financière.

Proposer à des auteurs en devenir des services leur permettant de s’améliorer (atelier de lecture, d’écriture) et de mieux comprendre les enjeux de l’édition. Grâce à la Plume en Question, les auteurs bénéficient de retours objectifs sur leurs écrits, des moyens de travailler leurs plumes, des trucs et astuces pour envoyer leurs manuscrits et d’une meilleure appréhension du monde du livre.

L’Échappée Volée est l’accélérateur de projets de la communauté TEDxParis. Le but de l’Échappée est d’aider des projets positifs et innovants. Cela suppose donc de les trouver ! Nous cherchons donc à relayer et diffuser notre appel à projets. Nous cherchons à identifier ces projets utiles et engagés. Nous cherchons également des partenaires ou des participants souhaitant partager leurs compétences ou donner de leur temps pour permettre à ces initiatives nécessaires de passer un cap.

Braineet propose à tous les internautes de partager leurs idées d’amélioration avec toutes leurs marques préférées. Véritable tribune de partage pour le consommateur, la plate-forme Braineet collabore déjà avec les marques L’Oréal, Air France, Nike, Google, Orange, SNCF, etc. Chaque message posté sur la plate-forme Braineet débute par « Et si… » et permet aux usagers de faire part aux marques de leurs bonnes idées pour améliorer la consommation quotidienne.

Créer un immense dressing collaboratif en ligne ! Grâce à une marketplace pour la location de vêtements & d’accessoires de mode entre particuliers ou jeunes créateurs, on pourra enfin s’habiller comme on le souhaite et se changer aussi souvent qu’on le souhaite sans culpabilité et sans frustration !

Mettre en place le Design Lab au sein de la Ressourcerie (créer un atelier type Fab Lab, réaliser des workshops thématiques autour du recyclage, organiser un Design Think Tank afin de privilégier l’échange sur la recherche méthodologique en création et design produit relevant de procédés de recyclage). Il s’agit de mettre en place un laboratoire de recherche en ’Design, Technologie et Matériau’ au cœur de la Ressourcerie de sorte à créer des procédés de recyclage prospectifs capables de prendre comme point de départ les déchets/ressources sur place, développer de nouveaux outils de transformation et générer de nouvelles formes. Ce laboratoire est un espace de création, d’innovation technologique et technique, de recherches expérimentales (scientifiques et artistiques), un lieu de rencontre et de débat autour de problématiques de design, d’ingénierie et de recyclage, conçu comme un ’design think tank’ axé sur la gestion de déchets.

TravelerCar permet aux voyageurs partant en déplacement aux aéroports de louer leur voiture à d’autres voyageurs en échange d’un parking gratuit. TravelerCar propose une alternative aux systèmes actuellement en place au niveau des aéroports pour les voyageurs : le parking où on laisse sa voiture d’une part et qui est inutilisée pendant la durée du voyage, et la voiture qu’on loue directement à l’aéroport d’autre part. Il ne s’agit pas de concurrencer les acteurs traditionnels mais d’indiquer que d’autres solutions existent : plus économiques, plus collaboratives et plus solidaires. Nous voulons avant tout montrer aux voyageurs qu’ils peuvent accéder à un service de qualité qui rend service à d’autres voyageurs et où les deux parties sont gagnantes.

Partager sa place de parking avec un autre usager. Le partage de parking, c’est sous-louer sa place de parking lorsqu’on ne l’occupe pas. Simple, pratique et économique, le partage de parking permet de rentabiliser sa place de parking ou au contraire trouver un stationnement à coût moindre.

Plateforme de partage d’expériences positives ou négatives, dédiée aux personnes handicapées. Chacun d’entre nous peut, un jour, être concerné par le handicap, directement ou indirectement via un proche. De façon temporaire ou définitive. En plus de facultés et libertés réduites, le rapport à soi, aux autres et à l’environnement extérieur est également altéré. I Wheel Share propose des solutions simples, concrètes et accessibles à tous pour répondre à cet état de fait et bâtir une société plus inclusive, équitable et durable.


Cet article a été publié sur le site de la Fing. Découvrez les présentations et contacts des intervenants sur le SlideShare de la Fing :

Conférence Madmagz : Numérique et pédagogie de projet, osons innover !

Le 12 novembre dernier, Madmagz organisait au Labo de l’édition une grande conférence sur le thème : “Numérique et pédagogie de projet : osons innover !”.

Un événement parrainé par Julie Higounet, experte en « usages pédagogiques du numérique et des TICE » et inauguré par Serge Tisseron, docteur en psychologie, psychanalyste et chercheur associé HDR à l’Université Paris VII.

Vous trouverez sur le site Osons Innover les vidéos, les photos et les comptes-rendus des différentes interventions de l’événement.

Découvrez les vidéos de l’évènement sur la chaîne YouTube de Madmagz :
Serge Tisseron : La pédagogie de projet et le numérique, où en est la France ?

eTwinning: Quand le numérique favorise la collaboration entre les pays et le dialogue Interculturel

TransiMOOC: Lutte contre le décrochage scolaire et pédagogie alternative

Retour d’expérience de Baptiste Genestin, coordinateur pédagogique pour l’élémentaire à l’Ecole Internationale de New York (EINY)

Retour d’expérience d’Annélie Rousseau, professeur-documentaliste au Lycée professionnel Antoine de Saint Exupéry à Halluin (59) – Académie de Lille

Michel Guillou: Publier, une compétence fondamentale à l’heure de l’éducation numérique

Conclusions de Julie Higounet : mise en parallèle de l’usage des TICE dans des environnements culturels différents – exemple des USA

Vous pouvez suivre le live-tweet de l’évènement avec le hashtag #osonsinnover.

Storify de la table-ronde Auteur, édition, autoédition : le ménage à 3 est-il possible ?

Mardi 14 octobre 2014 s’est tenue au Labo de l’édition une table-ronde sur le phénomène de l’autoédition. Découvrez le compte-rendu de l’évènement dans notre Storify !

[View the story « Table-ronde Auteur, Edition, Autoédition : le ménage à trois est-il possible ? » on Storify]

Fonderies typographiques : nouvelles pratiques, nouveaux usages

Le compte-rendu d’Antoine Fauchié sur la conférence « Fonderies typographiques : nouvelles pratiques, nouveaux usages » organisée par les Rencontres de Lure avec le soutien du Labo de l’édition le 29 avril 2014.

Introduction par Frank Adebiaye

Rencontre organisée conjointement par les Rencontres internationales de Lure et le Labo de l’édition, dans les locaux du Labo de l’édition, lieu emblématique de l’édition numérique : l’occasion d’aborder la question de la typographie numérique, qui en est elle-même au moins à sa seconde révolution. Après l’essort de la PAO dans les années 80, nous sommes maintenant à l’époque d’Internet, du web, et de la typographie embarquée. Si le web a permis aux fonderies typographiques la diffusion de leurs travaux, aujourd’hui quel est l’impact du numérique sur les pratiques et les usages de ces fonderies ?
Jean François Porchez — dessinateur de caractères internationalement reconnu et fondateur de Typofonderie — et Raphaël Bastide — designer graphique et dessinateur de caratères, défenseur inlassable de la culture libre — vont répondre à ces questions.

Raphaël Bastide

Raphaël Bastide aborde les nouveaux usages de la typographie, sur le web, (libre ou pas libre) sur le papier et sa position par rapport à ces différents accès.

Pratiques professionnelles et amateures

Raphaël Bastide nous présente tout d’abord le travail de studios qui ont une pratique intéressante et atypique, notamment sur des approches amateures, autour de la typographie libre, avec une démarche qui dépasse les choix graphiques :

  • Vier5 : approche côté amateur, punk, cyberpunk, travail autour du caractère brut ;
  • Open source publishing : collectif belge qui travaille avec la typographie libre.

Et nous donne son point de vue sur Google Fonts : 632 caractères, on a tout ce qu’on veut sauf des choses utiles. Un entre-deux qui n’est pas confortable :

  • les sources sont très difficilement trouvables et Google Fonts ne souhaite pas particulièrement que les caractères soient modifiés ;
  • parmi ces 632 caractères il y a beaucoup de choses sans personnalité : donc peu utiles dans le cadre d’un usage professionnel.

Nouveaux faiseurs de caractères

Raphaël Bastide parle de faiseurs plutôt que de dessinateurs de caractères car aujourd’hui les faiseurs ne sont plus seulement des designers mais ils peuvent être des amateurs. Mouvement proche de celui qu’a connu la photographie. Quelques exemples :

Oyvind Kolas

Oyvind Kolas a fait un programme qui permet de générer des fontes, qui donne des résultats étranges, utilisable dans peut-être 10% des cas. Certains typographes comme Oyvind Kolas ne sont plus des designers mais des hackers : des personnes qui créent des outils.

Typographie générative

Depuis plusieurs années on assiste à une explosion des outils permettant la génération de typographies, avec aujourd’hui certains d’entre eux qui sont réellement utilisables par le plus grand nombre :

  • Metapolator : projet — subventionné par Google — de logiciel libre qui permet de générer facilement des masters, des squelettes, à partir desquels on peut générer énormement de familles de caractères. Tout devient très facile à faire ;
  • Prototypo : projet français de création rapide de caractères à partir d’une application en ligne, sur le web.

La typographie générative est, pour Raphaël Bastide, l’occasion de remettre en cause la question de la classification typographique.

Renouveau de la classification typographique

Il ne s’agit plus de classer le caractère mais le processus de création : quelle licence est attribuée au caractère ou à la famille de caractères ? Pour Raphaël Bastide, impliqué dans une pratique basée sur le libre, il est plus intéressant de savoir quelle est la licence d’un caractère que sa classification. Ainsi chaque fonderie parle de sa propre classification à travers ses choix concernant les usages offerts aux utilisateurs : une classification décentralisée où chaque fonderie parle son langage.

Nouveaux modèles économiques

Caractères libres, générés, webfonts : il s’agit de distribuer plus qu’un fichier binaire, il faut aussi donner une explication, livrer de la documentation, des exemples de mises en œuvre, un logiciel qui va avec dans le cas de la typographie générative. Nous ne sommes plus dans le même contexte qu’il y a 10 ou 20 ans, désormais « on veut une histoire », on attend un savoir-faire. Par exemple la révolution de la typographique générative va entraîner une mise en avant de l’artisanat.

Présentation de deux projets

  • Use & Modify

Use & Modify est un CMS — développé par Raphaël Bastide — qui permet de faire un site de fonderie et de présenter des typographies, avec des sections, des tags, bref de faire de la médiation, de la curation, autour de la typographie. Cet outil répond à la question : comment diffuser rapidement une production typographique — libre ou pas libre ?

  • Steps Mono

Travail d’explication d’un processus de création à quatre mains sur un caractère typographique, visible dans le numéro 120 de la revue Étapes.

Jean François Porchez

La présentation de Jean François Porchez s’intitule Sublimer le design typographique : le métier de typographe et son savoir-faire. Il retrace l’histoire récente de la typographie depuis l’arrivée de la PAO dans les années 1980.

Petits rappels historiques autour des pratiques des fonderies

Travail à l’ancienne : l’important pour les fonderies était de bien présenter les caractères, de montrer leur savoir-faire. Si les évolutions de la typographie ont été nombreuses, notamment avec la photocomposition, la révolution typographique n’a pas attendu le web : l’ITC — International Typeface Corporation — a par exemple permis la diffusion de caractères et la valorisation du travail de création typographique dès les années 60, notamment en transformant des fonderies comme Linotype ou Monotype en distributeurs. La typographie est alors déjà accessible à tous le monde.

Culture graphique

Dans les années 70 lancement se lancent de nouvelles revues diffusées gratuitement : le meilleur moyen de se faire connaître est de parler de culture graphique, et la typographie va s’y insérer tout naturellement.

Fonderies indépendantes et individuelles

Les premières fonderies indépendantes apparaissent dans les années 80, comme Fontshop en 1989. Les moyens de rencontres et de diffusion ne reposent pas encore sur Internet :

  • exemple d’une présentation d’un caractère de Jean François Porchez à Fontshop lors des Rencontres internationales de Lure ;
  • l’ATypI est un autre exemple de ces espaces de rencontres et de diffusion.

L’apparition des fonderies individuelles — comme Bitstream de Matthew Carter en 1981 — est le résultat d’un syndrome : la volonté pour des designers graphiques de maîtriser leurs créations.

Notre passage au numérique

En France le passage au numérique ne concerne que quelques designers au début des années 1990 : il faut surtout citer François Boltana dans l’avénement des nouvelles fonderies. Au début des années 1990 apparaissent aussi des distributeurs de caractères numériques : Fontshop notamment.

Création de Typofonderie et espaces d’échanges

Création de Typofonderie en 1994 : Internet n’existe pas encore et se faire connaître n’est pas simple. Jean François Porchez édite un guide typographique à compte d’auteur : une bonne manière de faire la promotion de son savoir-faire à cette époque. À cette période les plateformes d’échanges « se font en vrai », par exemple via les Rencontres de Lure. Nombreux débats et crispations autour du passage d’un savoir-faire d’un petit nombre à un beaucoup plus grand nombre, comme le montre Raphaël Bastide. Par exemple aujourd’hui la typographie générative est peut-être l’apprentissage de l’écriture numérique.

Ce que le web a permis

La vente des fontes en 1996 consistait à l’envoi de fax et de disquettes, et des licences par courrier. Le web a permis « de toucher une niche, mais à l’international », via des outils comme un catalogue disponible 24h/24 et 7J/7, un formulaire de commande en ligne, et surtout la Gazette lancée au même moment, tout cela est une vraie révolution ! Puis ensuite l’apparition des contenus dynamiques avec la possibilité de commander en ligne.

Tisser un réseau

Les Rencontres internationales de Lure, ATypI à Lyon en 1998 : autant d’occasions d’animer la scène typographique, de croiser les talents, en France et à l’étranger, avec des jeunes et moins jeunes.

Valoriser et promouvoir

Naissance du Typographe.com — site, blog, forum — parce que la presse graphique comprend mal le renouveau de la typographique : il y a une nécessité de promouvoir ce travail, les graphistes vont prendre en main cette démarche de valorisation. Le Typographe deviendra par la suite la Gazette.
Création de ZeCraft consacrée aux identités de marque et aux caractères de commande, par opposition à Typofonderie, dévolue à la vente de caractères de catalogue. On retrouve dans cette démarche cette volonté de diffuser et valoriser le travail de typographe.

Qualité. Longévité. Intégrité. 20 ans.

On est tout petit mais on touche un public à l’internationale.

La ligne éditoriale et la rigueur associée nécessaire est déterminante pour Typofonderie. Les produits doivent être soignés, tout comme la démarche : il faut conserver la confiance acquise avec les clients. Le lancement d’un caractère typographique ne doit pas être uniquement la mise en ligne, la vente sur un site, un PDF et un tweet : c’est ici qu’intervient le travail effectué sur la Gazette, parler du travail des typographes, interviewer les graphistes.

Débat animé par Frank Adebiaye

  • Retour sur Google Fonts

Raphaël Bastide : le point commun avec Jean François Porchez est le fait que derrière les caractères il y a de l’humain. Google Fonts est l’exemple concret où l’utilisateur devient le produit et n’est plus un simple utilisateur, Google Fonts n’est pas assez humain.
Jean François Porchez : il faut d’abord préciser ce qu’est une fonte gratuite, exemple avec les fontes installées par défaut sur les systèmes d’exploitation. « La typographie a un prix », et c’est le cas dans Windows où de nombreux typographes ont travaillé pour mettre des fontes de qualité à disposition. Même chose avec les outils d’Adobe et les typographies proposées par défaut. Gratuit ? Accessible librement ? La problématique du gratuit est donc là depuis longtemps, et Google Fonts n’est qu’une nouvelle étape. Mais quel est l’avantage pour le designer qui a mis à disposition une fonte sur Google Fonts ? Sinon d’avoir des pages vues et parfois une rémunération ?
Raphaël Bastide : on ne peut pas ignorer la présence de Google Fonts. L’avantage c’est que l’on peut modifier les caractères puisqu’ils sont libres, et il y a parfois des caractères intéressants. Google est en train de poser les jalons de la typographie itérative, et investie dans la recherche typographique. Il est important pour les designers, pour les artisans, d’utiliser Google Fonts pour comprendre comment cela fonctionne, de voir ce qu’il est intéressant de prendre dans ce type de projet.

  • Défi de l’objet livre numérique

Raphaël Bastide : la qualité c’est la licence pour pouvoir modifier le logiciel, ou le caractère, ce point est essentiel dans la démarche de designer de Raphaël Bastide qui se définit comme un hacker, avec la dimension politique que cela comporte. Chaque caractère trouvera son utilisateur : par le biais des licences qui permettent de modifier les fontes.
Jean François Porchez : différence ou antagonisme avec Raphaël Bastide qui tient sur le fait de pouvoir modifier une création. Pour certains artistes la copie est du piratage, quand bien même la copie est la base d’une nouvelle création : le cœur du débat c’est de savoir comment la création est perçue, quelle est notre attitude par rapport à la création des autres ? Mettre en place une création avec une communauté, dans un processus open source, ne fonctionne pas, car les designers souhaitent promouvoir leur création. Concernant le livre numérique : l’objet esthétique est — pour le moment — très similaire à celui du livre papier. On assiste au passage d’un objet statique à un objet dynamique, notamment avec l’intégration de la connexion et du paiement au chapitre, et donc des modèles économiques différents.

La seule chose qui reste dans le livre numérique c’est le caractère typographique.

Raphaël Bastide : travailler uniquement avec des logiciels libres, en tant que designer graphique, est pour Raphaël Bastide une façon de se mettre en difficulté, de créer des outils et des programmes, de participer à d’autres programmes, bref de mettre en place des créations ouvertes où les personnes qui les perçoivent ou qui y participent sont actives. Il ne faut peut-être pas critiquer trop vite les modèles de création par la communauté : contribuer à un caractère typographique n’est pas simple, et les outils de génération typographique vont peut-être permettre de dépasser ces difficultés.
Jean François Porchez : l’open source est peut-être bien pour la technique et la technologie, en revanche la problématique de la création typographique touche à la création plastique. La collaboration a peut-être uniquement du sens dans une démarche de pédagogie. La valorisation est nécessaire, et ça passe par un vrai choix éditorial, et pas une pluralité de possibilités. La collaboration horizontale ne peut pas fonctionner dans le cas de la création typographique : il doit y avoir un choix pris par un boss, et c’est la valorisation du travail typographique.

  • Question de la création

Olivier Nineuil : ce sujet des outils et des savoir-faire sera justement abordé pendant la session 2014 des Rencontres internationales de Lure. Aujourd’hui il y a beaucoup de fonderies qui produisent beaucoup, mais quelle est leur positionnement en tant qu’éditeur ? Il y a une surenchère continue : performances, nombre de caractères disponibles, etc. Mais quelle est la ligne éditoriale de ces fonderies ?
Raphaël Bastide : démarche de designer qui est de partir d’un caractère existant et de le modifier pour que cela devienne sa création, en respectant les licences. Raphaël Bastide rejoind la position de Jean François Porchez car il veut arriver à sa création.
Grégori Vincens (fondateur de Font You) : Raphaël Bastide parle d’une démarche issue du web libre, là où Jean François Porchez se positionne comme auteur. Ce qui est intéressant c’est l’usage :

Comment ce deuxième geste typographique peut générer de la créativité ?

L’objectif de Font You c’est de convoquer cette créativité là, avec un rôle de curator pour exacerber la « créativité libérée ». La problématique est très différente entre Font You et Typofonderie par exemple.

Page de présentation de la rencontre sur le site du Labo de l’édition
Enregistrement de la rencontre effectuée par Peter Gabor