#Liberathon : l’art de l’écriture collaborative

Après cinq jours de #liberathon – un marathon d’écriture du livre -, le Labo de l’édition organisait, ce mercredi 30 octobre, une rencontre entre Elisa Castro de Guerra et Sébastien Hache autour de l’oeuvre commune #Sésamath, et Cécile Portier, auteure de fictions collaboratives en ligne.

L’objectif de cette soirée était de présenter trois expériences d’écriture collaborative: le libérathon, le projet Sésamath et les fictions collaboratives initiées par Cécile Portier, afin de construire une réflexion et d’ouvrir un débat sur l’écriture collaborative en ligne et autour des processus de co-création.

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A cette rencontre participaient :

Elisa Castro de Guerra, graphiste, auteure de plusieurs ouvrages sur Inkscape, enseignante à l’Université Rennes 2, à l’Université Catholique de l’Ouest et à la Faculté des Métiers, elle est également présidente de la plateforme de partage et de co-création plurilingue Floss Manuals. Lors de ce « booksprint »(une sorte de course de vitesse de l’écriture d’un livre), elle a joué un rôle de « facilitatrice », de coach. @elisayemanja.
Sébastien Hache, professeur de mathématiques, il est le fondateur de l’association Sésamath, et est à l’initiative du projet Mathenpoche notamment.
Cécile Portier, auteure de plusieurs ouvrages, elle écrit « numérique » depuis plusieurs années, sur son propre blog www.petiteracine.net, dans des revues littéraires en ligne (D’ici là, Contretemps, Remue.net, Ce qui secret, Bacchanales, Les cahiers du trait), pour des projets de livres numériques (sur publie.net) ou de sites web de fiction@petiteracine.

Sésamath, késako ?

Fondée en 2001, cette association d’enseignants bénévoles et salariés propose des manuels scolaires sous la forme de ressources numériques libres et collaboratives, écrits à plusieurs mains et à travers l’écho de plusieurs voix. Elle a pour objectif de mettre davantage de cohérence et de donner du sens aux pratiques déjà existantes d’échanges de ressources pédagogiques sur Internet entre professeurs de mathématiques. Sésamath a connu un rapide succès et s’est développée vers une forme de travail coopératif, qui s’appuie sur une demande latente des collègues.

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Quatre-vingts professeurs du secondaire ont travaillé bénévolement pour produire les manuels Sésamath destinés aux classes du collège. Téléchargeables gratuitement ici, ils sont aussi accessibles dans une version papier payante diffusée par un éditeur de produits éducatifs, Génération 5. Déjà plus de 100 000 exemplaires de niveau 3ème ont été vendus. Le projet appelle à une pédagogie en réseau de grande échelle.

Les genres de l’écriture collaborative

Ecrire à plusieurs voix relève d’un processus rédactionnel intense particulièrement orchestré. Le principe collaboratif proposé rappelle quelque peu celui utilisé dans le cadre de Museomix, un événement créé pour inventer de nouvelles manières de vivre le musée et pour appréhender le patrimoine avec des outils différents. Si l’on peut imaginer le « musée de demain », ce libérathon propose quant à lui de nous projeter en avant-première dans des modes de rédaction innovants  :

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Elisa Castro de Guerra rappelle d’emblée les différents formats de co-création qu’elle met en oeuvre avec l’association Floss Manuals. Des différences signifiantes, mais une volonté commune d’aller ensemble vers un « Web ouvert ».

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– Un « booksprint » : il s’agit d’une session d’écriture collaborative et intensive qui a pour objectif de faire naître un livre publiable. Le concept du « BookSprint » est un format innovant basé sur le Code Sprint, mais en mettant l’accent sur la production de documents au lieu de code. Un groupe d’auteurs, d’éditeurs, d’artistes, de formateurs se rassemblent autour d’un objectif défini, dans un temps limité, souvent dirigés par un facilitateur, gardien de la méthodologie et de l’organisation. Ce dernier doit synchroniser le travail de chacun, partager une vision de fond, s’accorder sur un style pour que l’ensemble soit homogène.

– Un libérathon : il s’agit de la contraction francisée du « booksprint ».

– Un tradusprint : c’est une rencontre physique de personnes qui ne se connaissaient pas forcément, qui ne se connaissaient que sous leurs pseudos en ligne. C’est donc d’abord un temps convivial, où l’on échange des propos par-dessus le travail en cours, suivant la disponibilité de chacun ou son libre désir de participer.
 
– Un traducthon : lorsque une traduction longue demande plusieurs jours et un travail de fond (il faut aussi prendre en compte un travail indispensable de révision post-traduction), il est assez cohérent de parler plutôt de traducthon.
– Un trad’Action : il s’agit de la traduction d’une documentation en petit comité, sur un temps bref. Pour être plus consensuel et « couvrir » tous les types de session, ce terme a été proposé à juste raison.
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Elisa Castro de Guerra ne manque pas de rappeler que les dix co-auteurs en présence ont des qualités rédactionnelles et des connaissances différentes sur le sujet : expert, intermédiaire, débutant. Ces niveaux d’approches différentes sont, d’après elle, très importants, voire primordiaux. Par exemple, un libérathon composé de huit personnes devra idéalement compter quatre experts, deux intermédiaires et deux débutants.
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La « facilitatrice » raconte, avec une note d’humour, l’anecdote de l’invention du concept « booksprint » sur la base d’un malentendu entre un Néo-zélandais et d’un Anglais qui devaient écrire un livre en cinq mois, mais avaient défini commis une erreur en déclarant le faire en « cinq jours ». Un quiproquo finalement pris au pied de la lettre et à l’origine d’une brillante idée.
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Travailler et penser ensemble

Avec l’émergence de ces formats d’événements, il y a rupture dans les processus d’écritures avec le numérique, un changement du rapport à l’espace de création et d’imagination, de temporalité, dans les manières de travailler (et de concevoir le travail sous ce mode d’organisation collectif) et du lien social humain. Plusieurs imaginaires et intelligences sont simultanément convoqués, et la productivité s’en trouve stimulée et accélérée :

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La collaboration crée une véritable émulation, chacun met un point d’honneur à faire au moins aussi bien si ce n’est mieux que ses confrères. Le plus intéressant étant qu’il ne s’agit plus d’un processus continu, puisque n’importe qui peut relire et/ou corriger n’importe quelle partie ou chapitre de la création en cours. Les livres s’en trouvent ainsi d’autant plus vivants. Participer à un #libérathon, c’est appréhender de près et de façon tangible la puissance du facteur collaboratif : de l’adolescent enthousiaste à l’orthographe incertaine au retraité venu donner son temps libre pour le livre, en passant par le développeur qui apporte une expertise technique, chacun peut donner et recevoir.

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Un #libérathon n’est pas seulement le déplacement physique de quelques personnes autour d’une écriture, car cela peut également être ramassé dans le temps mais élargi dans l’espace. Par exemple, une journée de « booksprint » à quarante personnes. ou dix soirs de « booksprint » en ligne par mois à des heures communes définies au préalable. Les communications instantanées permettent de travailler ensemble sur Floss Manuals pour collaborer autour d’un même livre et en même temps.

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Ces concentrations dans le temps (un week-end, trois ou quatre jours) et dans un espace de travail (une salle de cours de faculté équipée au minimum, un hall de la Cité des sciences, les locaux de Mozilla Europe, etc…) sont associées au défi de déterminer au moins un premier jet « à chaud ».

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Le support en question vient ainsi modifier le processus classique lecture / écritureSésamath montre clairement que nous sommes dans une phase de transition où la lecture linéaire n’est plus.

Placer les élèves au cœur du processus pédagogique

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Le projet Sésamath est né d’envies, de personnes, de besoins spécifiques, notamment celui d’ être encore plus en phase avec les élèves, réveiller leur intérêt pour les mathématiques en initiant et développant un goût du challenge et du défi.

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« C’est d’abord une narration de l’expérience que l’on a questionnée », explique Sébastien Hache, fondateur de SésamathIl ne manque pas de rappeler que ces cinq jours de #libérathon ont aussi et surtout été l’occasion de repenser le projet Sésamath, de l’interroger sous tous les angles et avec un recul critique, et de revenir à ses objectifs premiers de pédagogie :

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Ces manuels de mathématiques libres et coopératifs bousculent les schémas traditionnels de la diffusion du savoir au sein du corps enseignant et de l’édition scolaire. Sébastien Hache ne manque pas de rappeler qu’ils ne constituent pas un objet littéraire, mais s’inscrivent dans une vraie démarche pédagogique revendiquant des valeurs singulières.

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Quand la fiction des élèves devient leur réalité…

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En contrepoint de cette prise de parole sur le #libérathon, Cécile Portier présente ses projets et exprime un point de vue sur l’écriture collaborative littéraire.

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Ce qui est intéressant dans les trois exemples qu’évoque Cécile Portier, Traque TracesCompléments d’objets et A mains nues, c’est le fait de considérer la fabrique de fiction comme une expérience sociale interactive entre l’auteur et les élèves. Cependant, cela soulève d’autres questionnements : de part son interactivité, autrement dit son aspect collaboratif numérique, sommes-nous toujours dans le champs de la littérature ou, a contrario, cela vient-il appuyer la littérarité du texte ?

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Cécile Portier explique sur son site en quoi consiste « Traque traces », son système d’« écriture par les données » et souligne que « toute écriture est un pouvoir ».

Vers l’effacement de l’auteur ?

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Le travail d’écriture collaboratif nous a également conduit à nous interroger sur la place des co-auteurs dans le processus rédactionnel, sur leur mode de fonctionnement. Ces problématiques font écho au célèbre texte de Roland Barthes, « La mort de l’auteur », publié en 1968. Barthes institue l’effacement de l’auteur au profit de la dissémination des voix du texte. La mort de l’auteur représenterait l’acte permettant de rendre sa place au lecteur« Rendre sa place au lecteur », c’est permettre au texte de s’actualiser pleinement à chaque lecture.

Un modèle économique et un cadre juridique en construction

A la fin de la conférence, s’est posée la question de la définition du modèle économique qui y est rattaché et aux éventuels moyens d’appropriation de la méthode agile par l’industrie. Quelques pistes, mais les brèves réponses soulignent une piste qui demande à être pensée et développée.

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Elisa Castro de Guerra rappelle que Floss Manuals est fondé sur un modèle de gratuité. Les manuels sont accessibles gratuitement en ligne, aux formats html, pdf ou epub. Chacun peut participer, apporter à sa contribution en créant un compte et une zone de connexion.

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Sur le plan juridique, les textes sont réutilisables à volonté à condition de mentionner les auteurs (les droits d’auteurs sont maintenus) et sont publiés sous licence libre G.P.L.Creative Commons BY-SA et Art Libre. Ce livre peut être lu, copié et distribué librement sous les mêmes conditions.

Pour approfondir vos connaissances autour de cette thématique, nous vous invitons à visiter les liens suivants :

– Le site de Sesamath : www.sesamath.net
– Le site de la plateforme de partage et de co-création plurilingue Floss Manuals : http://fr.flossmanuals.net/
– Les projets d’écriture collaborative de Cécile Portier : petiteracine.net
– Un éditeur indépendant qui élabore des manuels scolaires collaboratifs aux formats numériques et papier : lelivrescolaire.fr
– Le compte-rendu d’un participant à un « booksprint » livre ses impressions et explique les objectifs : http://www.barreverte.fr/ecrire-un-livre-en-5-jours-definir-le-concept
A noter que la NaNoWriMo (National Novel Writing Month), le mois national d’écriture de roman qui se tient depuis 1999, se tient du 1er au 30 novembre 2013. Il s’agit d’un projet d’écriture créative dans lequel chaque participant tente d’écrire un roman de 50 000 mots – soit l’équivalent de 175 pages – dans un délai d’un mois. http://nanowrimo.org/

Jour 2 et 3 – Libérathon Sésamath

Durant 5 jours, 10 membres de l’association Sésamath sont réunis au Labo de l’édition pour rédiger le livre Sésamath : mode d’emploi dans le cadre d’un libérathon (ou booksprint) organisé par Floss Manuals et soutenu par l’OIF.

Sésamath, association composée d’enseignants bénévoles et salariés, produit depuis 2000 des ressources numériques libres et des manuels scolaires imprimés pour accompagner l’apprentissage des mathématiques.

Le livre rédigé collectivement sur la plateforme Floss Manuals est pensé comme un manuel destiné à tous les enseignants de mathématiques qui souhaitent développer un chapitre local de Sésamath dans l’espace géographique de la francophonie.

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La mise en place de procès d’écriture et de réécriture

Le premier jour du libérathon fut consacré essentiellement à la présentation de la plateforme de rédaction, des règles du libérathon et à la définition d’une table des matières.

Au cours des deuxième et troisième jours d’écriture, le procès d’écriture se rode, sous la houlette d’Elisa Castro de Guerra, présidente de Floss Manuals.

La journée est rythmée par 3 réunions de relecture collective ou comités éditoriaux, qui ont lieu chaque jour matin, midi et soir.

Les participants parcourent ensemble la table des matières dans l’ordre du livre et s’arrêtent sur chaque section. Les chapitres fraîchement rédigés sont projetés à l’écran et commentés par leur auteur, qui expose ses partis pris de rédaction et les difficultés rencontrées.

Elisa attribue à chacun la responsabilité d’une « relecture critique » d’un chapitre, la rédaction d’un nouveau chapitre ou la réécriture d’un chapitre incomplet ou à retravailler.

Le travail est réparti entre les experts de Sésamath en fonction de leur connaissance de tel ou tel projet de l’association et de leur expérience au sein de l’association.

Après chaque réunion de comité éditorial, les rédacteurs se dispersent au sein du Labo de l’édition. Ainsi, le libérathon alterne des temps de conception collective et des temps d’écriture solitaire. « Comme Sésamath en somme », plaisante Sébastien Hache, le président de l’association.

Une discussion animée sur le texte projeté à l'écran
Une discussion animée sur le texte projeté à l’écran

Le ballet de la relecture collective

Elisa coordonne l’ensemble du procès d’écriture et de relecture. Elle note tout sur un carnet et sait à chaque instant à quoi est occupé chacun des participants.

Les novices qui participent au libérathon, c’est-à-dire les personnes qui ne connaissent pas ou peu l’activité de Sésamath, ont la mission de relire l’ensemble des textes sur la plateforme, et de corriger directement coquilles et orthographe.

Il y a donc deux niveaux de relecture :

–          La relecture critique, qui concerne la structure du livre, le traitement des différents sujets – le contenu en somme. Les experts ont le point de vue le plus informé, mais les débutants peuvent contribuer en signalant la nécessité de clarifier tel ou tel point qui n’est pas évident à une personne qui ne connaît pas Sésamath.

Sésaprof, par exemple, est un terme familier aux rédacteurs puisqu’il s’agit du nom de l’espace en ligne réservé aux enseignants utilisateurs de Sésamath, mais jargon dont la signification est inconnue à n’importe quel novice.

–          La relecture formelle, qui concerne la mise en forme du texte et l’orthographe.

Certaines règles de présentation sont soumises à consensus : l’insertion des url dans un  texte qui sera publié à la fois en numérique et sur papier, l’utilisation du gras et des italiques, l’écriture des chiffres, l’utilisation des majuscules.

Un participant non expert de Sésamath mais habitué des libérathons et pointu sur les questions de mise en forme corrige les textes à distances sur la plateforme tout au long du week-end. Merci Goofy !

L'espace d'écriture sur la plateforme de Floss Manuals
L’espace d’écriture sur la plateforme de Floss Manuals

Harmoniser la structure du livre

Dimanche soir, au terme d’une journée et demie d’écriture intensive à 20 mains (et 10 cerveaux), les contours du livre commencent à se définir nettement. Tous les chapitres définis en début de sprint sont rédigés totalement ou en partie. Des disparités apparaissent entre les sections du livre.

Certains chapitres sont difficiles à rédiger. Les symptômes de l’angoisse de la page blanche ont saisi les rédacteurs du chapitre consacrés aux supports de diffusion ! Attention : s’il est possible de supprimer certains chapitres, prévient Elisa, il n’est pas possible d’en rajouter.

D’autres sujets ont au contraire inspiré les rédacteurs, trop peut-être ? Le chapitre dédié à l’historique, que réclament depuis longtemps les curieux, comprend 20 pages, 10 fois plus que celui consacré aux licences !

Le libérathon comme temps de débat

La rédaction collective d’un livre suscite le débat sur l’objet du livre, l’association Sésamath même  –toujours dans le respect des positions de chacun.

Chaque comité éditorial en dépit de sa convivialité cristallise l’antagonisme des points de vue sur des sujets de controverse :

–          L’historique : avec quel degré de détail l’histoire secrète de Sésamath doit-elle être exposée dans un livre ? Est-ce qu’elle ne devrait pas plutôt être publiée dans le wiki de l’association ?

–          L’accès aux ressources de Sésamath : paradoxe, les ressources sont libres mais pas toutes accessibles.

–          Les spécificités locales : comment adapter Sésamath, association qui s’est construite dans le contexte juridique et économique français, à la Belgique, à la Suisse, et au-delà, aux pays africains ? Cet aspect central à la rédaction, point de départ de l’idée d’un livre-mode d’emploi sur Sésamath, est souvent rappelé par Gabriel (enseignant en Suisse) et Brigitte (enseignante en Belgique).

–          Les manuels numériques : quels choix technologiques favoriser ? Quels choix technologiques s’imposent de façon réaliste, en fonction des ressources de l’association ?

Sésamath est un projet vivant, qui évolue constamment. Rendre compte de sa réalité dans un livre est un exercice difficile, qui révèle la diversité des personnalités qui animent l’association, le caractère organique de son développement, et l’incertitude sur les futures orientations, qui seront – c’est certain – décidées collectivement et librement.

Cependant, les livres publiés sur Floss Manuals ne sont jamais figés. Ils peuvent à tout moment être amendés et corrigés par un rédacteur expert ou non expert, ayant participé ou non au libérathon. C’est là tout le sens d’une telle plateforme d’écriture, publication, lecture et remixage.

Jour 1 – Libérathon Sésamath

Un libérathon sur Sésamath ?

11 participants réunis 5 jours au Labo de l’édition pour rédiger un livre sur Sésamath ? C’est le pari de ce libérathon (version francisée du terme booksprint) organisé par l’association Floss Manuals avec le soutien de l’Organisation Internationale de la Francophonie.

Sésamath est une association de professeurs de maths qui créent des ressources libres et gratuites pour l’enseignement des mathématiques.

L’ambition du libérathon est de créer une documentation sur Sésamath, avec pour objectif de faciliter la diffusion des méthodes de création de ressources pédagogiques libres, notamment en Afrique de l’Ouest où les enseignants ont rapporté à l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) un manque de manuels scolaires.

La page d'accueil du site de Sésamath
La page d’accueil du site de Sésamath

Les participants : des enseignants membres de Sésamath

Samedi matin au Labo de l’édition. Les participants arrivent des 4 coins de la France et même au-delà, de Madrid, de Belgique, de Suisse, où des associations Sésamath sont en voie de structuration.

Elisa de Castro Guerra, présidente de l’association Floss Manuals, invite les participants à se présenter. C’est la première étape indispensable pour travailler ensemble. Sésamath comprend 18 067 professeurs inscrits au réseau interne, tous ne se connaissent pas :

Brigitte De Coninck est présidente de Sésamath Belgique, Professeur de mathématique à Bruxelles.

Gabriel Thullen est président de l’association Sésamath Suisse, enseignant en mathématique et informatique à Genève.

Sébastien Hache est fondateur de Sésamath, en charge de la communication et de l’édition pour Sésamath en France.

Katia Hache est professeur de mathématique en France, et s’occupe de la question des manuels scolaires et des cahiers d’exercice.

Jean-Philippe Vanroyen est enseignant, salarié de l’association en charge du développement et suivi du projet j3p.

Gilles Bougon est secrétaire de Sésamath, participation à la rédaction des manuels collège et des cahiers.

Cyrille Largillier est instituteur en France, participation au cahier CM2.

Olivier Pontini est professeur de mathématiques au lycée français de Madrid, et participe aux manuels de 3ème, 6ème et 2de.

Cédric Gémy est trésorier de l’association floss manuals francophone, enseignant, graphiste, développeur web, auteur. Sa collègue Elisa de Castro Guerra, présidente et facilitatrice de l’association floss manuals francophone, enseignante, graphiste, auteur a coordonné de nombreux libérathons auxquels il a participé.

Camille Pène, responsable de l’animation du Labo de l’édition, est présente pour accueillir l’événement.

Au cours des présentations, la diversité des profils se dessine. Certains membres anciens ou fondateurs connaissent mieux Sésamath, son historique et le nombre croissants de nouveaux projets, tandis que d’autres, notamment les Belges et les Suisses en attente de bonnes pratiques, ont la distance nécessaire à une vue synthétique de l’ensemble du sujet.

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Les participants au Libérathon

Présentation de la plateforme Floss Manuals

La deuxième étape clef du déroulement est la présentation de la plateforme Floss Manuals, qui permet à la fois l’écriture, la publication et la lecture du livre http://fr.flossmanuals.net/

L’onglet LIRE de la plateforme comprend les livres déjà publiés, présentés par rubriques : Culture libre, Graphisme, Interactivité, Internet, Cartographie, Audio, Langage, Vidéo, Gestion de Contenus, Floss Manuals. Le livre Sésamath doit s’inscrire dans une catégorie. La discussion est ouverte, peut-être Culture libre est-elle la catégorie la mieux adaptée ?

Les participants sont invités à se rendre dans l’onglet ECRIRE et à créer un compte pour accéder à la partie de la plateforme qui permet la création et l’édition de texte via le logiciel d’édition BOOKI.

Des blocs permettent de constituer facilement la structure du livre, qui s’organise par sections, elles-mêmes constituées de chapitres.

Toute personne qui possède un compte sur Floss Manuals pourra intervenir sur l’ensemble des parties du livre, et même le compléter et le mettre à jour au-delà de la fin des 5 jours de rédaction collective. Il est même possible de convoquer – virtuellement – un expert, pour compléter la rédaction sur un point précis.

Les livres sont publiés numériquement sur la plateforme, sous licence libre GPL, ou éditée en version papier à la demande, vendus au prix de 7€.

La plateforme Floss Manuals
La plateforme Floss Manuals

Les règles du Libérathon

Elles sont peu nombreuses, c’est pourquoi il est d’autant plus important de les respecter :

Communiquer – dès que la rédaction bloque, il faut en parler !

Ecouter – lors des points d’étape, fermons l’ordinateur, éteignons les téléphones, et écoutons !

Chacun est libre de faire une pause quand il en a besoin.

Imaginer des persona

A qui s’adresse le livre sur Sésamath ? S’attarder sur le profil des lecteurs cible permet d’élucider de nombreuses petites questions à venir. Deux persona – ou lecteurs idéaux – sont imaginés :

Jeune enseignant de mathématiques en France, Dominique, 30 ans. A entendu parler de Sésamath via un collègue ou un manuel dans son casier ou durant sa formation initiale.

Enseignant francophone, Sénégalais, 45 ans, Homme, Mamadou. Dans une démarche de collaboration avec des collègues sur du contenu pédagogique, avec une relation ambivalente à l’égard de l’institution. Motivation profonde : faire quelque chose que l’institution ne fait pas !

Les persona sont dessinées avec précision : il est plus facile de destiner un livre à des profils précis qu’à un public général.

Définir la table des matières du livre

L’objectif d’Elisa est d’amener les participants à s’accorder sur une table des matières détaillée avant le déjeuner.  Le livre – nous l’avons vu – est divisé en sections : Introduction, A propos, Production de ressources, Utilisation et diffusion des ressources, Conclusion. Chacune de ces parties comprend elles-mêmes plusieurs chapitres. Seules deux personnes peuvent intervenir sur un chapitre, dont la taille doit être bien calibrée.

Elisa garde la trace de la recherche d’idées et du mouvement de la pensée collective sur une carte heuristique sur FreeMind.

A 13h30, c’est l’heure du déjeuner : il est temps de figer les intitulés de la table des matières pour répartir le travail de rédaction.

La carte heuristique sur freemind
La carte heuristique sur freemind

La rédaction : « Faire connaître pour éviter la méconnaissance »

Après le déjeuner, chacun s’attribue un chapitre à rédiger, en fonction de son expertise.

La journée file vite ! Il va falloir tenir le rythme.

Le soir : distribution des tâches d’écriture et de relecture

18h : tout le monde se réunit en salle de réunion. Les parties du livre rédigées sont projetées au mur, et Elisa demande à l’auteur de commenter sa rédaction et ses partis pris. Quelqu’un doit ensuite se désigner pour relire ce passage. En fin de journée, chacun connait son programme du lendemain – la relecture critique d’une partie rédigée la veille, et la rédaction d’un nouveau chapitre.

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L’écriture agile : état de l’art des dispositifs d’écriture collaborative en ligne

Du 26 au 30 octobre, le Labo de l’Edition accueille un « libérathon » – une contraction francisée du « BookSprint » issue du latin liber et de « marathon » – de dix participants encadrés par Elisa Godoy de Castro Guerra, présidente de Floss Manuals« Nous avons choisi les rédacteurs, qu’ils soient intermédiaires ou débutants, selon plusieurs critères, nous confie-t-elle. A savoir : leur disponibilité, leur volontariat, leur expertise, et leurs compétences en pédagogie, en collaboration et en écriture rapide »L’événement est soutenu par l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) : « Ils nous soutiennent régulièrement sur des actions très ponctuelles depuis la création de notre association », précise Elisa.

Leur mission : rédiger et mettre en forme et en ligne un livre consacré au projet Sésamath, une association de professeurs de mathématiques qui créent des ressources libres et gratuites pour l’enseignement. Cinq jours d’intense collaboration à l’issue desquels l’ouvrage sera publié sous format ePub sous licence Creative Commons sur la plateforme de co-création et publication Floss Manuals.

Qu’est-ce qu’un « BookSprint » ?

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Il s’agit d’une session d’écriture collaborative et intensive qui a pour objectif de faire naître un livre publiable. Le concept du « BookSprint » est un format innovant basé sur le Code Sprints, mais en mettant l’accent sur la production de documents au lieu de code. Un groupe d’auteurs, d’éditeurs, d’artistes, de formateurs se rassemblent autour d’un objectif défini, dans un temps limité, souvent dirigés par un coach ou un facilitateur. Ce dernier doit synchroniser le travail de chacun, partager une vision de fond, s’accorder sur un style pour que l’ensemble soit homogène.

A nous, la liberté !

Floss Manuals est une association et un éditeur indépendant qui publie des livres sous licences libres sur le logiciel libre, la culture libre et le matériel libre et ouvert en favorisant la création et la traduction de livres collaboratifs. S’appuyant sur des auteurs, éditeurs, artistes, développeurs de logiciels et activistes, ces livres sont consultables librement en différents formats : pages web, pdf et ePub. La plate-forme de Floss Manuals, surnommée « booki », permet une collaboration fluide avec des auteurs locaux et distants.

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Un business model singulier

L’association n’a pas de revenus fixes, ni de salariés, mais des coûts fixes d’hébergement du serveur et d’impression des livres. A chaque projet de libérathon, Floss Manuals cherche des subventions pour rémunérer ses rédacteurs selon la durée de l’expérience. Leur concept est simple : le développement agile.

LA philosophie agile, késako ?

  • L’adaptation prime sur la prédiction.
  • La collaboration prime sur la documentation.
  • Le feedback continu prime sur les bilans périodiques.
  • La généralisation prime sur la spécialisation.

Il s’agit d’une méthode d’ingénierie utilisée pour développer des produits (matériel informatique, logiciels ou services) de manière itérative, incrémentale et avec souplesse afin de prendre en compte les réactions des clients. Cette méthode s’appuie sur un principe particulier : les besoins du client et les spécificités du produit final ne peuvent pas être intégralement définis au préalable.

L’ère de l’effervescence collaborative

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Une  collaboration intelligente, puisque le contenu proposé par les neuf rédacteurs à l’issue de ces cinq jours pourra être constamment mise à jour dès sa mise en ligne. Cette aventure collective n’est pas un cas isolé dans la vague actuelle d’évènements de co-création qui ont déjà adopté l’usage de dispositifs d’écriture collaborative en ligne.

Quelques exemples de plateformes et logiciels de collaboration en ligne :

  • Framapad, un éditeur de textes collaboratifs en ligne qui met à disposition un « pad »framapad.org
  • Webook, une communauté virtuelle qui fait émerger de nouveaux talents – www.webook.com
  • Gobby, une interface d’édition collaborative et libre – gobby.0x539.de/trac
  • MoonEdit, un éditeur de textes collaboratifs et une plate-forme de partage en temps réel – moonedit.com
  • CoEdit, un outil collaboratif d’édition et de codage en ligne – coedit.me
  • Open Atrium, une plate-forme communautaire en ligne – openatrium.com
  • Rypple, une plate-forme de cloud computing utilisée dans le social managementwork.com, etc.

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Ces différentes pratiques, souvent issues de la culture des hackers, s‘illustrent dans divers domaines et se réalisent à travers de nombreux évènements :

1) Les « hackatons » (de « hack » et « marathon ») : les développeurs se réunissent pour faire de la programmation informatique collaborative sur plusieurs jours. Exemple : le Hackaton Dataculture, dédié à l’usage des données publiques culturelles numériques, est organisé par le ministère de la Culture et de la Communication du 25 au 27 octobre 2013 – hackdataculture.eventbrite.fr

2) La rédaction collective d’ouvrages scientifiques. Exemple : Les THATCamp – The Humanities and Technology Camp – sont des rencontres-ateliers qui, en s’alignant sur la méthode et l’esprit du « BookSprint », permettent aux acteurs de la recherche en sciences humaines et sociales utilisant les technologies numériques de partager informations, idées, solutions et savoir-faire autour de leurs pratiques – tcp.hypotheses.org

3) La création collective de littérature numérique. Exemple : Le projet « vases communicants » à l’initiative  de Tiers Livre (http://www.tierslivre.net) et de Scriptopolis (http://www.scriptopolis.fr) où le premier vendredi du mois, chacun écrit sur le blog d’un autre. Cette circulation horizontale permet de produire des liens autrement –www.facebook.com/groups/104893605886

Vers une culture « lean » de l’édition ?    

Avec cette expérience de libérathon, nous pouvons donc nous interroger sur la manière dont les professionnels du livre peuvent s’inspirer de cette méthode d’écriture agile. Le paradoxe est là : parvenir à réunir un groupe d’individus sur quelques jours, c’est-à-dire consolider un lien social, à travers une expérience réelle, physique et éphémère, visant à produire un produit fini et éternel grâce aux technologies numériques innovantes. Reste à voir si la « culture lean » est facilement applicable à tous les modes d’écriture et de pensée.

A vos marques, prêts,… libérathonez !

Pour aller plus loin…

Sur le « BookSprint » :

www.sesamath.net / lelivrescolaire.fr / www.barreverte.fr/ecrire-un-livre-en-5-jours-definir-le-concept / base.d-p-h.info/fr/fiches/dph/fiche-dph-8220.html / leanovation.org/2012/12/07/rupture-douce-le-livre-de-nos-histoires-agile-de-lannee

Sur la création littéraire collaborative :

paragraphe.info / petiteracine.net / studio-alterego.blogspot.fr / www.utc.fr/~bouchard/assun

Sur les modèles économiques pour l’écriture collaborative et la « culture lean » :

agilemanifesto.org/iso/fr / leanovation.org

Au programme du Labo de l’Edition :

Du 26 au 30 octobre 2013 : 5 jours de sprint d’écriture

Mercredi 30 octobre 2013, à 18 heures : présentation et discussion autour du libérathon, (ouvert à tous).

Les startups de l’édition ouvraient leurs portes au public parisien

Les 10, 11, 12 octobre 2013, plus de 300 startups ouvraient  leurs portes au grand public. L’événement organisé par Paris Région Lab et la Ville de Paris était l’occasion d’aller à la rencontre de l’innovation parisienne dans plus de 30 lieux différents.

Le parcours des Portes ouvertes des startups parisiennes
Le parcours des Portes ouvertes des startups parisiennes

Les startups de l’édition présentes au sein de l’incubateur Nouveaux Médias Rue des Haies (Paris 20e) ont animé 3 ateliers consécutifs avec des collégiens le jeudi 10 octobre, tandis qu’au Labo de l’édition (Paris 5e), les startups de l’édition jeunesse recevaient un public mélangé de professionnels et d’enfants amateurs de lecture numérique pour des démonstrations autour d’un goûter le samedi 12 octobre.

Un atelier « Créé ton magazine enrichi » proposé aux scolaires à l’incubateur Nouveaux Médias

Jeudi 10 octobre, les startups Draft Quest, avec son logiciel d’aide à l’écriture d’articles, Madmagz, qui permet à chacun de réaliser simplement des magazines web, PDF ou papier, et  ONprint, qui propose de l’enrichissement de contenus, se sont relayés pour animer successivement l’atelier «  Crée ton magazine enrichi « .

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L’incubateur Nouveaux Médias (Paris 20e)

Les élèves de troisième du Lycée Professionnel Régional Abbé Grégoire répartis en 4 groupes de trois, ont passé 3h, par tranches de 1h, avec les startups pour imaginer et réaliser leur magazine.

Visiblement réticents, en début de séance, à l’idée de rédiger un contenu, les collégiens se sont pris au jeu grâce au talent de David Meulemans (DraftQuest) qui a réussi à les amener à produire des textes de leur cru.

Chaque groupe a produit, grâce à l’outil Draft Quest,  3 courts chapitres qui ont été ensuite intégrés dans l’outil de création de magazine Madmagz. Là, ils ont pu illustrer leur texte à l’aide d’images libres de droit recherchées sur Google, et le mettre en page, produisant ainsi en commun un magazine de 9 pages (Constitué de la couverture  et de 2 pages réalisées par groupe).

La dernière étape consistait à utiliser la solution d’enrichissement d’ONprint leur permettant de créer des liens entre les pages du magazine et des ressources du Web (vidéos, pages wikipédia, pages de sites internet…).

Pete Pierce d'ONprint présente le fonctionnement de la sa technologie aux collégiens
Pete Pierce d’ONprint présente le fonctionnement de la sa technologie aux collégiens

David Meulemans, éditeur, président des éditions Aux Forges de Vulcain et fondateur de DraftQuest décrit ainsi la séquence d’utilisation de DraftQuest par les collégiens :

« Dès leur arrivée, les collégiens ont commencé à écrire, en utilisant DraftQuest. Répartis en quatre groupes de trois, ils avaient cinq minutes pour écrire le début d’une histoire, en s’inspirant de visuels générés de manière aléatoire par l’interface DraftQuest. Au bout de cinq minutes, chaque groupe a lu son début d’histoire. Ce fut un moment d’émerveillement et d’hilarité. Emerveillement car ils furent tous étonnés d’avoir réussi à écrire, eux qui avouaient cinq minutes plus tôt ne jamais écrire. Hilarité, car, bien que partis des mêmes visuels, ils étaient partis dans quatre directions complètement différentes: roman policier, roman d’horreur, roman d’espionnage, saga familiale. Nous recommençâmes deux fois. Au bout d’une heure, nous avions quatre histoires, tirées de leur imagination. »

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David Meulemans (DraftQuest) lors des Journées portes ouvertes des startups

Nicolas Rodelet, responsable de l’incubateur,  a assisté à l’ensemble de l’atelier et rapporte que les élèves ont été très stimulés et motivés par l’expérience. Les deux enseignants présents  ont confirmé l’intérêt pédagogique de cette expérience  qui leur a donnée des idées pour des activités au sein du lycée.

Les élèves sont repartis chacun avec en cadeau « Le dictionnaire pittoresque du collège » offert par les éditions Aux Forges de Vulcain (Draft Quest).

Les enseignants ont pris date avec Madmagz pour se revoir et envisager l’utilisation de la plate-forme au sein du lycée.

ONprint a proposé aux enseignants d’imprimer les magazines produits par les élèves  après un petit travail de corrections orthographiques qui devrait être encadré par les enseignants.

A suivre au Salon de Montreuil : le concours de nouvelles enrichies #JEDI13

En conclusion de l’atelier, ONPrint et DraftQuest ont annoncé aux collégiens le concours #JEDI13 fruit de la coopération entre les deux sociétés, destiné aux collégiens et lycéens de toute la France a avec pour but de réaliser une nouvelle et des contenus enrichis.

Les collégiens et lycéens pourront compter sur le soutien de Draftquest pour composer et organiser le scénario de leur nouvelle, et c’est à l’aide de la plateforme ONprint qu’ils pourront enrichir les visuels composant leur nouvelle (de 4 à 8 pages).

Les élèves (forts de leur toute nouvelle expérience « d’auteur ») se sont montrés très motivés pour participer et les enseignants sont repartis avec un jeu d’affiches pour communiquer au sein du lycée.

Le concours #JEDI13 pour les collégiens et lycéens
Le concours #JEDI13 pour les collégiens et lycéens

L’édition jeunesse : de l’écrit à l’écran

Au Labo de l’édition, les startups de l’édition jeunesse de l’incubateur s’étaient réunies pour présenter leur démarche à un public de professionnels curieux des innovations en matière de contenus interactifs, de technologies et de modèles économiques, et d’enfants impatients de tester les applications –  mais remarquablement sages !

Webdokid,  Cylapp et L’Apprimerie, ont présenté dans un premier temps leur activité et leur modèle lors d’une table-ronde. Dans un deuxième temps, le public fut invité à tester les applications sur leurs stands répartis au sein du Labo de l’édition.

Webdokid développe des webdocumentaires pour les enfants, sur le thème de la découverte du monde, sous forme d’applications éducatives et divertissantes, à télécharger sur tablettes tactiles et smartphones.

Audrey Hellara, la fondatrice de la société, a raconté comment l’idée de développer des histoires interactives pour enfants lui était venue alors qu’elle était expatriée en Chine pour ses études en école de commerce, de l’envie de raconter à son filleul Lucas ses voyages et partager avec lui sa passion des cultures étrangères. Ainsi est née la collection dédiée aux aventures de Luka, dont le dernier opus est Luka et les copains du Pôle Nord.

Audrey Hellara (Webdokid) pendant la table-ronde "Édition jeunesse : de l'écrit à l'écran"
Audrey Hellara (Webdokid) pendant la table-ronde « Édition jeunesse : de l’écrit à l’écran »

Sandie Le Blach, son associée, professeure des écoles, était présente à ses côtés pour animer le stand de Webdokid où se sont massés les enfants qui ne se lassaient pas de jouer avec les aventures de Luka au Brésil et au Groenland.

Sandie Le Blach co-fondatrice de WebdoKid, au Labo de l'édition
Sandie Le Blach co-fondatrice de WebdoKid, au Labo de l’édition

Cylapp est une plateforme de création et de publication d’histoires numériques pour tablettes à destination des auteurs et illustrateurs jeunesse. L’interface en ligne permet de créer des histoires interactives liant livres numériques, interactions et utilisation des possibilités proposées par les tablettes. Les histoires sont disponibles dans une bibliothèque numérique regroupant toutes les histoires créées depuis la plateforme. Un site communautaire permet aux auteurs et illustrateurs de se faire connaitre, de promouvoir leurs oeuvres et de collaborer.

Cylapp permet aux maisons d’édition de posséder leur propre bibliothèque composée des histoires numériques dont ils ont les droits de diffusion.

Estelle Courdoisy et Audrey Wermeister ont fondé leur entreprise Smoon Digital au sortir de l’école des métiers de l’internet HETIC, après avoir posé les prémisses de Cylapp dans le cadre de leur projet de fin d’études.

Elles ont notamment présenté leur application ludique et pédagogique sur Napoléon, réalisée avec Digischool qui a semble-t-il su gagner la faveur des enfants présents.

La plateforme Cylapp sera disponible en plusieurs langues : les deux fondatrices ont insisté sur la nécessité de s’internationaliser car le marché du livre numérique est beaucoup plus développé à l’étranger.

L'application Napoléon - histoire et jeux par Cylapp et Digischool
L’application Napoléon – histoire et jeux par Cylapp et Digischool

L’Apprimerie est une maison d’édition interactive jeunesse et un studio de création éditoriale numérique, qui a choisi de s’inscrire dans la tradition du livre d’artiste et des typo-poèmes. Leurs réalisations, notamment Voyage au centre de la terre, témoignent de l’exigence poétique et de la rigueur formelle que les dirigeantes de la startup attachent à tous leurs livres animés.

Les 3 principes qui guident leurs réalisations de livre interactif sont l’animation typographique, la mise en page interactive, la lecture interactive.

Au public des portes ouvertes, Julie Guilleminot et Karine Duperret ont dévoilé en avant-première la plus récente réalisation du studio de création en collaboration avec les éditions Julliard. La version animée du roman Les choses de George Perec paraîtra en novembre 2013.

Le roman animé Les Choses de George Perc, une collaboration entre l'Apprimerie et Julliard
Le roman animé Les Choses de George Perec, une collaboration entre l’Apprimerie et Julliard

Lors de cette deuxième édition des Portes ouvertes des startups parisiennes, le grand public a donc pu témoigner de la vitalité et de la créativité des acteurs émergents du secteur de l’édition.

Retrouvez toutes les photos des Portes ouvertes des startups parisiennes ici !

Naïma (Labo de l'édition) accueillait le public des Portes ouvertes avec du pop corn !
Naïma (Labo de l’édition) accueillait le public des Portes ouvertes avec du pop corn !

#Binôme auteur-codeur : édition et open data

A l’occasion d’une conférence jeudi 3 octobre 2013, le Labo de l’édition organisait une rencontre entre deux professionnels en collaboration, l’ auteur Olivier Boudot, et le codeur, Sylvie Tissot, réunis autour d’une oeuvre commune : #VuDuRERC.

Pour écouter la conférence, c’est par ici.

Open data, késako ?

Une donnée est un fait brut qui n’a pas encore été interprété. Par exemple, si en consultant un thermomètre, j’y lis « 19°c« , il s’agit bien d’une donnée. Si je dis qu’il fait « plutôt doux pour la saison », il s’agit là d’une information. L’open data ne s’intéresse qu’aux données brutes. Les acteurs publics et privés manipulent un grand nombre de données et d’informations qu’ils mettent parfois en ligne. Mais les données brutes ne sont pas toutes ouvertes, c’est pourquoi il convient d’observer la manière dont on peut les réutiliser et les exploiter.

En somme, pour qu’une donnée soit « ouverte », celle-ci doit répondre à trois grands critères :

– Techniques : les données brutes doivent être exploitables de manière automatique et mises à disposition dans des formats les plus ouvertes possibles et non propriétaires (par exemple : on privilégie le format « .csv » à « .xls » d’Excel) ;

– Juridiques : les licences doivent clarifier les droits et les obligations des détenteurs et des réutilisateurs de données, elles doivent être les plus ouvertes possibles (par exemple : obligation d’attribution ou de partage à l’identique) ;

 Economiques : peu ou pas de redevances tarifaires (susceptibles de constituer des freins à la réutilisation), tarification maximale au coût marginal, etc.

Une oeuvre, double autorité : deux vies valent mieux qu’une

Ce travail de co-création s’établit depuis le travail de la matière première (textes, images) avec l’auteur jusqu’à sa mise en forme en passant par l’étude de sa réception par les publics. L’exemple de travail entre l’auteur Olivier Boudot et la codeuse (développeuse, ou programmeuse) Sylvie Tissot n’est pas un cas isolé. Depuis quelques années, de nombreuses collaborations, soutenues par le Centre National du Livre (CNL), émergent dans le secteur de l’édition : auteurs et développeurs, éditeurs et start-ups, etc. L’intérêt de #VuDuRERc réside dans le croisement de plusieurs langages et regards : celui du codeur, de l’auteur, du photographe, du géographe, de l’historien, du designer, etc. Au fond, il n’existe pas vraiment de « duo » au sens où chacun aurait un rôle, un statut et un mode de pensée strictement définis dans la conception de l’oeuvre.

Après la rencontre du 15 janvier 2013 entre Flore Roumens et François Bon, pionniers de l’édition numérique, place à un nouveau binôme et à un nouveau débat au Labo de l’Edition. Ce nouveau binôme avait pour ambition d’explorer la fusion des compétences entre un auteur et un codeur informatique autour d’une même oeuvre, et de mettre en évidence la complémentarité de leurs regards, de leurs pratiques, et de leur valorisation des contenus.

Le binôme était composé de :

Olivier Boudot, écrivain, éditeur, historien et mémorialiste, est le fondateur de « Mémoires d’Hommes, Histoires d’Entreprises » en 1997. Il revendique une démarche originale à la croisée des chemins de l’histoire économique, de la communication et de la littérature. Chaque ouvrage papier publié est l’occasion de parcourir un univers spécifique, de réfléchir sur la mutation économique et la transformation du paysage industriel, de dessiner une cartographie de la transformation des territoires industriels et de ressusciter les liens entre passé et présent. Depuis 2009 sont nés les Guides Marsilo – Paris-Lyon, Vu du Train et Vu du RER C -, des guides de découverte patrimoniale et culturelle des territoires, interprétés à travers leurs histoires, leurs paysages et le regard de leurs habitants.
 
Sylvie Tissot, chercheuse en informatique et fondatrice de la société Anabole qui est à l’origine de la conception de l’application #VuduRERc qui complète l’ouvrage papier du même nom d’Olivier Boudot publié en juillet 2012 aux éditions OLIMAR. L’application, désignée par Nodesign, propose de superposer deux visions des territoires traversés par le RER C : un regard ancré dans le présent et une vision passée. @SylvieTissot
La modération était assurée par Camille Pène du Labo de l’édition@fluxcamille

« Si t’es pas auteur t’es pas codeur » ?

Cette formule radicale est tiré d’un billet de Thierry Crouzet sur son blog. Il est notamment l’auteur de L’édition interdite et publie ses textes en numérique depuis 1996. L’expression, à l’image du débat auteur-codeur, souligne clairement le rôle prépondérant de la compétence informatique dans l’édition de livre à l’heure où le livre numérique se développe et les formats se complexifient.
Cela ne signifie pas pour autant que l’auteur qui ne maîtrise pas le code n’est pas un artiste, mais que le « codeur » est également auteur et artiste. La formule met en relief l’évolution du rôle de l’artiste et de l’auteur avec le développement des technologies numériques. Aujourd’hui, être auteur ou artiste appelle à être producteur à travers une relation de coproduction.

#VuDuRERc,une démarche de co-création

Avec plus de 500 000 voyageurs quotidiens sur sa ligne, le RER C est au croisement d’une co-production entre un ouvrage papier et une application iPhone. Le guide dépeint la richesse des 84 gares desservies sur la ligne qui traverse sept départements. Une page par desserte, avec des photos de vues observées à travers les vitres, des idées de sorties, de visites ou de balades, tel est le concept de #VuDuRERc.

L’application est enrichie de trois strates de données distinctes mais complémentaires : les données ouvertes, les contenus vidéos payants, et les données produites par les utilisateurs (autrement dit, les « données sociales »). Ces trois types de données ont un seul et même objectif : transformer le transport en commun des usagers en un voyage et en une expérience de création littéraire personnalisés.

Le paysage comme outil de navigation dans l’ouvrage

Le projet allie rencontres humaines et rencontres avec les territoires à travers cette bande de paysages qui prend forme et vie. L’application est conçue comme «le regard numérique du guide, souligne Sylvie Tissot. Le point d’entrée est le paysage, l’exploration du territoire à partir du paysage, la manière dont il est configuré et habité par les gens ».

Utiliser les données de mobilité comme matière première, voilà la genèse du prototype. L’open data des territoires oriente ainsi les réutilisateurs vers des services utiles au quotidien – dont un service d’horaires en temps réel que nous évoquerons plus bas.

Ces différents niveaux de lecture du territoire et ces diverses strates de données, ont conduit à la construction et à la mise en forme de données factuelles, interactives et synthétiques.

Hiérarchiser, sélectionner, filtrer : la technique au service de…

Le travail de sélection et de tri des flux de données en open data laissées à disposition a été conséquent, mais la volonté de garder une ligne éditoriale forte a été préservée tout au long de ce projet. Le rôle des graphistes et designers dans l’application s’est également posée dans le public présent : ils ont su hiérarchiser, mettre au point la bande de paysages comme fil conducteur du propos éditorial, et séparer la contribution de chacun par rapport au point de vue éditorial de départ. La difficulté étant de trouver des flux d’open data suffisamment riches et de ne pas noyer l’utilisateur dans l’information, dans une forme d’« infobésité » à laquelle il est quotidiennement confronté.

Une vision patrimoniale entre passé et présent

Le travail de cartographie est remarquable. Sylvie Tissot a exprimé durant la conférence sa volonté de « passer par les traces, par les gens et par les territoires tout en restant dans une forme de vision patrimoniale ».

A partir d’un large spectre de données (témoignages, archives de l’INA et de la médiathèque SNCF, anciennes cartes postales, etc.), l’application VuDuRERc révèle le passé de l’Ile-de-France. Une navigation inédite est proposée grâce à une bande de plusieurs centaines de photos prises du train et couvrant tout le parcours. 75 pages extraites du guide, 45 films, une centaine de cartes postales, une vingtaine d’événements Futur En Seine, une cinquantaine de contributions, voilà ce que représente le prototype #VuDuRERc.

Les filtres colorés – comme le montre la capture d’écran ci-dessous, permettent de visionner les contenus papiers, les archives vidéos, les cartes postales, les gares, etc. L’icône  « Editer MonGuide » renvoie à une fonctionnalité personnalisée : l’usager de l’application peut délimiter grâce à l’application ce qu’il souhaite obtenir au format papier et choisir un livre personnalisé à l’achat. Ou comment le numérique permet un retour intelligent et intelligible au support papier : en plaçant son utilisateur au coeur du dispositif. #Printisnotdead

L’ouverture des données par SNCF et l’INA

Entre qualité et quantité, le plus compliqué a été de contextualiser les données « brutifiées » par la SNCF. Les « données ouvertes » ne nous racontent pas tout, ce sont leur visualisation et leur réutilisation qui leur attribuent un sens et une ligne directrice. La donnée « brute » n’existe pas : avant de les transmettre pour la création de l’application, la SNCF s’était chargée de faire son propre tri, en interne.

Du bon usage des données sociales et des réseaux sociaux

En intégrant et en associant des réseaux sociaux dans l’application, Sylvie Tissot a opté pour l’intégration et la participation des utilisateurs voyageurs.

L’application se veut surtout collaborative : chaque passager et internaute fait émerger le voyage à travers l’usage des réseaux sociaux.

Derrière la dimension passée et le travail d’archives, l’ancrage dans le temps présent est incarné par l’intégration d’une messagerie instantanée et des informations horaires en temps réel sur l’ensemble de la ligne via l’open data de SNCF. Une application Facebook permet également aux internautes de poster en direct diverses contributions. Les actualités liées aux événements le long de la ligne sont également disponibles. Les tweets géolocalisés des internautes apportent une dimension poétique et onirique de la navigation à travers les paysages.

Edition et open data : un cadre économique et juridique complexe

#VuduRERc  est né en juillet 2012, à l’occasion de l’appel à projets de Futur En Seine. Cette opportunité collait parfaitement aux ambitions du duo. Le prototype a coûté 60 000 euros, dont 45% ont été financés par la Région Île-de-France. Le projet a appelé un partenariat des deux collaborateurs avec l’INA, la SNCF et l’agence nodesign.

Derrière les contraintes techniques et économiques, Sylvie Tissot ne manque pas d’évoquer le cadre juridique inhérent à l’exploitation à la réutilisation de ces données ouvertes. La récente ouverture en France des données publiques ne permet pas encore au grand public de s’en emparer et d’en mesurer les enjeux sur le plan social, politique et culturel. Ces données sont donc ouvertes, certes, mais bien souvent muettes.

La mise en oeuvre complexe de ces données pourrait être simplifiée. Le cadre juridique est établi pour la majorité des données publiques, mais les types de licences et de contrats se multiplient. Le statut des données issues d’organismes parapublics reste à préciser. L’interopérabilité technique et juridique est cruciale : il convient de clarifier les formats et les licences acceptables dans une optique d’encouragement à l’ouverture et à la réutilisation. La gratuité pour la réutilisation des données à titre commercial favorise l’innovation et les nouveaux usages.

Dans le rapport « Pour une politique ambitieuse des données publiques », les auteurs proposent trois axes stratégiques pour favoriser la réutilisation des données publiques :
– Simplifier pour accélérer : réduire les  efforts nécessaires d’une part à la diffusion des données par les acteurs publics, et d’autre part à leur réutilisation, afin d’accélérer le développement de services utiles à partir des données publiques.
– Faciliter l’expérimentation : adapter les conditions de réutilisation des données publiques pour faciliter l’expérimentation par les citoyens, les associations et la communauté des développeurs et des entrepreneurs.
– Favoriser l’émergence d’un écosystème : favoriser l’émergence d’un écosystème de producteurs et de réutilisateurs de données publiques en France, autour du portail data.gouv.fr.

Données sociales ou données vidéos ?

Par « données sociales », on entend les différentes activités qui intègrent la technologie, l’interaction sociale, et la création de contenu. Les médias sociaux utilisent l’intelligence collective dans un esprit de collaboration en ligne. Par le biais de ces moyens de communication sociale, des individus ou des groupes d’individus qui collaborent, créent ensemble du contenu Web, organisent le contenu, l’indexent, le modifient ou font des commentaires, le combinent avec des créations personnelles. Les données sociales utilisent beaucoup de techniques, telles que les flux RSS et autres flux de syndication Web, les blogues, les wikis, le partage de photos (Flickr), le vidéo-partage (YouTube), des podcasts, les réseaux sociaux, le bookmarking collaboratif, les mashups, les mondes virtuels, les microblogues, etc.

Les données vidéos, quant à elles, comme les archives de l’INA  par exemple, relèvent d’un travail minutieux d’archivage patrimonial et de stockage au nom d’une mémoire collective. Elle permet un retour thématique, spatiale ou datée sur les événements passés. Ces bases de données multimédia (texte, image, son, vidéo) posent encore certains problèmes, notamment au vu de la complexité de l’indexation et des recherches basées sur le contenu, à cause notamment de formats numérique très sollicités mais non conçus à des fins d’indexation. Dans la perspective d’une collaboration avec les technologies, ces bases de données ont pour mission de conserver et valoriser le patrimoine, et de transmettre et d’innover à l’échelle locale, nationale, voire internationale.

Et après #VuDuRERc, quelle suite pour open data et mobilité ?

Une version Androïd est en cours de développement. Le modèle économique qui consisterait à s’appuyer sur les points d’intérêts des collectivités est en cours d’élaboration. L’idéal pour le prochain projet de ce binôme encore au stade expérimental serait un financement par les collectivités.

Le transport semble une cible en vogue que l’édition pourrait davantage explorer et s’approprier. Les données du transport, et plus globalement de la mobilité sont diverses et variées : données brutes / données enrichies, données historiques / données prédictives, données statiques (en stock) (ex :cartes postales, vidéos, etc.) / données dynamiques (en flux) (ex : horaires de trains, flux Twitter, etc.), données de description / données d’exploitation ou de commercialisation, etc.

Dans une optique de mobilité au sens large, il faut aussi prendre en compte un grand nombre de modes : piéton, vélo, automobile, train, voies fluviales, car, tramways, etc. … Les données de mobilité sont produites / collectées / gérées par un très grand nombre d’acteurs aux statuts juridiques et aux stratégies parfois incompatibles. Les données concernées sont donc potentiellement nombreuses, mais très divers dans leurs statuts juridiques, leurs valeurs identifiées, réalisées ou perçues. Quelle priorité d’ouverture convient-il d’apporter à ces données ? Quels critères prendre en compte ? Au-delà de #VuduRERc, le débat ne se limite pas au domaine des transports publics.

#VuduRERc, ou l’exemple parfait montre que le livre peut être aisément actualisé par un contenu dynamique et innovant, à la croisée de l’open data et des données sociales. Edition & open data sont en bonne voie.

Pour approfondir ce débat autour de l’opendata au service de la mobilité, nous vous invitons à consulter le portail OpenData de la SNCF : http://test.data-sncf.com/.

 

L'édition innove : veille, études et compte-rendus d'évènements sur les évolutions du secteur

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