Archives pour la catégorie Veille

Le blog du Labo déménage sur www.labodeledition.com

Labo de l’éditon sur
www.labodeledition.com

 

Depuis le mois de décembre 2015, le Labo de l’édition dispose d’un nouveau site web où sont regroupés les news de l’incubateur, l’agenda des évènements ainsi que les contenus du blog !

A partir de maintenant, pour lire nos articles sur l’édition numérique, les médias, le transmédia, l’éducation, la librairie et bien d’autres sujets, rendez-vous sur www.labodeledition.com !

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La veille du Labo de l’édition #11 : en brèves

La veille du Labo de l’édition vous informe des innovations et analyses les plus marquantes dans le secteur de l’édition et des médias grâce à une sélection de contenus (articles et ressources) qui enrichissent votre regard sur les mutations numériques.

Edition numérique


Tolino Books contre le monopole d’Amazon
quid des auteurs ?

Espoir florissant d’une alternative européenne crédible à Amazon, Tolino a récemment mis en avant un avantage concurrentiel face au géant américain avec la distribution des Tolino Books en librairie. Largement commentée dans le milieu de l’édition numérique, la nouvelle a notamment fait l’objet d’un article sur Actualitté qui retrace l’évolution de la marque allemande depuis 2014 : après avoir dépassé Amazon en parts de marché sur la vente de livres numériques, cette dernière avait ouvert les bras aux auteurs indépendants en lançant à l’instar de sa concurrente outre-atlantique une plateforme d’autoédition ainsi qu’un service d’impression à la demande.

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De nouveau calquée sur l’offre de la multinationale, l’initiative prise avec les Tolino Books révèle la valeur ajoutée du consortium : alors qu’Amazon reste exclu des librairies physiques du fait de sa mauvaise réputation, Tolino rassemble de nombreuses forces allemandes (Thalia, Hugendubel, Weltbild, Mayersche et Osiander) qui lui confèrent une place de choix sur le marché du livre européen.

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Dans un article du Digital Reader, Nate Hoffelder aborde cependant la question sous un autre angle et pose le problème de la place accordée aux auteurs indépendants dans cette confrontation. En effet, les dix livres sélectionnés pour être distribués en rayon des librairies sont réédités sous l’empreinte de Tolino, avec une nouvelle couverture designée par un graphiste. Une démarche qui, selon Hoffelder, illustrerait une certaine condescendance à l’égard des autoédités. Il dénonce également une imposture : la société allemande s’attribuerait le mérite de ces titres autopubliés dont l’édition est le fruit du seul travail des auteurs.

Recommandation : Big Data et sentiments

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Alors que nous avions interrogé en 2014 la technologie de la prescription, une nouvelle solution de recommandation a récemment vu le jour avec la société espagnole Tekstum, spécialisée dans l’analyse des données de lecture. Actualitté s’est penché sur ce projet lancé à Barcelone en avril 2015. L’entreprise entend réunir les Big Data, l’intelligence artificielle et la culture afin de créer une base de donnée qualitative applicable à l’industrie du livre. Un algorithme parcourrait alors les critiques et les commentaires à travers Amazon, Goodreads, Twitter, Facebook et les blogs de lecteurs afin de traiter le langage pour en synthétiser les « sentiments » des lecteurs.

Médias


L’innovation dans la presse par Google : extension du FINP

Google développe actuellement une structure d’aides à la presse numérique au niveau européen, extension du « Fonds Google » français (FINP). La concurrence accrue entre les « géants du web » pour séduire les médias intensifierait-elle l’attention portée aux éditeurs de presse ?

MarketingLand.com
MarketingLand.com

Comme le note un article de Satellinet, le programme de la Digital News Initiative comprend trois axes cruciaux. Le premier est le « dialogue produit », un comité de réflexion avec les éditeurs autour de la conception de nouveaux outils digitaux. Google y a notamment dévoilé mi-octobre Accelerated Mobile Pages, un outil mis à disposition des éditeurs pour faciliter la consultation de leurs contenus sur mobile. Le second est le « NewsLab », un cycle de formations gratuites aux journalistes et aux rédactions pour les familiariser aux nouvelles technologies numériques, notamment celles de Google… Le troisième est un fonds européen doté de 150 millions d’euros sur trois ans, dirigé par Ludovic Blecher. Ce dernier illustre dans un communiqué l’ambition au cœur du projet : « encourager de nouvelles réflexions sur la façon de penser la production de l’information à travers tout l’écosystème afin que les éditeurs de presse de toutes tailles aient les cartes en main pour expérimenter ».

Education


« Learning games » à la Paris Games Week

dragonDu 28 octobre au 1er novembre, le Hall Junior de la Paris Games Week accueille un espace dédié à la famille connectée géré par La Souris Grise, avec sept éditeurs d’applications indépendants qui présentent l’offre numérique jeunesse. Au sein de ce stand mêlant le livre, les jeux et l’apprentissage, certaines sociétés approchent le learning game. C’est le cas de We want to know avec Numbers de la Dragonbox 2, une application ludique pour former et entraîner l’esprit des enfants aux mathématiques. La Smart Academy développe Memo Flash, une méthode d’apprentissage à base de cartes numériques adaptée à tous les âges (élèves de primaire ou étudiants) et à tous les domaines. Son fondateur Nicolas Lehovetzki vise aussi bien les acteurs de l’édition scolaire traditionnelle que les écoles, s’impliquant pleinement dans les problématiques qui incombent à la pédagogie aujourd’hui : l’équipement des classes, la formation numérique des professeurs ou encore l’optimisation des capacités des élèves…

Librairie


Les librairies du 21e siècle, entre papier et numérique

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Idboox s’est récemment intéressé aux nouveaux concepts de librairies physiques qui émergent à l’heure de la transformation numérique. The Writer’s Block, la seule et unique librairie de Las Vegas, a ouvert il y a peu sous l’impulsion des habitants désireux de renouveler l’image de la ville et d’y créer un lieu de rendez-vous pour les amateurs de culture et de lecture. Plus qu’une librairie, il s’agit d’un univers où convergent les besoins et les rêves liés à l’univers du livre. Les services proposés vont de la salle de lecture à l’atelier d’écriture, sans oublier le coin dédié aux enfants. Les écrivains indépendants peuvent quant à eux faire appel aux libraires pour imprimer leurs titres grâce à la Espresso Book Machine (appareil permettant d’imprimer des livres à partir du numérique à la demande). Enfin, un espace dédié à la reliure remonte à la racine de la fabrication des ouvrages.

cccP.J. Boox, une librairie physique dédiée spécifiquement aux auteurs indépendants et aux petits éditeurs vient d’ouvrir en Floride (USA). Le concept a été créé à l’été 2015 par l’auteure et illustratrice indépendante Patti Brassard Jefferson. Son expérience en tant que membre de la Florida Authors and Publishers Association lui a permis de constater une véritable demande, à laquelle répond un concept assez innovant. La librairie propose en effet aux écrivains de louer des rayonnages de sa librairie pour exposer et vendre les livres publiés, note Elisabeth Sutton.

TheBookSeller.com
TheBookSeller.com

Enfin, l’ouverture à Birmingham de la nouvelle librairie de la chaîne indépendante Foyles a fait l’objet d’une large couverture médiatique. Comme le relève The Digital Book World, l’endroit est décrit par son directeur financier comme un espace de vente où « le physique rencontre le numérique » (« where physical meets digital »). Au cœur de la vision du projet, le public familial bénéficie au sein de cette boutique d’un enrichissement numérique considérable : via des podcasts visuels diffusés dans le magasin, les visiteurs peuvent voir et entendre leurs auteurs préférés lire des passages de leurs best-sellers. Un équipement en tablettes permet aussi de favoriser le service client.

L’édition participative, nouvelle tendance des librairies indépendantes ?

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Le site d’édition participative Inkshares a récemment suggéré un usage créatif de sa plateforme aux librairies indépendantes : publier leur propre anthologie grâce au crowdfunfing. Publishing perspectives a dédié un article à la tendance, s’intéressant particulièrement au cas de Papercuts J.P, Basée à Boston, la librairie a célébré son premier anniversaire en publiant grâce à la communauté d’Inkshares un recueil de tous les auteurs ayant visité les lieux depuis sa création. L’idée était d’offrir à sa communauté une véritable trace des auteurs, plus durable que celle des événements et des rencontres organisées. La propriétaire, Kate Layte, relève l’intérêt de remettre la réalisation de ce type d’initiative entre les mains des lecteurs: il s’agit d’établir une connexion plus forte entre les auteurs, les librairies et les communautés locales.

Design / Innovations


Colorier en réalité augmentée

Le Disney Research Lab a récemment annoncé le lancement d’une nouvelle technologie de réalité augmentée qui permet de donner vie aux coloriages. A cette occasion, The Digital Reader fait un point sur les développements du secteur. La marque de crayons Crayola propose depuis début 2015 la collection Colour Alive, des livres de coloriages équipés d’une application pour smartphone ou tablette permettant de faire surgir les personnages imaginaires de la page en 2D. Disney va plus loin en ajoutant au processus la notion d’instantanéité qui accentue l’effet de réalité et permet aux enfants de mieux travailler la perspective. Dans son article sur le sujet, Idboox cite l’application « Cahier de Dessin Animé » de Claire Faÿ et Pierrick Chabi qui avaient déjà pris le tournant en passant de la 2D à la 3D. Selon Disney Research, la réalité augmentée détiendrait un potentiel exceptionnel, celui de construire un pont entre les activités du monde réel et les développements numériques.

Le livre du mois


Que voit-on quand on lit ? de Peter Mendelsund

Publié aux Etats-Unis en août 2014, l’ouvrage du designer de couvertures Peter Mendelsund What we see when we read avait été dûment consacré « meilleur livre de l’année » par Kirkus et le San Fransisco Chronicle. Sa traduction française par Odile Demange vient de paraître aux éditions Laffont. L’ouvrage est une fine analyse de nos imaginations de lecteurs et une plaisante méditation sur le pouvoir évocateur des textes. Avec le design subtile qu’on lui connaît, Peter Mendelsund illustre tout au long de l’ouvrage les mécanismes de l’esprit humain durant l’acte de lecture, fondant les mots dans les images, et inversement. Une fourmilière d’idées sur les possibilités d’expériences de lecture pour les acteurs de l’innovation dans le secteur de l’édition.

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La veille du Labo de l’édition #10 : En brèves

La veille du Labo de l’édition vous informe des innovations et analyses les plus marquantes dans le secteur de l’édition et des médias grâce à une sélection de contenus (articles et ressources) qui enrichissent votre regard sur les mutations numériques.
Edition

Succès de l’édition participative

Alors que nous avions interrogé le rapport entre édition et crowdfunding lors d’une rencontre entre auteurs et le site Ulule en janvier 2014, celui-ci rencontre un succès croissant à l’étranger, relève le Guardian. Sur la plateforme Kickstarter, les projets d’édition se multiplient, allant jusqu’à l’exclusivité d’une parution pour le dernier ouvrage d’Eric Ries, The Leader’s Guide. Une liste de dix projets – en campagne ou fondés – donne à voir une forte diversité éditoriale, depuis les Little Free Libraries jusqu’à la version illustrée de Don Quichotte. Auteurs indépendants ou éditeurs, livres papiers ou projets numérique, le financement participatif s’impose de plus en plus comme une voie d’accès vers la création et la mobilisation d’un lectorat. Pour autant, les projets d’édition en crowdfunding dépendent en majeure partie de l’investissement humain des auteurs et éditeurs.

A mi-chemin entre plateforme de financement participatif et éditeur, la startup française le cercle de Fred, qui s’est lancée début juin, propose un modèle hybride intéressant, note Actualitté. Les services de correction, diffusion et distribution proposés aux auteurs qui y lancent leurs campagnes compensent la fraiche arrivée du service sur un marché installé, pariant sur la curiosité du public pour des  projets éditoriaux originaux, en papier ou numérique.

Le pay-per-page d’Amazon, future mesure de la lecture numérique ?

https://i2.wp.com/cdni.wired.co.uk/620x413/o_r/pageturning.jpgL’annonce du changement de modèle d’affaires de Kindle Direct Publishing (KDP), la plateforme d’autoédition d’Amazon, vers une rémunération a la page lue, et non plus a la vente ou la location d’un ouvrage dans sa totalité, a été largement commentée par le milieu de l’édition numérique. Dans un billet exploratoire, Olivier Ertzscheid envisage les bouleversements qu’un tel modèle peut avoir sur la chaine du livre : de la désintermédiation par la promesse de gains nouveaux, à une narration du rebondissement pour tenir les lecteurs en alerte. Il s’agit d’une métamorphose attendue, dans la lignée d’autres modèles établis qui réduisent les biens culturels à une unité monétisable et aplanissent la relation entre créateur et consommateur.

Pourquoi pirate-t-on des livres ?

Le rédacteur en chef de Good e-Reader, Michael Kozlowski, dresse le bilan comparé du piratage de livres numériques, entre Asie et Europe, et propose des cas d’usages, illustratifs des limitations de l’offre légale actuelle. A ce sujet, les résultats du sondage mené par MonBestSeller sur les usages des DRM pour les auteurs et lecteurs éclairent l’absence de solution idéale, le watermarking restant une bonne alternative possible.

Les ebooks changent de look

Google et Amazon déploient leurs nouvelles typographies, Literata et Bookerly, sur Google Play Books et Kindle Paperwhite.  Toutes deux ont été conçues pour les e-books et promettent une optimisation et un confort de lecture nouveau, détaille le Wall Street Journal.

Journalisme

Google, Twitter, Buzzfeed : vers un age d’or des labs d’infos ?

Le mois de juin a été stratégique pour les acteurs du Web qui ont dévoilé leurs derniers projets de r&d autour de la curation d’actualite sur leurs plateformes. Selon Buzzfeed, la nouvelle fonctionnalite de Twitter prevue pour la fin d’annee, Project Lightning, reposera sur l’analyse de tweets autour d’un evenement cle – d’une catastrophe naturelle aux Oscars (sic) – pour filtrer et mettre en avant les contenus les plus pertinents. Des collections ephemeres presentes sur un fil dedie et concues par une equipe de moderateurs internes seront proposees aux utilisateurs, renforcant encore la curation permise par les hashtags. De son cote, Google a lance fin juin son News Lab, une plateforme d’outils mis au service des médias pour renforcer l’innovation journalistique. Le géant s’associe à plusieurs acteurs dont la startup Storyful, présentée comme une agence de presse spécialisee dans la curation de videos YouTube, et lance le service d’authentification et de reporting, YouTube Newswire.

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Entre valorisation du Big Data et injonction au storytelling, la guerre du contenu semble désormais se jouer dans ces laboratoires d’innovation médiatique qui se proposent d’accompagner les entreprises de médias dans des processus d’expérimentation reliés aux outils technologiques. Ainsi, le fondateur de BuzzFeed Jonah Peretti envisage dans son appel a candidature pour le récent « BuzzFeed Open Lab for Journalism Technology and the Arts » le futur de l’information par la maitrise des drones et de la réalité virtuelle. Une approche que l’on retrouve aussi au TIME Labs, le projet de journalisme interactif du magazine centré sur l’analyse de données.

S’immerger dans l’actualité, sans danger ?

De cette évolution découlent de nombreuses problématiques liées aux usages des médias, notamment du journalisme immersif (en réalité virtuelle).

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Les professionnels s’interrogent ainsi sur les implications éthiques de l’immersion pour traiter de sujets tels que la guerre, comme le fait Nonny de la Peña avec Project Syria, ou les protestations civiles comme pour Hong Kong Unrest du studio Immersiv.ly. La recréation en images de synthèse de situations réelles permettrait pour ces acteurs de favoriser l’empathie des citoyens pour des sujets de crise, utilisant la réalité virtuelle pour sensibiliser plutôt que pour divertir. Une ambition a interroger en suivant de près ces nouvelles pratiques et leur réception.

Expérimentation

Capture d’écran 2015-07-07 à 12.26.55Poetry For Robots est une initiative de l’Université d’Arizona, soutenue par Neologic et Webvisions, pour inculquer aux robots l’art de la métaphore. En enrichissant les métadonnées qui nourrissent l’intelligence artificielle des moteurs de recherche, l’équipe en charge du projet souhaite faire entrer la poésie dans la pensée algorithmique. Avec pour première étape le crowdsourcing de poésies associées à des images, le projet a pour but d’imaginer un robot capable de comprendre et de créer des liens métaphoriques. A lire sur Actualitté et Motherboard.

La veille du Labo de l’édition #9 : En brèves

La veille du Labo de l’édition vous informe des innovations et analyses les plus marquantes dans le secteur de l’édition et des médias grâce à une sélection de contenus (articles et ressources) qui enrichissent votre regard sur les mutations numériques.

L’édition numérique iranienne, alternative à la censure

La Foire Internationale du Livre de Téhéran en 2012
La Foire Internationale du Livre de Téhéran en 2012 – Wikicommons

A l’occasion de la 28ème édition de la Foire Internationale du Livre de Téhéran, Le Guardian s’intéresse aux acteurs de l’édition numérique indépendante, qui contournent la censure imposée aux publications papier. Parmi eux, Nogaam ou H&S Media se présentent comme des alternatives pour les auteurs iraniens dont les ouvrages sont interdits de publication. Les deux entreprises reposent sur des modèles innovants, le premier propose une compensation participative à l’auteur dont le titre est disponible gratuitement dès la somme atteinte; le second en offrant la possibilité aux lecteurs d’accéder librement à l’ebook après avoir fait un don à une organisation caritative pour le montant du prix du titre. L’accès à Internet en Iran permet l’essor de l’auto-publication, dont certains livres atteignent les 10 000 ventes, et le marché de l’édition numérique est en croissance, révèle l’étude interactive Writer’s Block de Small Media publiée en mai 2015.

Pour repenser l’infrastructure web des maisons d’édition

Dans un marché aussi récent et effervescent que celui de l’édition numérique, des outils/plateformes/logiciels naissent chaque jour sur la promesse de faciliter le travail et la transition numérique des éditeurs. Cependant, ces entreprises fonctionnent de manière indépendante, offrant une solution calibrée pour un besoin spécifique de la chaîne de production de livres (print ou web). Comment dès lors s’assurer que ces nouveaux services peuvent s’intégrer dans un écosystème informatique existant ? Emma Barnes soulève cette question au demeurant pertinente et promeut ainsi Biblicloud, un outil de gestion et de publication tout-en-un, lauréat en 2013 du Prix de l’Innovation Technique de Futurebook. Son analyse recoupe ainsi celle de Laura Brady, qui encourage les éditeurs à impliquer leurs équipes techniques en amont du processus de publication.

Quelle critique culturelle à l’heure du numérique ?

Le Walker Art Center de Minneapolis s’empare de cette question en organisant un cycle de conférence du 28 au 30 mai 2015 intitulé Superscript. superscript2015_fulltitle_graphicLa légitimité des médias et critiques traditionnels, leur capacité à construire la réputation des artistes et à promouvoir leurs œuvres font l’objet de discussions menées par des journalistes, écrivains et universitaires. Représentants de médias numériques en vue, Ryan Schreiber, fondateur de Pitchfork ; Ayesha Siddiqi, rédacteur en chef de The New Inquiry ; ou encore Isaac Fitzgerald, rédacteur à BuzzFeed Books y soutiennent leurs points de vue sur l’éthique, la crédibilité ou l’interaction sociale de la critique numérique. Le blog Superscript Reader regroupe les échanges, à découvrir en vidéos ou compte-rendus.

État de l’art des médias pure-players aux US

Michael Massing entame sur The New York Review of Books une trilogie journalistique autour des médias numériques américains. Dans un premier article, il s’interroge sur le destin d’acteurs majeurs de l’actualité politique sur le Web, le Huffington Post, Politico et ProPublica. Leurs modèles, réussites et échecs sont passés au crible pour mieux mesurer l’importance et l’originalité de ces nouvelles sources d’information. Quel rôle doivent jouer les médias numériques et comment la technologie peut-elle réellement bouleverser l’exercice du journalisme ?

L’éducation face à son destin numérique

AltschoolL’échec retentissant de l’accord entre Apple, l’éditeur Pearson et le district éducatif de Los Angeles compromet l’avenir de la e-éducation, annonce Wired. Accusé d’avoir illégalement favorisé les deux firmes dans un appel d’offres pour fournir à tous les élèves des tablettes, le district de Los Angeles est encore plus vivement condamné pour la qualité médiocre du contenu éducatif pré-chargé sur les appareils fourni par Pearson. Comme souvent l’attrait de la technologie a supplanté la réflexion à long terme sur les bénéfices d’intégrer les outils numériques à l’école. Pourtant la « edtech » gagne déjà du terrain en Silicon Valley, avec le modèle expérimental de Alt School, une école « Montessori 2.0 » où développeurs et enseignants travaillent main dans la main pour former la tech elite à coups d’algorithmes de gestion et de recommandation.

L’art de la copie littérale, et littéraire

Jan 9, 2009 - Kenneth Goldsmith by his exhibition at Mercer Union. Photo: Charla Jones/Globe and Mail
Jan 9, 2009 – Kenneth Goldsmith by his exhibition at Mercer Union. Photo: Charla Jones/Globe and Mail

A l’occasion de son passage à Paris, la journaliste Claire Richard dresse le portrait d’un « instrument de traitement de texte » bien à part, l’auteur et poète Kenneth Goldsmith. Professeur « d’écriture non-créative », résident du MoMA et fondateur d’UbuWeb, ce personnage excentrique tente de donner un souffle nouveau à la poésie contemporaine en utilisant le Web comme matière créatrice. Il promeut le copier-coller au rang d’art et rejette les détournements capitalistes de la créativité, s’attachant à la technique comme source d’inspiration : « Je pense que la technologie mène, l’art suit. ». Son dernier ouvrage, paru en France ce mois-ci, est à découvrir sur les éditions Jean Boîte.

Le futur de Snapchat repose-t-il sur les médias ?

snapchat-logoDans un portrait du fondateur du réseau social californien, Evan Spiegel, Bloomberg Business dévoile les ficelles du modèle d’affaires de Snapchat qui tente de séduire les médias traditionnels pour produire des contenus sponsorisés destinés à son public adolescent. Peu convaincu par l’état actuel de la publicité sur le web, le jeune entrepreneur souhaite se différencier de ses consorts (Facebook et Twitter pour ne citer qu’eux), délaissant l’analyse de données sur ses utilisateurs pour privilégier la relation avec les entreprises de médias, dont 11 ont signé des accords avec le réseau social cette année.  Extrait : “There’s a sort of weird obsession with the idea that data can solve anything,” Spiegel says. “I really haven’t seen data deliver the results that I’ve seen a great editor deliver.”

La science des mouches en web-book

latachededarwinLeMonde.fr s’associe au studio canadien de conception de contenus multimédias enrichis Livrela pour produire un web-book scientifique qui suit les expériences de deux biologistes, Nicolas Gompel et Benjamin Prud’homme, autour de la génétique des formes animales. Chaque samedi pendant un mois à partir du 24 mai, un épisode de La Tache de Darwin sera publié sur le site du quotidien (mais pas compatible aux mobiles). L’interface du livre est composée d’extraits audio, de photographies et de vidéos, ainsi que d’une version textuelle enrichie d’annotations. Une expérimentation intéressante, malgré un chapitrage et une alternance textes et pistes sonores un peu rigides.

Gazouillis et belles plumes

twitterfictionTwitter, en association avec Penguin Random House et the Association of American Publishers, lance du 11 au 25 mai la troisième édition de son festival d’écriture, sous le hashtag #TwitterFiction. 45 auteurs, dont Margaret Atwood et Gayle Forman, s’exercent à la narration en 140 caractères autour de récits inédits. La liste des participants et de leurs créations est à découvrir ici.

Succès de l’édition numérique au Canada

Le Canada montre l’exemple selon une récente étude Booknet Canada qui révèle que le pourcentage d’éditeurs publiant des ebooks est de 93% sur l’année 2014. Près de la moitié de ces éditeurs ont numérisé 50% de leur catalogue, tandis que 35% publient désormais des titres numériques originaux. Pas moins de 65% opèrent désormais sur le modèle bimédia (print et ebook) et pour 77% d’entre eux, l’augmentation des revenus est l’argument principal de cette transition numérique.

Nouvelles Lectures, tout en numérique

duettoDominique Guiou, ancien rédacteur en chef du Figaro Littéraire est à l’origine de la maison d’édition numérique Nouvelles Lectures née en mai 2015. Cinq titres ont déjà été publiés, et cinq autres sont à paraître bientôt. La maison privilégie les formats courts, à bas prix et sans DRM, comme la microfiction ou la poésie ; et accueille sans distinction auteurs primés et primo-auteurs. Sa collection Duetto met en regard deux écrivains, l’un dans sa découverte de l’autre, comme Patrick Grainville et Marguerite Duras.

Assister les indés

mercitedLe 1er juin se lance MerciTed, dernière création de la startup Passive Records. Né à la demande d’un éditeur, MerciTed est un assistant pour faciliter les démarches et les journées des entrepreneurs indépendants. La plateforme permet de gérer son planning, sa facturation, son e-commerce et sa communication. A tester gratuitement pendant 1 mois !

La veille du Labo de l’édition #8 : En Brèves

La veille du Labo de l’édition vous informe des innovations et analyses les plus marquantes dans le secteur de l’édition et des médias grâce à une sélection de contenus (articles et ressources) qui enrichissent votre regard sur les mutations numériques.
Ebook / Accessibilité

Des Ebook pour tous !

OffthepageL’initiative de deux enseignantes néo-zélandaises pour favoriser la lecture et l’accessibilité auprès des personnes en situation de handicap est à saluer. Off the Page est une maison d’édition numérique indépendante spécialisée dans les ouvrages pour les adolescents et adultes ayant des difficultés de lecture, comme les personnes atteintes du syndrome de Down, les autistes ou les dyslexiques. Jugeant les titres disponibles trop enfantins et mal adaptés au public adulte, les deux fondatrices ont œuvré pendant un an et financé elles-mêmes le projet. Rosemary Emery est l’auteur, Anne Russell l’illustratrice et designer. Aujourd’hui, une trentaine de livres sont publiés, et leur qualité est salué par les enseignants spécialisés et les médias, comme Good e-Reader.

Presse

Accord Facebook : le pacte faustien des éditeurs de presse ?

Par Deb Wenof
Crédit: Deb Wenof

Frédéric Filloux livre dans son hebdomadaire Monday Note une longue et pertinente analyse des accords en cours entre Facebook et les éditeurs de presse, pour diffuser leurs contenus directement sur le réseau social, en échange d’un bénéfice sur les revenus publicitaires. L’incroyable omniprésence de Facebook dans les usages des jeunes générations – un public à capter pour des éditeurs comme le New-York Times, Buzzfeed ou encore Le Huffington Post – est un atout majeur pour négocier un accord profitable pour le réseau social, dont les changements d’algorithmes provoquent des séismes et la rétention des données des sueurs froides chez les producteurs de contenus web, explique The Content Strategist.

Startups / Modèles numériques

Du pirate à la startup…

ROOK LABSNominée pour le Prix « Publishing for Digital Minds Innovation » de la London Book Fair, la startup britannique Rook Labs fait parler d’elle avant même son lancement dans les prochains mois. Reposant sur la logique de gratuité de la consommation culturelle, l’application permet aux utilisateurs d’avoir accès gratuitement à des livres numériques selon sa position géographique. Dans des espaces partenaires – cafés, transports, librairies, etc – les contenus des éditeurs sont rendus accessibles et proposés à l’achat dès que le lecteur quitte le lieu. Un modèle vertueux pour son fondateur, Curtis Moran, qui explique avoir eu l’idée en piratant le film 21 Jump Street. Agréablement surpris par ce film qu’il n’aurait jamais payé, il est allé au cinéma voir la suite, le piratage permettant ici la découverte et le désir de consommation. Séduisante pour le public, la démarche de Rook doit encore convaincre les éditeurs, note le Guardian, et dépend beaucoup de la densité du réseau de lieux partenaires.

…des feuilletons au BookClub

The PigeonholeA (re)découvrir, l’un des autres nominés du Digital Minds Award 2015, The Pigeonhole, qui lance sa version 2.0 en avril 2015. L’éditeur propose des titres sérialisés – la première partie, ou « stave » est gratuite, puis les suivantes, publiées chaque semaine, sont vendues à l’unité à prix bas – via une application de lecture convaincante et enrichie : audios, vidéos, liens, fonctionnalités sociales. Chaque temps de publication devient celui d’une rencontre entre l’auteur et les lecteurs qui échangent autour du texte en le commentant. Désormais, la version 2.0 permet aux utilisateurs de choisir avec qui ils souhaitent partager leurs lectures et à quelle fréquence recevoir les épisodes.

La diffusion en série est un modèle récurrent des productions culturelles à l’heure du numérique. Pour galvaniser l’attention du public, rompre avec les campagnes marketing instantanées et vite oubliées, s’adapter aux agendas serrés des consommateurs surchargés d’information ; la télévision et la radio (avec Serial !) ont déjà compris les avantages de la sérialisation. A quand l’édition ? – interroge Hillary Kelly dans le Washington Post. Reprenant le traditionnel modèle qui a fait le succès de Charles Dickens et bien d’autres, la publication en feuilletons permettrait une entraide plus forte entre la presse et de l’édition, tout en s’attaquant au problème de visibilité et de reconnaissance des titres publiés en masse à chaque rentrée.

Expérimentations artistiques, de l’autre côté de la Manche

DigitalR&DFundAlors que le Digital R&D Fund for Arts – l’initiative britannique conjointe de Nesta, Arts Council England et l’AHRC née en 2012 – annonçait en Octobre les derniers projets soutenus par l’enveloppe globale de £7 millions, revenons sur les initiatives d’édition qui en sont nées :

– La compagnie théâtrale Unlimited Theatre et son expérimentation autour de la lecture numérique enrichie de pièces, Uneditions ;

– L’éditeur de récits courts Comma Press, son application de lecture en transport LitNav et son outil d’autopublication MacGuffin (qui sera lancée en juin) ;

Electricomics, un projet de plateforme opensource de création de bande-dessinées numériques enrichies porté par Alan Moore ;

Et bien d’autres innovations pour le théâtre, le musée, la danse, à suivre de près ici !

Web / Littérature

Pourquoi nous devrions continuer à lire, et pourquoi nous en sommes empêchés

Hugh McGuire, fondateur de l’outil d’édition numérique Pressbooks, et de la plus grande librairie d’audiobooks du domaine public, LibriVox.org, dresse le maigre bilan de ses lectures de l’année passée et analyse brillamment notre capacité – réduite par le numérique – de nous plonger dans la lecture de livres à l’heure où les supports mobiles consacrent la distraction et le besoin toujours plus fort d’accéder à l’information. Ce type d’article, qui mêle neurosciences, réflexions sur notre mode de vie et hygiène numérique est fréquent, nous l’évoquions déjà dans la veille #5. Pourtant, la franchise de l’auteur et la qualité de son argumentation en faveur du livre méritent d’être remarquées ; en bonus, il annonce la création d’une newsletter sur l’édition et la technologie, Lexy (ce modèle aussi, a déjà été étudié dans une veille précédente, du côté de la fiction, il y a DailyLit).

Les BookTubes au secours de la littérature ?

booktubeActualitté fait le bilan d’un article de l’AFP, repris par quelques médias, sur la représentation de la lecture à la télévision à travers les émissions littéraires de Michel Field, « Au Field de la Nuit », ou encore « La Grande Librairie » de François Busnel. Si le modèle de l’audience semble contrarier les productions culturelles au profit de celles du divertissement sur le petit écran, ne serait-il pas temps de s’intéresser au rôle du Web dans la diffusion et la promotion de la littérature ? A ce titre, Nicolas Gary met en avant le phénomène des BookTubes, qui a fait l’objet d’une présentation aux Assises du Livre Numérique du SNE en novembre dernier. Encore peu médiatisé en France, celui-ci réunit pourtant une communauté en forte croissante, composée d’adolescents et de jeunes adultes adeptes des réseaux sociaux et plateformes de contenus amateurs.

Si les médias généralistes sont à la traine, les professionnels de l’édition ont bien saisis l’importance du phénomène, à l’image du réseau YouBoox et de Librinova, qui organisait en mars au Salon du Livre une rencontre avec ces jeunes passionnés de littérature et de numérique.

Audiobooks

Les podcasts littéraires du Congrès

Ray BradburyLa Bibliothèque du Congrès entame un long processus de numérisation des quelques 2000 enregistrements, en grande partie archivés sur des bandes magnétiques. Sur son site, elle met à disposition une première collection autour de la poésie et de la littérature, composée d’entretiens avec des auteurs tels que Ray Bradbury, Kurt Vonnegut ou Margaret Atwood. Une magnifique occasion de découvrir le processus d’écriture de chefs d’oeuvre de la littérature, relève le Guardian.

Wattpad se lance dans l’audiolivre avec Soundcloud

blog_sc-1Le récent partenariat entre le réseau social de l’écrit canadien Wattpad – ou le YouTube de l’écriture pour Hubert Guillaud – et la plateforme de distribution audio suédoise SoundCloud permet aux utilisateurs d’enrichir leurs contenus écrits de bandes-son ou de créer des audiolivres, explique Actualitté. Une nouvelle fonctionnalité qui traduit bien l’évolution constante de l’application Wattpad et sa volonté de proposer des expériences de lecture toujours plus attractives à ses 40 millions d’inscrits.

Diversité / Edition

Un an sans auteurs blancs

Par Lauren Castillo
Crédit: Lauren Castillo

Sunili Govinnage, auteur et avocate australienne, s’est lancée le défi de ne lire que des ouvrages d’auteurs issus de minorités pendant un an, prouvant l’écrasante représentation des auteurs blancs  dans le monde du livre de fiction. Dans le Washington Post, elle revient sur son expérience et développe sur les raisons qui expliquent la difficulté pour les auteurs issus de minorités d’accéder à une large diffusion, de trouver un agent, etc. Les chiffres, des prix littéraires à la critique professionnelle en passant par les plateformes de distribution, sont révélateurs. La campagne We Need Diverse Books, lancée l’année dernière, cherche à faire bouger les lignes.


Adeptes du BOOKFIGHTING ? Ne manquez pas la session du 7 mai à 18h au Palais de Tokyo dans le cadre de l’exposition Le Bord des Mondes 😉

Bookfighting par Lucie Cluzan
Bookfighting – crédit : Lucie Cluzan

La Veille du Labo de l’édition #7 : En brèves

La nouvelle formule de veille du Labo de l’édition vous informe des innovations et analyses les plus marquantes dans le secteur de l’édition et des médias grâce à une sélection de contenus (articles et ressources) qui enrichissent votre regard sur les mutations numériques.
Hackathon

Des hackathons pour la diversité sur Wikipédia

Wikimania 2012 à Washington DC - Fabrice Florin pour la Wikimedia Foundation - CC BY-SA 3.0
Wikimania 2012 à Washington DC – Fabrice Florin pour la Wikimedia Foundation – CC BY-SA 3.0

Comme de nombreux projets collaboratifs, l’encyclopédie Wikipédia se heurte à l’absence de diversité au sein de sa communauté de contributeurs, majoritairement composée d’hommes blancs. Celle-ci impacte largement les contenus produits par le site, en favorisant certains au détriment d’autres. La fondation Wikimédia tente de résoudre ce problème en co-organisant des edit-a-thon, évènements ouverts où se réunissent des contributeurs dédiés à favoriser l’implication des femmes et des minorités dans la production de contenus encyclopédiques, explique ainsi Wired. La place des femmes dans l’art, des afro-américains dans les disciplines scientifiques ou encore les figures des mouvements LGBTQ figurent parmi les sujets de ces hackathons internationaux. Une politique ambitieuse et transparence à l’image de l’association, qui explique l’absence de diversité parmi ses membres par l’élitisme historique des instances du savoir et la relative homogénéité du mouvement open source.

Startups / Edition

Book Weather, tempérer la recommandation de livres

Bookweather
Extrait du dossier de presse de Book Weather

Proclamée « 1er guide littéraire communautaire sur mobile », la startup Book Weather s’attaque à l’échec de la longue traîne pour offrir une recommandation sociale et personnalisée de titres, grâce à un outil algorithmique différent des distributeurs numériques. En opposition affichée contre Amazon (le service intègrera prochainement l’outil Amazon Killer), la plate-forme permet aux utilisateurs de consulter les avis et lectures de proches ou d’autres usagers en scannant le code barre d’un livre imprimé ou en recherchant un titre dans la base de données. Les livres sont classés selon leur température (déterminée par le nombre de lectures, de mentions positives et de partages) et rendus visibles sur l’onglet de découverte « Inspiration ». Une application riche et innovante qui attire déjà les acteurs de la chaîne, des éditeurs (comme Hachette) en passant par les libraires et les auteurs indépendants, souligne Actualitté dans un portrait. Fort d’une première version ayant comptabilisé plus de 10 000 téléchargement, la version 2, lancée au Salon du Livre, recueille 26 000 références de titres, et une version 3 multiplateforme est attendue.

Un nouvel équateur numérique

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The United States of Google par Götz Hamann, Heinrich Wefing & Khuê Pham, éditions Premier Parallèle

Premier Parallèle est une jeune maison d’édition bimédia lancée pour le Salon du Livre 2015. Fondée par une éditrice, Amélie Petit, et une journaliste, Sophie Caillat, la maison édite de la nonfiction : des essais, articles de recherche, enquêtes et témoignages dont trois sont déjà publiés. En numérique, ils sont disponibles sur le site (sans DRM et à petits prix), les plateformes de distribution, et en librairie avec les cartes ebooks de e-fractions. En papier, la distribution est assurée avec Lalibrairie.com. Une initiative réussie et saluée par la presse spécialisée, à approfondir sur ePagine et Aldus.

Des plateformes innovantes dédiées aux professionnels du livre

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Extrait du site whitefox.com

Le site belge Lettres Numériques dresse le portrait de la startup londonienne Whitefox, fondée par deux anciens employés de Harper Collins. A l’instar de l’outil DreamTeam de Blurd détaillé dans la veille #5, Whitefox est un service de mise en relation entre auteurs, éditeurs et 1300 professionnels indépendants de l’édition. Différents services tel que la relecture et correction, le graphisme et le marketing sont proposés pour l’édition de livres imprimés et numériques. C’est sur le constat d’un recours fréquent aux freelances par les maisons d’édition que John Bond a lancé en 2012 sa startup. Il collabore aujourd’hui avec de nombreux acteurs anglosaxons, tel que le prestigieux British Museum pour sa collection de livres numériques. Une offre de services en vogue, qui ne cesse de se développer à l’étranger, mais aussi en France avec le lancement par Storylab au Salon du Livre 2015 de Iggybook, un outil de promotion et diffusion pour auteurs et éditeurs indépendants.

Focus

Amazon France, maintenant éditeur ?

La semaine dernière, Actualitté annonçait le recrutement en interne d’un éditeur senior responsable des manuscrits originaux chez Amazon France, Clément Monjou. Deux titres, traduits de l’anglais, ont été publiés courant mars, tandis que trois autres suivront à la fin du mois. A suivre.

Fin février, le programme de crowdfunding Kindle Scout aboutissait à une première série de publications, disponibles en pré-commande : 21 titres sélectionnés par 29 000 lecteurs dits « Scouts » dont les auteurs bénéficient d’avantages financiers et contractuels, en plus d’un public déjà formé par le service, révèle IDBOOX.

Design

Un stylo qui bouleverse l’expérience muséale

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Extrait du site du musée du design Smithsonian Cooper Hewitt

Le musée du design new-yorkais Cooper Hewitt de la Smithsonian Institution est à l’initiative d’une récente expérimentation nommée « The Pen » : un stylo remis à l’entrée qui se connecte aux étiquettes du musée puis aux tables graphiques mises à disposition pour permettre aux visiteurs d’interagir avec les œuvres. Dans la « salle d’immersion », les usagers peuvent ainsi dessiner, personnaliser et inventer de nouveaux objets en relation avec les œuvres de design conservées au musée. De même, il est possible pour chaque visiteur de constituer sa bibliothèque numérique, accessible partout et tout le temps grâce à l’URL indiquée sur le billet d’entrée. Le détail du projet et de sa mise en place par Cooper Hewitt Labs est à lire sur The Atlantic.

Le design thinking appliqué aux bibliothèques

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Extrait du site designthinkingforlibraries.com

En début d’année, l’entreprise de design californienne IDEO a dévoilé une « boite à outils » à destination des bibliothèques, afin qu’elles puissent intégrer l’approche de management de l’innovation tant discutée, le design thinking. Le kit est composé d’un guide d’apprentissage de la méthode à partir d’exemples concrets et d’un manuel de fiches d’application. Cette publication soutenue par la fondation de Bill Gates est le fruit de plusieurs mois de travail avec des bibliothèques américaines pour cerner leurs problématiques et contribuer à y répondre d’une nouvelle manière. La Chicago Public Library et Aarhus Public Library au Danemark figurent parmi les premiers partenaires du projet, dont les objectifs s’attachent notamment à l’éducation des jeunes publics, à la relation entre jeunes et bibliothécaires et à l’apprentissage mutuel. Une initiative qui témoigne d’une tendance affirmée selon Steven Bell pour renouveler l’expérience de l’utilisateur en bibliothèque.

FingerReader : prototyper l’accessibilité à la lecture

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Extrait du site fluid.media.mit.edu

Le blog Brave New World s’intéresse à l’un des projets d’objet connecté du MIT, le FingerReader. Dans une courte vidéo, on découvre une bague connectée qui détecte le texte sur un livre imprimé ou une liseuse et le retranscrit à l’oral pour son porteur mal-voyant. Bien qu’encore en développement, l’objet demeure intéressant dans la mesure où il offre de nouvelles possibilités pour les personnes en situation de handicap d’avoir accès des contenus textuels de toutes sortes. La caméra et l’algorithme qui la pilote repèrent ainsi l’espace qui détermine le saut d’une ligne, et s’adaptent au tracé du doigt qui survole les lignes de texte. Pour Martyn Daniels, auteur de l’article, cette invention pourrait se développer vers d’autres usages, et ainsi intensifier l’expérience de lecture pour tous en mêlant livre imprimé, numérique et audio.

Data

Les six intrigues de la fiction

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A Man Without A Country par Kurt Vonnegut, Random House, 2007.

D’après Matthew Jockers, chercheur en digital humanities à l’université du Nebraska, il n’existerait, dans les romans, que six types d’intrigues différentes. S’inspirant des travaux de Kurt Vonnegut sur « la forme des histoires », le professeur a conduit une enquête sur les variables narratives d’œuvres de fiction en analysant leurs données sémantiques par ordinateur. Il s’intéresse au déroulement des récits, non pas dans leur ordre chronologique, mais selon le degré d’information dévoilé par l’auteur au fil du texte et ses résultats l’amènent à conclure qu’à peine six (ou sept dans certains cas) modèles d’intrigues composent 90% des oeuvres littéraires. Une étude qui interroge Dan Piepenbring sur la notion même d’intrigue, dont la surprenante régularité n’affaiblit pourtant pas la richesse des œuvres.  

Quelques chiffres sur le secteur du livre numérique…

Selon le bilan annuel de GfK, les ventes d’ebooks ont progressé de 45% en 2014, soit 63,8 M€ (ID BOOX).

En Espagne, 23% des livres publiés sont des ebooks, une progression de 8% par rapport à l’année précédente (Actualitté).

En 2017, le cabinet Xerfi prévoit (dans la fourchette la plus basse) que la part du numérique sur le marché du livre s’élèvera à hauteur de 6,5%, soit 269 M d’euros (Actualitté).

Et en bonus, une belle infographie des genres de fictions réalisée par Pop Chart Lab !

La Veille du Labo de l’édition #6 : En brèves

La nouvelle formule de veille du Labo de l’édition vous informe des innovations et analyses les plus marquantes dans le secteur de l’édition et des médias grâce à une sélection de contenus (articles et ressources) qui enrichissent votre regard sur les mutations numériques.
Edition

La maison d’édition numérique française Walrus expérimente avec le format du livre-web

bando-facebook-851x260Début décembre, les éditions Walrus ont publié sur leur site un titre de science-fiction au format singulier : Radius, un book-in-browser (ou livre-web pour Julien Simon, co-fondateur de la maison). Ce projet original l’est tout autant par son économie (une version gratuite donne accès à une petite partie de l’œuvre, disponible dans son intégralité pour 15€ – jusqu’au 30 janvier – puis 25€) ; son élaboration (sur le modèle du jeu de rôle, six auteurs collaborent avec un scénariste-maître du jeu pour produire « une narration en temps réel ») ; que bien sûr son format, intégré à un navigateur Internet, qui permet au livre de s’affranchir des contraintes du format ePub, mais aussi de court-circuiter les plateformes de distribution. Une expérience éditoriale inédite qui synthétise la pensée de la maison Walrus, exprimée dans une tribune sur Medium le 9 décembre dernier, et consacrant la mort du format ePub.

Plus de détails sur le projet dans l’article d’Actualitté.

Amazon sans limites ?

De nombreux articles et réactions, en France et à l’étranger, sur le lancement de l’offre en streaming par abonnement d’Amazon, Kindle Unlimited. Tandis que Fleur Pellerin questionne la légalité du service en France, le New-York Times se fait l’écho des revendications des auteurs indépendants. Plus notable, Nate Hoffelder, dans un article du Digital Reader, s’interroge quant à lui sur l’impact négatif que l’offre peut avoir sur les ventes globales de livres numériques. Enfin, un suivi du dossier par IDBOOX, pour les retardataires.

Journalisme

La renaissance de la newsletter ?

skimmDans un article publié sur Gigaom le 17 décembre 2014, Mathew Ingram analyse, depuis l’exemple de The Skimm, qui vient de lever 6,5 millions de dollars, le nouvel essor des newsletters d’information. L’intérêt des internautes pour ce format « slow-tech » provient justement de l’éditorialisation et du travail de synthèse qu’il exige. A l’inverse des formats longs, qui incarnent pour de nombreux professionnels tels que Jill Abramson l’avenir du journalisme, la newsletter s’inscrit pour autant dans la liste des prédictions journalistiques attendues en 2015, selon Nieman Lab et la journaliste Millie Tran. Un retour à la simplicité, à la clarté et à la proximité, puisque la newsletter intervient par l’adresse directe au lecteur, et se consulte en mobilité. En France, l’un des fondateurs de Rue89, Laurent Mauriac, est à l’origine du média Brief.me, une newsletter d’actualité qui se lancera début janvier.

Le crowdsourcing au service de la presse

Toujours sur Gigaom, Mathew Ingram détaille le 9 décembre 2014 la publication par le New-York Times du code source de sa plateforme Hive sur GitHub (le site d’hébergement de logiciels permettant la collaboration entre développeurs). Cet outil a été mis en place par le département R&D du New York Times dans le but de réaliser le projet de crowdsourcing Madison, lancé en octobre 2014. Pour permettre au journal d’enrichir les métadonnées de ses archives numérisées, le journal invite les internautes à authentifier les publicités présentes dans les anciens numéros du quotidien, depuis les années 60. Un travail fastidieux pour les 14 000 internautes qui se sont volontairement attelé à la tâche. Une application possible du logiciel Hive au succès encourageant pour tous les éditeurs souhaitant faire appel au crowdsourcing, à l’instar du New-York Times, du Guardian ou encore de ProPublica.

Technologies

Fred Turner, essayiste et professeur à Stanford, en visite à l’EHESS

source-utopieA Paris pour donner deux conférences, le chercheur en science de la communication et de l’information à l’Université de Stanford en Californie, revient sur la thèse de son dernier ouvrage, paru en 2012 en France chez C&F éditions, Aux sources de l’utopie numérique : De la contre-culture à la cyberculture. Pour Fred Turner, la pensée actuellement prédominante de la Silicon Valley doit se comprendre en référence à son origine dans le mouvement hippie californien, recherchant une nouvelle voie d’avenir après l’échec des communautés utopistes. A travers la biographie de Steward Brand, à l’origine du Whole Earth Catalog (auquel la couverture de l’ouvrage rend hommage), Fred Turner passe en revue l’histoire d’Internet, permettant une analyse originale et juste des nouveaux modèles de l’économie du partage. A écouter, l’émission La Suite dans les idées du 27 décembre 2014 sur France Culture revient sur cette utopie numérique avec « Du Bahaus à la Silicon Valley : une archéologie des médias ». A lire, Jean-Laurent Cassely s’interroge sur « Comment la gauche et la contre-culture sont tombées dans le piège de l’utopie numérique », article publié sur Slate le 18 décembre 2014 ; tandis que sur Rue89, Xavier de La Porte questionne Fred Turner à partir de treize mots, de « Google » à « Dieu » en passant par « Livres ».

Bibliothèque

#Letmelibrairianthatforyou

Screen Shot 2014-12-30 at 23.36.22Le 22 décembre 2014, la New York Public Library dévoilait, sur son compte Instagram, une série d’archives surprenantes (publiées chaque lundi). Des questions posées par tout un chacun, au comptoir ou par téléphone, allant de la recette de cuisine aux interrogations métaphysiques. Avant que Google n’existe, les bibliothécaires jouaient ainsi les moteurs de recherche. Des extraits dans l’article de Constance Bloch.

Ressources

Le numérique, une chance pour la culture

book-222A l’occasion du Forum de Tokyo qui s’est tenu à Paris le 2 décembre 2014, l’Association Française des Éditeurs de Logiciels et Solutions Internet (AFDEL) et le think-tank Renaissance Numérique ont publié sur la plate-forme Librinova leur Livre blanc, « qui analyse l’explosion des usages et leur impacts sur les marchés du livre, de la musique et de l’audiovisuel. »  Un bon état de l’art des transformations numériques au sein des industries culturelles, accompagné d’un bilan des modèles et acteurs qui les gouvernent, puis d’une ouverture vers les possibilités qu’offre ce nouveau paradigme en terme de démocratisation et de diversité culturelles.

La veille du Labo de l’édition #5 : En brèves

La nouvelle formule de veille du Labo de l’édition vous informe des innovations et analyses les plus marquantes dans le secteur de l’édition et des médias grâce à une sélection de contenus (articles et ressources) qui enrichissent votre regard sur les mutations numériques.
Presse

Une nouvelle forme de journalisme d’investigation : le podcast en série

serial-tal-leaSarah Koenig, journaliste politique et productrice de l’émission radiophonique américaine This American Life, démarre le 3 octobre 2014 un podcast intitulé Serial. Avec ce nouveau projet, l’ancienne rédactrice du Baltimore Sun se lance dans une forme de journalisme d’investigation inédite. Divisée en chapitres, comme autant d’épisodes de série, la première saison du podcast enquête sur un fait divers remontant au 13 janvier 1999 : le meurtre de l’étudiante Hae Min Lee et la condamnation de son ex-petit-ami, Adnan Syed, à la réclusion à vie. Contactée par l’avocate de ce dernier, la journaliste mène depuis plusieurs mois un travail d’analyse qui aboutit à la création de Serial, où elle documente ses recherches et avance des hypothèses pour déterminer la culpabilité ou l’innocence du jeune homme. Face à l’ampleur de son audience (chaque épisode est écouté plus d’un million de fois) et à la croissance d’une communauté d’auditeurs passionnés (un subreddit a été créé), le projet reçoit une couverture médiatique importante. Pour Stéphanie Merry dans un article du Washington Post daté du 13 novembre 2014, la frontière entre journalisme et divertissement est mince. La nature sérielle et évolutive de l’enquête permet un dialogue nouveau entre les journalistes (cinq au total travaillent pour Serial) et le public, et par là même, soulève un questionnement général sur les impacts du storytelling sur l’information.

Edition

La confiance du lecteur : une question générationnelle ?

DOISNEAU-1335-Colonie-de-vacances-Vers-1938Dans un article publié sur Slate.fr le 12 novembre 2014, Katy Waldman s’attaque à la question de l’impact du numérique sur les pratiques de lecture. En s’appuyant sur les multiples recherches autour de l’attention et des transformations cognitives de la lecture sur écran, la journaliste déconstruit le phénomène largement répandu de la nostalgie de « nos longues communions méditatives avec les textes ». Pour elle, « l’insécurité du lecteur » est un sentiment propre à la génération Y, née dans la transition numérique entre les années 80 et 2000. A partir du constat de l’émergence d’un mode de lecture transversal, soumis aux distractions qu’offrent le web et l’hypertexte, il s’agit avant tout pour les internautes de cette génération d’opérer un travail d’adaptation complexe, largement ignoré de leurs successeurs nés avec le numérique. Tout bouleversement dans l’histoire du livre suscite une réaction d’inquiétude et de suspicion quant au devenir de la lecture. Se réconcilier avec elle consisterait donc à rejeter les utopies passées et futures (et leurs discours alarmistes) pour apprendre à manipuler les nouveaux outils qui maintiennent le texte omniprésent dans nos vies.

L’art de la numérisation des Google Books

Claire Richard publie le 13 novembre 2014 sur Rue89 un article sur les projets artistiques issus de l’observation des ouvrages numérisées par Google pour sa bibliothèque numérique à vocation universelle. The Art of Google Books, Google Hands et ScanOps sont trois initiatives qui revalorisent la main humaine dans le travail de numérisation des textes, à l’affut d’accidents et de déformations des pages numérisées dont ils tirent une production artistique. Pour la journaliste, le caractère esthétique des projets s’accompagne d’une réflexion sur le prolétariat à l’œuvre derrière les écrans. A ce sujet, le sociologue Antonio Casilli s’est exprimé en conclusion de la 6ème conférence Lift France, dénonçant le « digital labor », l’exploitation du travail des internautes par les entreprises du numérique (GAFA en tête). Le compte-rendu de son intervention a été publié par Hubert Guillaud sur InternetActu le 12 novembre 2014.

Une marketplace d’experts pour auteurs autoédités

Blurb est un service d’autoédition numérique créé à San Francisco en 2005, qui lance le 7 novembre 2014 une place de marché d’experts en édition pour les auteurs autoédités nommée Dream Team. L’offre, accessible gratuitement, permet aux auteurs de s’allouer les services payants de professionnels qualifiés dans les domaines de l’éditorial (de la correction au coaching), du design et du graphisme. A ce jour, cinquante experts sont présents sur la plateforme, et Blurb envisage prochainement d’étoffer son catalogue avec des compétences en webmarketing et diffusion numérique. Le détail de cette nouvelle formule est à lire sur TheNextWeb et DigitalBookWorld.

L’initiative Dream Team rappelle la solution offerte par la startup Reedsy (encore en bêta) qui collabore avec des autoentrepreneurs pour offrir un accompagnement aux auteurs indépendants. Une évolution naturelle des services d’aide à la publication, relevée par TechCrunch le 6 novembre 2014.

Bibliothèque

Penser l’avenir des bibliothèques…

Avec l’entretien élaboré par le Labo BNF dans le cadre d’une série d’interviews portant sur « La Bibliothèque du Futur » auprès d’Olivier Ertzscheid, Maître de conférences en sciences de l’information et de la communication à l’université de Nantes (IUT de La Roche-sur-Yon) et auteur du blog affordance.info. Plusieurs pistes de réflexion sont abordées, tant du côté de l’expérimentation que de la fonction politique, présentant la bibliothèque sous un nouveau jour : moins dans sa qualité de « lieu » que dans sa fonction de représenter la pensée des individus et de faire circuler des savoirs communs.

Ressources

Synthèse d’une évolution numérique

Lorenzo Soccavo, chercheur et consultant en prospective éditoriale, publie le 23 octobre 2014 un essai intitulé Les Mutations du Livre et de la Lecture en 40 pages publié par la jeune maison d’édition de formats courts Uppr. Synthétisant sa pensée sur l’évolution de l’écrit à l’heure du numérique, l’ouvrage resitue la transition numérique dans l’histoire des transformations des supports de lecture et propose des pistes de réflexion pour cerner le rôle potentiel du texte et de la pratique de lecture dans le futur, empruntant à la philosophie, aux sciences de l’information et de la communication et au design-fiction.

Approche scientifique de la recommandation

kembellec_largeLa maison d’éditions d’ouvrages techniques et scientifiques en français Iste Editions publie dans sa collection « Systèmes d’information, web et informatique ubiquitaire » le titre Les moteurs et systèmes de recommandation sous la direction de Gérald Kembellec, Ghislaine Chartron et Imad Saleh. Cet ouvrage transdisciplinaire s’attache à dresser le panorama de la recommandation culturelle en détaillant les enjeux de l’utilisation d’outils algorithmiques pour la prescription de contenus sur les plateformes de vente en ligne. D’une approche marketing à l’étude des usages, le livre (disponible en version numérique à 9,90€) se conclut sur l’analyse de l’offre du moteur de recommandation de Babelio et de Nomao, un moteur de recherche d’adresses géolocalisé en réalité augmentée.

 


 

Portraits anglophones du Labo de l’édition et des startups Librinova et Storyplayr

La journaliste Olivia Snaije dresse sur le site Publishing Perspectives le portrait de Librinova, service d’auto-publication numérique et de Storyplayr, bibliothèque numérique d’albums jeunesse.

Le rôle de l’incubateur du Labo de l’édition qui accueille les deux startups est à découvrir dans l’article daté du 31 octobre 2014, avec le témoignage de Nicolas Rodelet, responsable de la structure.

La veille du Labo de l’édition #4 : En brèves

La nouvelle formule de veille du Labo de l’édition vous informe des innovations et analyses les plus marquantes dans le secteur de l’édition et des médias grâce à une sélection de contenus (articles et ressources) qui enrichissent votre regard sur les mutations numériques.
Edition / Streaming

Vers un Netflix du livre ?

Kindle-UnlimitedL’émission La Grande Table du vendredi 10 octobre 2014 revient sur le lancement en Allemagne et prochainement en France du service Kindle Unlimited d’Amazon. Les enjeux de cette nouvelle très discutée ont été abordés par les deux invités de l’émission, Françoise Benhamou (voir plus bas) et Jérémy Amsellem, responsable éditorial de la librairie numérique Youboox. Le streaming d’oeuvres culturelles repose sur un modèle d’affaires complexe et un développement fort de technologies favorisant la discoverability, comme nous l’avions vu lors d’une conférence sur la recommandation personnalisée, en mai dernier. Pour Netflix, parangon du streaming culturel, la valorisation de l’étendue de son catalogue représente un budget annuel de 150 millions de dollars et s’inscrit dans une politique hégémonique d’offre globale.

Médias

A l’adresse des entreprises médiatiques : Diversify or Die

Frederic-FillouxDans le dernier article de sa newsletter hebdomadaire The Monday Note, Frédéric Filloux, directeur des opérations numériques aux Échos, détaille sa vision de la diversification des sources de revenus pour les médias. Y figure en bonne place l’édition de livres numériques, jugée actuellement insuffisante par l’auteur. Il y souligne notamment la force des partenariats avec des acteurs spécialisés (éditeurs, plateformes d’e-learning, évènementiel), mais aussi celle des solutions par abonnement numérique. Enfin, l’importance de l’agrégation de contenus et du recours aux APIs pour multiplier ses sources d’informations et ses canaux de diffusion.

Edition / Jeunesse

L’édition numérique jeunesse, cet ailleurs

CHILDREN'S-CONFERENCE-LOGOPhilip Jones, co-fondateur du blog FutureBook, livre une analyse détaillée de la conférence sur l’édition jeunesse organisée par The Bookseller qui s’est tenue le 25 septembre 2014. A l’instar de Stuart Dredge dans un article du Guardian, Philip Jones note la hausse spectaculaire des ventes de livres imprimés pour la jeunesse au Royaume-Uni (selon The Bookseller, une augmentation de 10% sur l’année 2014, alors que la totalité du marché chute de 2%), alors que la consommation de contenus numériques s’implante durablement dans les usages. Il s’attache particulièrement à la question du modèle d’affaires des livres applicatifs, évaluant la difficulté des acteurs à trouver « la bonne recette commerciale », face à la saturation des plateformes de distribution et aux coûts de développement. Face à ce constat, la responsabilité est partagée entre éditeurs (qui multiplient les publications) et places de marché (qui ne s’investissent pas assez dans la valorisation des contenus écrits), selon l’auteur de l’article. Il rappelle ainsi que l’édition numérique d’applications jeunesse est un monde étranger, souvent hostile pour les éditeurs traditionnels, mais qu’il est nécessaire de l’explorer, au risque de perdre de vue le lectorat potentiel qui s’y trouve.

Edition / Gaming

Narration hybride au cœur d’une station polaire

The Ice-Bound Compendium est le titre d’une oeuvre expérimentale conçue par deux auteurs-développeurs-artistes californiens, Aaron A. Reed et Jacob Garble. L’œuvre est pensée sur le double support du livre imprimé et de l’application pour tablettes (mais aussi consultable sur PC) pour faire naître un processus narratif complexe mêlant lecture, réalité augmentée et interactivité. Selon Andrew Webster, dans un article publié sur le site The Verge le 10 octobre 2014, The Ice-Bound Compendium relève le défi d’offrir aux lecteurs une expérience transmédiatique complexe et exigeante, où l’imprimé et l’œuvre numérique sont indissociables.  Le financement collaboratif du projet est en cours sur Kickstarter.

Ressources

Forum France Culture : « L’année vue…par le numérique »

ForumFC-SciencesPoSamedi 4 octobre s’est tenue à Sciences-Po la nouvelle saison du forum « L’année vue par… », retransmise dans l’émission Du Grain à Moudre. Embrassant les thématiques numériques diverses des objets connectés, de la politique web des djihadistes, de l’économie du partage et des usages intimes du web social, cette journée entretient le dialogue entre penseurs et professionnels autour du portrait numérique de l’année 2014. Le live-tweet de la journée est consultable sur Twitter avec le hashtag #ForumFC.

Le Livre à l’heure numérique : papier, écrans, vers un nouveau vagabondage

9782021140606Les Éditions du Seuil publient le dernier ouvrage de Françoise Benhamou, spécialiste de l’économie de la culture et professeur à l’Université Paris XIII. Dans cet essai, l’auteure déconstruit les attentes et défis de l’édition dans sa transition numérique, en dressant le bilan des évolutions du secteur ces dernières années. Un nouveau questionnement sur la rupture de la chaîne professionnelle traditionnelle, mais aussi sur la forme écrite, interrogeant la nature du livre face à celles du journal, de l’article ou du blog.

La veille du Labo de l’édition #3 : En brèves

La nouvelle formule de veille du Labo de l’édition vous informe des innovations et analyses les plus marquantes dans le secteur de l’édition et des médias grâce à une sélection de contenus (articles et ressources) qui enrichissent votre regard sur les mutations numériques.
Edition

Un autre regard sur la firme de Seattle

cmod-squareCraig Mod, designer, auteur et éditeur américain, livre sa vision de l’évolution de l’édition numérique et de l’enteprise Amazon dans une interview pour Beyond the Book, une émission du Copyright Clearance Center, le 3 août 2014. La synthèse et l’analyse de ce podcast ont été produites par Porter Anderson dans un article de Though Catalog, publié le 5 septembre 2014. En refusant de tomber dans l’émotion et le jugement moral provoqué par le conflit Amazon-Hachette, Craig Mod adopte une approche techniciste du géant de Seattle. Prenant appui sur son expérience de la culture éditoriale japonaise, il résume ainsi l’attitude à adopter face à la concurrence d’Amazon : « Delight readers« .

Edition / Jeux Vidéos

Réactivation du mythe des « Superbooks »

Portrait de la start-up d’édition interactive anglaise, Inkle, dans un article de CNN signé Kieron Monks et daté du 11 septembre 2014, à l’origine du livre numérique enrichi 80 Days, adapté du roman de Jules Verne et publié cet été. L’article reprend une réflexion plus large sur les expérimentations en cours et à venir dans l’édition numérique, empruntant aux capacités interactives du jeu vidéo pour renouveler les codes de la narration. Au coeur des discours portés par les acteurs (start-ups d’édition, studios de design ou départements spécialisés dans des grandes maisons), la vocation immersive des oeuvres, susceptible d’attirer un public « digital-native », se heurte aux contraintes techniques ainsi qu’à l’identité floue de ces objets hybrides, régulièrement encensés mais qui peinent souvent à trouver rentabilité et audience, comme le remarque The Digital Reader. Ainsi, pour s’instituer en marché de niche innovant, le « Superbook » doit-il cesser d’incarner le futur du livre numérique ?

Edition / Presse

Le journalisme a sa plateforme de crowdfunding

Lancé il y a presque un an, Beacon était à l’origine une plateforme où se rencontrait journalistes indépendants et lecteurs soucieux de fuir le modèle publicitaire de la presse en ligne, appuyé par la quête d’audience maximale. Entre Kickstarter et Netflix, le service repose sur des solutions d’abonnements, permettant la rentabilité du projet journalistique en constituant un lectorat. Désormais, le site entre « dans la cour des grands » selon Digiday dans un article du 11 septembre 2014, en accueillant les campagnes de financement de médias reconnus, tel que The Huffington Post et le projet Ferguson Fellowship, pour des sommes allant jusqu’à 70 000 dollars versés à un projet sur la Neutralité du Web par TechDirt. Cette évolution encourageante pour la start-up renvoie cependant aux enjeux traversés par les entreprises de financement participatif quant à l’élaboration de campagnes par des entreprises et non plus des particuliers. Les entreprises médiatiques peuvent-elles recourir au financement de leurs sujets par les lecteurs ? Pour Ryan Grim, journaliste au Huffington Post à Washington, les campagnes de financement doivent se limiter au traitement de sujets microlocalisés qui peuvent réunir une communauté sur le long cours.

« Longform » et « slow info » : le renouveau du reportage sur le web

flyer-soiree-theme-long-form-v3-1Une nouvelle génération de pure-players à l’origine de formules journalistiques innovantes est à l’étude dans l’article de Anaïs Moutot pour Les Echos, publié le 18 août 2014. Ils s’appuient sur une connaissance accrue du web et une ambition d’attirer les lecteurs vers le format long, l’enquête à rebours de l’actualité à flux tendu. Ainsi, de nombreux jeunes éditeurs de presse « long format » reposant sur l’abonnement gagnent en visibilité, depuis Byliner,  tout juste racheté par Vook (à la suite de doutes sur le succès de son modèle), jusqu’aux français Le Quatre Heures, Ulyces et Ijsberg. Tous trois étaient présents à la conférence sur le journalisme long format donnée par StreetPress lundi 15 septembre 2014. Le podcast de l’évènement sera diffusé samedi 20 septembre à 10h sur RFI dans l’Atelier des médias.