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Le blog du Labo déménage sur www.labodeledition.com

Labo de l’éditon sur
www.labodeledition.com

 

Depuis le mois de décembre 2015, le Labo de l’édition dispose d’un nouveau site web où sont regroupés les news de l’incubateur, l’agenda des évènements ainsi que les contenus du blog !

A partir de maintenant, pour lire nos articles sur l’édition numérique, les médias, le transmédia, l’éducation, la librairie et bien d’autres sujets, rendez-vous sur www.labodeledition.com !

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Synthèse de l’étude : Pratiques d’éditeurs, 50 nuances de numérique

Le MOTif, en partenariat avec le Labo de l’édition, a mené une étude portant sur les éditeurs de contenus numériques. Dans un paysage mouvant, où les acteurs d’aujourd’hui ne seront pas forcément ceux de demain, cette étude propose un focus sur les types d’acteurs et leurs stratégies, décrit les pratiques professionnelles issues du web, répertorie les modèles économiques expérimentés et met en lumière les évolutions du métier.

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La synthèse (en format PDF) est disponible : le MOTif 50 nuances web.

Elle recense les enjeux majeurs et les problématiques qui traversent l’étude.

Le co-publishing : entre édition et autoédition, une troisième voie ?

Qu’est-ce que le co-publishing ? 

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Depuis quelques temps, l’industrie de l’édition décide de capitaliser sur les bonnes pratiques de l’autoédition (ou auto-édition). Facilitée par la numérisation et de plus en plus répandue, elle consiste pour un auteur à prendre lui-même en charge l’édition de ses ouvrages, sans passer par l’intermédiaire d’une maison d’édition.

Grâce à des services d’impression ou de numérisation et diffusion en ligne, l’auteur peut produire un livre facilement et à moindre coût. De  nombreux sites proposent des services d’auto-publication, comme Lulu, une plateforme française « à l’américaine » de libre publication, d’impression et de vente de livres imprimés à la demande, ou encore Autres talents, un espace d’édition et d’impression en ligne, par exemple. Mais de grands acteurs du commerce électronique – le Kindle Direct Publishing (KDP) d’Amazon ou le Kobo Writing Life de la Fnac, par exemple – proposent également des services d’autoédition.

Partout dans le monde, de nombreux auteurs autoédités témoignent du succès de cette pratique :

  • Le français David Forrest, qui a vendu plus de 10 000 livres numériques auto-édités, a trouvé, avec la maison d’édition Meme Publishers, un accord d’édition et de traduction numérique à l’international en langues anglaise et italienne sur la nouvelle « Le Tunnel ».
  • L’américaine Amanda Hocking vend environ 100 000 exemplaires auto-édités par mois sur le Kindle Store (Amazon), variant en moyenne entre 0,99 et 3 $.
  • Kerry Wilkinson, un journaliste sportif britannique, est une des plus célèbres plumes autoédités du Royaume-Uni. En 2011, il annonçait avoir déjà vendu plus de 250 000 ebooks en six mois. Kerry Wilkinson a signé avec la maison d’édition Pan Macmillan.

Ces quelques exemples reflètent à juste titre l’intérêt grandissant des maisons d’édition traditionnelles à l’égard de ces pratiques d’autoédition de la part d’auteurs ayant atteint une forte notoriété via une autopromotion sur les réseaux sociaux.

Avant l’apparition des livres numériques, l’autoédition, qui pourrait englober l’édition traditionnelle et l’édition à compte d’auteur, avait une assez mauvaise réputation car elle était liée à un certain amateurisme. Le co-publishing, concept inventé par Marcello Vena, directeur du développement numérique chez RCS Libri, le co-publishing désigne un modèle économique qui repose sur une complémentarité entre le secteur traditionnel de l’édition et l’autoédition.

Un nouvel « objet-frontière » 

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La première expérimentation de co-publishing est l’opération You Crime, organisée sous forme d’un concours en juillet 2013 : des auteurs autoédités et de jeunes auteurs en devenir ont eu la possibilité d’être publiés en numérique par la maison d’édition Rizzoli. En contrepartie du travail d’édition, de production, de publication et de commercialisation des ebooks assurés par cette dernière, les auteurs sélectionnés ont été tenus d’assurer la promotion de leurs œuvres sur les plateformes d’autoédition et les réseaux sociaux. La démarche de You Crime  tient à une volonté d’optimiser les forces de l’édition traditionnelle et l’agilité de l’autoédition numérique.

Une démarche partagée 

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Si le concept du co-publishing est nouveau, cette démarche de co-promotion entre acteurs de l’édition et nouvelles plumes du numérique n’est pas nouvelle. De nombreux exemples, en France notamment, reprennent le même format et concept du concours de talents classiques et numériques :

  • Place des éditeurs (groupe Editis), en partenariat avec Kobo by Fnac dans le cadre de l’évènement Nos auteurs ont du talent, invitait les 200 000 lecteurs et passionnés de la Fnac à participer au concours se tenant du 15 juillet au 31 octobre 2013. Un concours traditionnel en somme, mais pas de livre papier ici, tout au format numérique.
  • Welovewords, une communauté d’auteurs-rédacteurs en ligne, qui peuvent proposer des publications lors d’opérations organisées par des éditeurs traditionnels : Harlequin HQN, Neowood Editions, Editions Intervalles, Edicool, etc.
  • Delitoon, le premier portail européen entièrement dédié à la bande dessinée digitale et un espace de repérage d’auteurs et lieu de découvertes pour les lecteurs.
  • Authonomy par Harper Collins, une plateforme communautaire d’auteurs qui met en relation lecteurs, auteurs et éditeurs.
  • Book Country par Penguin Random House, une communauté d’écrivains et plateforme de publication et de promotion en ligne.
  • Douban Read, une plateforme chinoise collaborative et conviviale, lancée en mai 2012 par Douban Book. Les lecteurs ont été invités, au cours de l’été 2013, à participer à un projet collaboratif pour traduire les histoires du romancier David Mitchell.
  • eYeka, une plateforme de rencontres entre créateurs et marques et de co-création, qui propose de générer de la promotion et de toucher le public le plus large possible via les réseaux sociaux.

Le co-publishing : une alternative économique viable ? 

Comment appliquer ce business model de co-publishing à différents genres et domaines littéraires ? Quelles sont les conséquences sur la littérature, sur la culture, sur la pratique même de l’écriture? La niche semble pourtant prometteuse : ce n’est pas un hasard si un des best-sellers de ces dernières années en Allemagne est un livre de cuisine, intitulé Vegan cooking. Autoédité chez l’allemand Books on Demand (BoD), leader européen de ce créneau, l’œuvre a été téléchargé près de 20 000 fois pour chacun de ses quatre volumes depuis 2009, puis vendu à 100 000 exemplaires par l’éditeur traditionnel BJVV.

Ce nouveau chemin éditorial à multiples facettes et ressources s’impose dans l’écosystème du livre, se traçant à mi-chemin entre acteurs traditionnels et autoédition numérique. A l’heure où les acteurs du numérique semblent causer préjudice aux éditions traditionnelles qui avaient jusque-là le monopole pour la « captation de talents », le co-publishing se propose comme une alternative bien pensée.

Pour aller plus loin…

Sur le co-publishing :

Now here is an expriment that looks like it worked and is worthy of replication, The Idea Logical Company, 31/10/2013

Co-publishing : the third way between traditional publishing and self publishing ?, Future Book, 21/10/2013

Book Country : developing authors and audiences, Forbes, 28/07/2013

Penguin’s Book Country to relaunch, The Bookseller, 23/07/2013

Concours d’écriture : Nos lecteurs ont du talent, Actualitté, 16/07/2013

Quelques plateformes de publication en ligne :

http://www.imprimermonlivre.com/

http://www.auto-edition.pro/

http://www.laboiteamots.eu/

http://www.jepublie.com/

http://autres-talents.fr/

A propos de l’autoédition :

L’auto édition : la fin du tabou, Le Huffington Post, 15/11/2013

Quand l’auto-édition bouscule l’édition traditionnelle, Le Figaro, 11/10/2013

Quand s’auto-éditer est plus intéressant qu’une offre d’Amazon Publishing, L’Express, 08/08/2013

La tendance croissante de l’auto-édition, Economie-numerique.net, 10/05/2013

Why self-publishing is no longer a vanity project, The Guardian, 26/08/2012

Kobo Writing Life : la plateforme d’auto-édition s’ouvre au public, Cnet France, 17/07/2012

L’auto-édition fait ses comptes, Blue Moon, 11/06/2012

How freemium self-published fiction is taking over China, Publishing Perspectives, 01/11/2011

Quelques réflexions sur l’auto-édition, Edicool, 17/06/2011

Au programme du Labo de l’édition :

Mardi 10 décembre 2013 (conférence en anglais)

– 19h : Présentation de Marcello Vena, directeur du développement numérique chez RCS Libri, un des plus grands groupes d’édition européens, basé à Milan, dont font partie les maisons d’éditions Rizzoli, Bimpiani et Fabbri Editori

– 19h30 : Echange avec Jean Arcache, Président-Directeur Général de Place des Editeurs

– 20h : Cocktail

L’offre couplée livre papier / numérique : une solution pour renforcer les ventes de livres papier ?

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Qu’est-ce qu’un « bundle »

Le bundle – qui signifie littéralement « paquet » – est une offre commerciale dite « offre couplée » qui propose des lots de livres papiers (donc physiques) et de livres numériques, ou bien des lots exclusivement numériques. Le principe est le suivant : l’achat d’un livre au format papier donne l’accès à la version numérique correspondante à un tarif très attractif. Plusieurs formats numériques sont proposés : PDF, ePub, html, ascm, lit, kepub, azw, tpz, mobi, lrx, etc. Plus besoin d’opérer un choix entre l’un ou l’autre des formats : l’achat d’une œuvre imprimé donne de plein droit accès à la version numérique de l’œuvre.

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Sommes-nous prêts à tourner la page ? 

Numilog, ePagine, Tea, Chapitre, LesLibraires.fr,… D’après le Syndicat de la Librairie Française, en France, plus de 200 librairies indépendantes – sur 25 000 points de vente en France – ont déjà une offre numérique dans leur catalogue. Mais le renouveau porte dans une nouvelle innovation : lorsque le libraire vend un livre papier, le consommateur reçoit un code de téléchargement qui va lui permettre de télécharger le livre numérique du même titre. La réussite de ce modèle d’application du bundle s’avère probante, permet de revaloriser l’offre numérique grâce à des prix attractifs. Leur intérêt intellectuel et commercial semble évident, comme le démontrent les quelques exemples suivants :

A l’étranger :

  • Lorsque l’éditeur américain Angry Robot a lancé en 2012 son offre couplée Clonefiles, une solution valorisant les librairies indépendantes, les ventes ont triplé.
  • Matchbook d’Amazon offre au lecteur – sur plus de 10 000 ouvrages – la possibilité d’obtenir la version numérique d’un livre acheté pour un coût se situant entre 0,99 et 2,99 $, voire gratuitement parfois. Amazon vient d’ailleurs de lancer une offre papier + numérique « All Access » pour les magazines, en test pour l’instant avec l’éditeur Condé Nast (qui propose entre autres les magazines Vogue, Glamour, Vanity Fair ou encore WIRED).
  • Story Bundle regroupe dans un « bundle » cinq titres auto-publiés aux formats mobi et ePub, les lecteurs achètent au prix qu’ils estiment juste le lot en question, avec un minimum de 1$. Lorsque le lecteur décide de donner plus de 7 $ pour ce pack de livres, il reçoit deux livres en bonus.
  • L’éditeur Macmillan a également tenté l’expérience des livres numériques en bundle en proposant des lots de deux ou trois ouvrages du même auteur pour un prix allant de 13,99 $ à 15,99 $.
  • BitLit est une application et plateforme canadienne qui propose aux lecteurs qui se sont procurés la version papier d’un livre d’obtenir – grâce à une reconnaissance photographique de la couverture du livre – un lien vers la version numérique.

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 En France :

  • Le site Paperus s’associe à des éditeurs indépendants et permets aux librairies indépendantes de mettre en place un système s’accès à la version numérique en passant par leur logiciel de caisse pour 1 € de plus. Gallimard, Fleurus et Eyrolles ont déjà signé et le catalogue du logiciel dénombre déjà plus de 150 titres. D’ici la fin de l’année en cours,  le catalogue devrait compter près de 5000 sont prévus pour fin 2013. Un « ++ Paperus », c’est un livre imprimé plus sa version numérique dématérialisée plus des objets numériques complémentaires : une version annotable, des vidéos, des web applications, des liens hypertextes. Les éditions Eyrolles proposent d’ores-et-déjà près de 1300 offres couplées papier/numérique sur leur site, dans un format PDF et ePub.
  • On se souvient des éditions Dialogues de Charles Kermarec qui proposaient un QR Code à la fin de chaque livre permettant d’accéder à sa version numérique.
  • La plus chaîne américaine de librairies, Barnes & Nobles, offrait dès 2010 la possibilité d’acheter une version papier mêlée à une version numérique sur son catalogue.
  • Les éditions ENI proposent des bundles sur une gamme de livres de formations et supports de cours de e-learning, avec la possibilité pour le lecteur de créer des notes et signets personnels.
  • Le livrescolaire.fr, un éditeur indépendant qui élabore des manuels scolaires collaboratifs, aux formats numériques et papier, proposent aux collèges de pouvoir bénéficier de 16 manuels dans une offre couplée, dans laquelle le livre papier est moins cher (5 à 12  € au lieu de 20 € précédemment), et où il est possible de télécharger pour 1,50 € par élève la version numérique, utilisable sur tablette.
  • Publie.papier, suite logique de la coopérative Publie.net (partenaire de Hachette Livre), offre à la fin de chaque livre un code permettant de télécharger la version numérique de l’ouvrage sur le site, selon une procédure très simple.

Le bundle, une bonne affaire ? 

Quel modèle économique convient-il de choisir pour le bundle ? Y voit-on une bonne occasion ou une perte d’argent ? Est-ce une voie intéressante pour les éditeurs afin de promouvoir leurs livres numériques et de recruter de nouveaux lecteurs ? Est-ce possible pour les librairies d’offrir, sur le plan logistique, le même type de service aux lecteurs ?

La vente couplée semble une manière intelligente de s’adapter au numérique et d’en faire simplement une raison de plus d’acheter un livre. Du point des usages, le concept est intéressant : par exemple, un proche du client pourrait profiter de cette version numérique lors de l’achat du livre papier. Peut-être même qu’il pourrait découvrir par lui-même ce qu’est un livre numérique grâce à cette approche. Amazon passe des partenariats avec de nombreux auteurs, et semble convaincre avec un modèle économique qui permet d’obtenir de nouveaux revenus qu’il n’aurait pas autrement, puisque peu d’utilisateurs sont prêts à payer deux fois pour le même ouvrage.

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Malgré une demande de plus en plus nombreuse du côté des lecteurs, les difficultés économiques et juridiques sont bien présentes. Au cours du mois de septembre, le député de Lozère Pierre Morel-A-L’Huissier a d’ailleurs sollicité le ministère de la Culture dans un communiqué qui laisse sous-entendre que toute offre couplée serait illégale.

En France, il n’y a pas de Kindle Matchbook, car le modèle rentre a priori en conflit avec la loi sur le prix unique du livre numérique. Celle-ci permet aux éditeurs de fixer un prix de vente des livres papier, détermine un prix fixe sur les ebooks et interdit de faire la moindre remise. Pour lire en version numérique l’ouvrage acheté en papier, il faudrait donc payer le prix fort, que l’on ait ou non déjà acheté la version papier. Seul un assouplissement de la loi permettrait de profiter de ce type d’offre. Les éditeurs, qui ont apprécié cette protection au début, risquent ainsi de passer à côté de revenus supplémentaires à l’ère du numérique en s’adaptant à ces nouveaux modèles économiques.

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Dans ce cas de figure, où est-ce que Fleurus – parmi tant d’autres – a donc mis les pieds ? Est-ce une contradiction directe avec la future loi – qui n’est pour l’heure pas encore mise en application, aussi l’éditeur est-il tranquille – ou une démonstration des limites commerciales qu’elle impose ? Qu’en sera-t-il lorsque la loi sera mise en place : la vente couplée sera-t-elle interdite par les décrets ?

Pour aller plus loin…

Sur l’offre couplée papier/numérique :

A quand une véritable offre papier + numérique pour les ebooks ?, Cnet France, 19/06/2013

La question du mois : pourquoi ne peut-on pas vendre des versions couplées papier et numérique de tous les livres ?, Lettres Numériques, 10/06/2013

L’Humble eBook Bunble : réinventer la promotion du livre numérique, Le Monde du Livre, 13/01/2013

Bundle de lecture papier et ebook : sommes-nous prêts ?Actualitté, 07/02/2012

Quelques exemples de bundles :

Kindle Matchbook : lancement officiel du nouveau service Amazon, Cnet France, 30/10/2013

Offre couplée livre papier et ebook chez Eyrolles, Gallimard et Fleurus, Actualitté, 21/03/2013

Vendre son pack d’ebooks avec Ganxy, pour décrocher le gros lot, Actualitté, 13/12/2012

Clonefiles à la rescousse de la librairie indépendante, Actualitté, 10/08/2012

Publie.papier : et les livres de Publie.net se firent chair, Actualitte, 27/06/2012

Amazon m’a tuer, Libération, 13/09/2011

Barnes & Noble to Test Bundling e-Books, p-Books, Publishers Weekly, 04/03/2010

Pragprog : The Pragmatic Bookshelf, une maison d’édition spécialisée en développement informatique, sans DRM.

A Book Apart, éditeur de court ouvrages sur le web design.

StoryBundle, maison d’édition indépendante qui propose la vente d’œuvres groupées au tarif choisi par l’internaute.

HumbleBundle est un service d’offres couplées qui réunit les jeux de stratégie de Sid Meier et s’engage à reverser une partie du prix fixé par l’internaute à des associations caritatives.

Aerbook permet de télécharger et mettre en vente ses livres en édition numérique et papier sur les réseaux sociaux. L’achat est encouragé par une visualisation du livre, qui peut être mis en vente sous différents formats, avec ou sans DRM.

Sur Paperus :

Paperus : offre couplée (papier et numérique), Aldus, 21/03/2013

Sur BitLit :

Twitter interview with Peter Hudson of BitLit, FutureBook, 11/05/2013

Sur le plan juridique :

La vente couplée papier et numérique illégale selon le droit français, Actualitté, 26/09/2013

Kindle Matchbook, une copie numérique de vos livres papier pour moins de 3 euros, Cnet France, 05/09/2013

Sur le modèle économique :

Education numérique : un modèle économique pour baisser le prix des ebooks, Idboox, 14/06/2013

Au programme du Labo de l’édition :

Jeudi 21 novembre, à 18 h 30 : table-ronde autour des offres couplées papier / numérique (entrée libre)

Avec :

–          Florian Olivier-Koehret – PDG de Paperus

–          Hervé Bienvault – Chargé de mission aux questions numériques, Syndicat de la Librairie Française

–          Isabelle Sivan – avocate à la Cour, spécialiste de propriété intellectuelle

–          Anne de Lilliac – développement numérique aux éditions Fleurus

Modéré par : Aurélia Cimelière et Isabelle Calvi – Association des professionnels de l’édition (APE)

Editer des contenus numériques : lancement d’une étude avec le MOTif

Qui sont les éditeurs des contenus numériques aujourd’hui, de quelles pratiques issues du web sont-ils les vecteurs, quelles sont les nouvelles compétences-métier qui apparaissent? De la version adaptée pour le numérique au « digital only » ou au « digital first », de l’ebook aux applis, de quelles créations parle-t-on  et sur quels modèles économiques reposent-elles ?

Le Labo de l’édition se joint au MOTif pour lancer une étude sur le sujet.

Un questionnaire sera bientôt envoyé à plus de 1500 maisons d’édition et acteurs pure players.

Stay tuned !

L’écriture agile : état de l’art des dispositifs d’écriture collaborative en ligne

Du 26 au 30 octobre, le Labo de l’Edition accueille un « libérathon » – une contraction francisée du « BookSprint » issue du latin liber et de « marathon » – de dix participants encadrés par Elisa Godoy de Castro Guerra, présidente de Floss Manuals« Nous avons choisi les rédacteurs, qu’ils soient intermédiaires ou débutants, selon plusieurs critères, nous confie-t-elle. A savoir : leur disponibilité, leur volontariat, leur expertise, et leurs compétences en pédagogie, en collaboration et en écriture rapide »L’événement est soutenu par l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) : « Ils nous soutiennent régulièrement sur des actions très ponctuelles depuis la création de notre association », précise Elisa.

Leur mission : rédiger et mettre en forme et en ligne un livre consacré au projet Sésamath, une association de professeurs de mathématiques qui créent des ressources libres et gratuites pour l’enseignement. Cinq jours d’intense collaboration à l’issue desquels l’ouvrage sera publié sous format ePub sous licence Creative Commons sur la plateforme de co-création et publication Floss Manuals.

Qu’est-ce qu’un « BookSprint » ?

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Il s’agit d’une session d’écriture collaborative et intensive qui a pour objectif de faire naître un livre publiable. Le concept du « BookSprint » est un format innovant basé sur le Code Sprints, mais en mettant l’accent sur la production de documents au lieu de code. Un groupe d’auteurs, d’éditeurs, d’artistes, de formateurs se rassemblent autour d’un objectif défini, dans un temps limité, souvent dirigés par un coach ou un facilitateur. Ce dernier doit synchroniser le travail de chacun, partager une vision de fond, s’accorder sur un style pour que l’ensemble soit homogène.

A nous, la liberté !

Floss Manuals est une association et un éditeur indépendant qui publie des livres sous licences libres sur le logiciel libre, la culture libre et le matériel libre et ouvert en favorisant la création et la traduction de livres collaboratifs. S’appuyant sur des auteurs, éditeurs, artistes, développeurs de logiciels et activistes, ces livres sont consultables librement en différents formats : pages web, pdf et ePub. La plate-forme de Floss Manuals, surnommée « booki », permet une collaboration fluide avec des auteurs locaux et distants.

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Un business model singulier

L’association n’a pas de revenus fixes, ni de salariés, mais des coûts fixes d’hébergement du serveur et d’impression des livres. A chaque projet de libérathon, Floss Manuals cherche des subventions pour rémunérer ses rédacteurs selon la durée de l’expérience. Leur concept est simple : le développement agile.

LA philosophie agile, késako ?

  • L’adaptation prime sur la prédiction.
  • La collaboration prime sur la documentation.
  • Le feedback continu prime sur les bilans périodiques.
  • La généralisation prime sur la spécialisation.

Il s’agit d’une méthode d’ingénierie utilisée pour développer des produits (matériel informatique, logiciels ou services) de manière itérative, incrémentale et avec souplesse afin de prendre en compte les réactions des clients. Cette méthode s’appuie sur un principe particulier : les besoins du client et les spécificités du produit final ne peuvent pas être intégralement définis au préalable.

L’ère de l’effervescence collaborative

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Une  collaboration intelligente, puisque le contenu proposé par les neuf rédacteurs à l’issue de ces cinq jours pourra être constamment mise à jour dès sa mise en ligne. Cette aventure collective n’est pas un cas isolé dans la vague actuelle d’évènements de co-création qui ont déjà adopté l’usage de dispositifs d’écriture collaborative en ligne.

Quelques exemples de plateformes et logiciels de collaboration en ligne :

  • Framapad, un éditeur de textes collaboratifs en ligne qui met à disposition un « pad »framapad.org
  • Webook, une communauté virtuelle qui fait émerger de nouveaux talents – www.webook.com
  • Gobby, une interface d’édition collaborative et libre – gobby.0x539.de/trac
  • MoonEdit, un éditeur de textes collaboratifs et une plate-forme de partage en temps réel – moonedit.com
  • CoEdit, un outil collaboratif d’édition et de codage en ligne – coedit.me
  • Open Atrium, une plate-forme communautaire en ligne – openatrium.com
  • Rypple, une plate-forme de cloud computing utilisée dans le social managementwork.com, etc.

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Ces différentes pratiques, souvent issues de la culture des hackers, s‘illustrent dans divers domaines et se réalisent à travers de nombreux évènements :

1) Les « hackatons » (de « hack » et « marathon ») : les développeurs se réunissent pour faire de la programmation informatique collaborative sur plusieurs jours. Exemple : le Hackaton Dataculture, dédié à l’usage des données publiques culturelles numériques, est organisé par le ministère de la Culture et de la Communication du 25 au 27 octobre 2013 – hackdataculture.eventbrite.fr

2) La rédaction collective d’ouvrages scientifiques. Exemple : Les THATCamp – The Humanities and Technology Camp – sont des rencontres-ateliers qui, en s’alignant sur la méthode et l’esprit du « BookSprint », permettent aux acteurs de la recherche en sciences humaines et sociales utilisant les technologies numériques de partager informations, idées, solutions et savoir-faire autour de leurs pratiques – tcp.hypotheses.org

3) La création collective de littérature numérique. Exemple : Le projet « vases communicants » à l’initiative  de Tiers Livre (http://www.tierslivre.net) et de Scriptopolis (http://www.scriptopolis.fr) où le premier vendredi du mois, chacun écrit sur le blog d’un autre. Cette circulation horizontale permet de produire des liens autrement –www.facebook.com/groups/104893605886

Vers une culture « lean » de l’édition ?    

Avec cette expérience de libérathon, nous pouvons donc nous interroger sur la manière dont les professionnels du livre peuvent s’inspirer de cette méthode d’écriture agile. Le paradoxe est là : parvenir à réunir un groupe d’individus sur quelques jours, c’est-à-dire consolider un lien social, à travers une expérience réelle, physique et éphémère, visant à produire un produit fini et éternel grâce aux technologies numériques innovantes. Reste à voir si la « culture lean » est facilement applicable à tous les modes d’écriture et de pensée.

A vos marques, prêts,… libérathonez !

Pour aller plus loin…

Sur le « BookSprint » :

www.sesamath.net / lelivrescolaire.fr / www.barreverte.fr/ecrire-un-livre-en-5-jours-definir-le-concept / base.d-p-h.info/fr/fiches/dph/fiche-dph-8220.html / leanovation.org/2012/12/07/rupture-douce-le-livre-de-nos-histoires-agile-de-lannee

Sur la création littéraire collaborative :

paragraphe.info / petiteracine.net / studio-alterego.blogspot.fr / www.utc.fr/~bouchard/assun

Sur les modèles économiques pour l’écriture collaborative et la « culture lean » :

agilemanifesto.org/iso/fr / leanovation.org

Au programme du Labo de l’Edition :

Du 26 au 30 octobre 2013 : 5 jours de sprint d’écriture

Mercredi 30 octobre 2013, à 18 heures : présentation et discussion autour du libérathon, (ouvert à tous).