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Les startups de l’édition ouvraient leurs portes au public parisien

Les 10, 11, 12 octobre 2013, plus de 300 startups ouvraient  leurs portes au grand public. L’événement organisé par Paris Région Lab et la Ville de Paris était l’occasion d’aller à la rencontre de l’innovation parisienne dans plus de 30 lieux différents.

Le parcours des Portes ouvertes des startups parisiennes
Le parcours des Portes ouvertes des startups parisiennes

Les startups de l’édition présentes au sein de l’incubateur Nouveaux Médias Rue des Haies (Paris 20e) ont animé 3 ateliers consécutifs avec des collégiens le jeudi 10 octobre, tandis qu’au Labo de l’édition (Paris 5e), les startups de l’édition jeunesse recevaient un public mélangé de professionnels et d’enfants amateurs de lecture numérique pour des démonstrations autour d’un goûter le samedi 12 octobre.

Un atelier « Créé ton magazine enrichi » proposé aux scolaires à l’incubateur Nouveaux Médias

Jeudi 10 octobre, les startups Draft Quest, avec son logiciel d’aide à l’écriture d’articles, Madmagz, qui permet à chacun de réaliser simplement des magazines web, PDF ou papier, et  ONprint, qui propose de l’enrichissement de contenus, se sont relayés pour animer successivement l’atelier «  Crée ton magazine enrichi « .

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L’incubateur Nouveaux Médias (Paris 20e)

Les élèves de troisième du Lycée Professionnel Régional Abbé Grégoire répartis en 4 groupes de trois, ont passé 3h, par tranches de 1h, avec les startups pour imaginer et réaliser leur magazine.

Visiblement réticents, en début de séance, à l’idée de rédiger un contenu, les collégiens se sont pris au jeu grâce au talent de David Meulemans (DraftQuest) qui a réussi à les amener à produire des textes de leur cru.

Chaque groupe a produit, grâce à l’outil Draft Quest,  3 courts chapitres qui ont été ensuite intégrés dans l’outil de création de magazine Madmagz. Là, ils ont pu illustrer leur texte à l’aide d’images libres de droit recherchées sur Google, et le mettre en page, produisant ainsi en commun un magazine de 9 pages (Constitué de la couverture  et de 2 pages réalisées par groupe).

La dernière étape consistait à utiliser la solution d’enrichissement d’ONprint leur permettant de créer des liens entre les pages du magazine et des ressources du Web (vidéos, pages wikipédia, pages de sites internet…).

Pete Pierce d'ONprint présente le fonctionnement de la sa technologie aux collégiens
Pete Pierce d’ONprint présente le fonctionnement de la sa technologie aux collégiens

David Meulemans, éditeur, président des éditions Aux Forges de Vulcain et fondateur de DraftQuest décrit ainsi la séquence d’utilisation de DraftQuest par les collégiens :

« Dès leur arrivée, les collégiens ont commencé à écrire, en utilisant DraftQuest. Répartis en quatre groupes de trois, ils avaient cinq minutes pour écrire le début d’une histoire, en s’inspirant de visuels générés de manière aléatoire par l’interface DraftQuest. Au bout de cinq minutes, chaque groupe a lu son début d’histoire. Ce fut un moment d’émerveillement et d’hilarité. Emerveillement car ils furent tous étonnés d’avoir réussi à écrire, eux qui avouaient cinq minutes plus tôt ne jamais écrire. Hilarité, car, bien que partis des mêmes visuels, ils étaient partis dans quatre directions complètement différentes: roman policier, roman d’horreur, roman d’espionnage, saga familiale. Nous recommençâmes deux fois. Au bout d’une heure, nous avions quatre histoires, tirées de leur imagination. »

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David Meulemans (DraftQuest) lors des Journées portes ouvertes des startups

Nicolas Rodelet, responsable de l’incubateur,  a assisté à l’ensemble de l’atelier et rapporte que les élèves ont été très stimulés et motivés par l’expérience. Les deux enseignants présents  ont confirmé l’intérêt pédagogique de cette expérience  qui leur a donnée des idées pour des activités au sein du lycée.

Les élèves sont repartis chacun avec en cadeau « Le dictionnaire pittoresque du collège » offert par les éditions Aux Forges de Vulcain (Draft Quest).

Les enseignants ont pris date avec Madmagz pour se revoir et envisager l’utilisation de la plate-forme au sein du lycée.

ONprint a proposé aux enseignants d’imprimer les magazines produits par les élèves  après un petit travail de corrections orthographiques qui devrait être encadré par les enseignants.

A suivre au Salon de Montreuil : le concours de nouvelles enrichies #JEDI13

En conclusion de l’atelier, ONPrint et DraftQuest ont annoncé aux collégiens le concours #JEDI13 fruit de la coopération entre les deux sociétés, destiné aux collégiens et lycéens de toute la France a avec pour but de réaliser une nouvelle et des contenus enrichis.

Les collégiens et lycéens pourront compter sur le soutien de Draftquest pour composer et organiser le scénario de leur nouvelle, et c’est à l’aide de la plateforme ONprint qu’ils pourront enrichir les visuels composant leur nouvelle (de 4 à 8 pages).

Les élèves (forts de leur toute nouvelle expérience « d’auteur ») se sont montrés très motivés pour participer et les enseignants sont repartis avec un jeu d’affiches pour communiquer au sein du lycée.

Le concours #JEDI13 pour les collégiens et lycéens
Le concours #JEDI13 pour les collégiens et lycéens

L’édition jeunesse : de l’écrit à l’écran

Au Labo de l’édition, les startups de l’édition jeunesse de l’incubateur s’étaient réunies pour présenter leur démarche à un public de professionnels curieux des innovations en matière de contenus interactifs, de technologies et de modèles économiques, et d’enfants impatients de tester les applications –  mais remarquablement sages !

Webdokid,  Cylapp et L’Apprimerie, ont présenté dans un premier temps leur activité et leur modèle lors d’une table-ronde. Dans un deuxième temps, le public fut invité à tester les applications sur leurs stands répartis au sein du Labo de l’édition.

Webdokid développe des webdocumentaires pour les enfants, sur le thème de la découverte du monde, sous forme d’applications éducatives et divertissantes, à télécharger sur tablettes tactiles et smartphones.

Audrey Hellara, la fondatrice de la société, a raconté comment l’idée de développer des histoires interactives pour enfants lui était venue alors qu’elle était expatriée en Chine pour ses études en école de commerce, de l’envie de raconter à son filleul Lucas ses voyages et partager avec lui sa passion des cultures étrangères. Ainsi est née la collection dédiée aux aventures de Luka, dont le dernier opus est Luka et les copains du Pôle Nord.

Audrey Hellara (Webdokid) pendant la table-ronde "Édition jeunesse : de l'écrit à l'écran"
Audrey Hellara (Webdokid) pendant la table-ronde « Édition jeunesse : de l’écrit à l’écran »

Sandie Le Blach, son associée, professeure des écoles, était présente à ses côtés pour animer le stand de Webdokid où se sont massés les enfants qui ne se lassaient pas de jouer avec les aventures de Luka au Brésil et au Groenland.

Sandie Le Blach co-fondatrice de WebdoKid, au Labo de l'édition
Sandie Le Blach co-fondatrice de WebdoKid, au Labo de l’édition

Cylapp est une plateforme de création et de publication d’histoires numériques pour tablettes à destination des auteurs et illustrateurs jeunesse. L’interface en ligne permet de créer des histoires interactives liant livres numériques, interactions et utilisation des possibilités proposées par les tablettes. Les histoires sont disponibles dans une bibliothèque numérique regroupant toutes les histoires créées depuis la plateforme. Un site communautaire permet aux auteurs et illustrateurs de se faire connaitre, de promouvoir leurs oeuvres et de collaborer.

Cylapp permet aux maisons d’édition de posséder leur propre bibliothèque composée des histoires numériques dont ils ont les droits de diffusion.

Estelle Courdoisy et Audrey Wermeister ont fondé leur entreprise Smoon Digital au sortir de l’école des métiers de l’internet HETIC, après avoir posé les prémisses de Cylapp dans le cadre de leur projet de fin d’études.

Elles ont notamment présenté leur application ludique et pédagogique sur Napoléon, réalisée avec Digischool qui a semble-t-il su gagner la faveur des enfants présents.

La plateforme Cylapp sera disponible en plusieurs langues : les deux fondatrices ont insisté sur la nécessité de s’internationaliser car le marché du livre numérique est beaucoup plus développé à l’étranger.

L'application Napoléon - histoire et jeux par Cylapp et Digischool
L’application Napoléon – histoire et jeux par Cylapp et Digischool

L’Apprimerie est une maison d’édition interactive jeunesse et un studio de création éditoriale numérique, qui a choisi de s’inscrire dans la tradition du livre d’artiste et des typo-poèmes. Leurs réalisations, notamment Voyage au centre de la terre, témoignent de l’exigence poétique et de la rigueur formelle que les dirigeantes de la startup attachent à tous leurs livres animés.

Les 3 principes qui guident leurs réalisations de livre interactif sont l’animation typographique, la mise en page interactive, la lecture interactive.

Au public des portes ouvertes, Julie Guilleminot et Karine Duperret ont dévoilé en avant-première la plus récente réalisation du studio de création en collaboration avec les éditions Julliard. La version animée du roman Les choses de George Perec paraîtra en novembre 2013.

Le roman animé Les Choses de George Perc, une collaboration entre l'Apprimerie et Julliard
Le roman animé Les Choses de George Perec, une collaboration entre l’Apprimerie et Julliard

Lors de cette deuxième édition des Portes ouvertes des startups parisiennes, le grand public a donc pu témoigner de la vitalité et de la créativité des acteurs émergents du secteur de l’édition.

Retrouvez toutes les photos des Portes ouvertes des startups parisiennes ici !

Naïma (Labo de l'édition) accueillait le public des Portes ouvertes avec du pop corn !
Naïma (Labo de l’édition) accueillait le public des Portes ouvertes avec du pop corn !

#Binôme auteur-codeur : édition et open data

A l’occasion d’une conférence jeudi 3 octobre 2013, le Labo de l’édition organisait une rencontre entre deux professionnels en collaboration, l’ auteur Olivier Boudot, et le codeur, Sylvie Tissot, réunis autour d’une oeuvre commune : #VuDuRERC.

Pour écouter la conférence, c’est par ici.

Open data, késako ?

Une donnée est un fait brut qui n’a pas encore été interprété. Par exemple, si en consultant un thermomètre, j’y lis « 19°c« , il s’agit bien d’une donnée. Si je dis qu’il fait « plutôt doux pour la saison », il s’agit là d’une information. L’open data ne s’intéresse qu’aux données brutes. Les acteurs publics et privés manipulent un grand nombre de données et d’informations qu’ils mettent parfois en ligne. Mais les données brutes ne sont pas toutes ouvertes, c’est pourquoi il convient d’observer la manière dont on peut les réutiliser et les exploiter.

En somme, pour qu’une donnée soit « ouverte », celle-ci doit répondre à trois grands critères :

– Techniques : les données brutes doivent être exploitables de manière automatique et mises à disposition dans des formats les plus ouvertes possibles et non propriétaires (par exemple : on privilégie le format « .csv » à « .xls » d’Excel) ;

– Juridiques : les licences doivent clarifier les droits et les obligations des détenteurs et des réutilisateurs de données, elles doivent être les plus ouvertes possibles (par exemple : obligation d’attribution ou de partage à l’identique) ;

 Economiques : peu ou pas de redevances tarifaires (susceptibles de constituer des freins à la réutilisation), tarification maximale au coût marginal, etc.

Une oeuvre, double autorité : deux vies valent mieux qu’une

Ce travail de co-création s’établit depuis le travail de la matière première (textes, images) avec l’auteur jusqu’à sa mise en forme en passant par l’étude de sa réception par les publics. L’exemple de travail entre l’auteur Olivier Boudot et la codeuse (développeuse, ou programmeuse) Sylvie Tissot n’est pas un cas isolé. Depuis quelques années, de nombreuses collaborations, soutenues par le Centre National du Livre (CNL), émergent dans le secteur de l’édition : auteurs et développeurs, éditeurs et start-ups, etc. L’intérêt de #VuDuRERc réside dans le croisement de plusieurs langages et regards : celui du codeur, de l’auteur, du photographe, du géographe, de l’historien, du designer, etc. Au fond, il n’existe pas vraiment de « duo » au sens où chacun aurait un rôle, un statut et un mode de pensée strictement définis dans la conception de l’oeuvre.

Après la rencontre du 15 janvier 2013 entre Flore Roumens et François Bon, pionniers de l’édition numérique, place à un nouveau binôme et à un nouveau débat au Labo de l’Edition. Ce nouveau binôme avait pour ambition d’explorer la fusion des compétences entre un auteur et un codeur informatique autour d’une même oeuvre, et de mettre en évidence la complémentarité de leurs regards, de leurs pratiques, et de leur valorisation des contenus.

Le binôme était composé de :

Olivier Boudot, écrivain, éditeur, historien et mémorialiste, est le fondateur de « Mémoires d’Hommes, Histoires d’Entreprises » en 1997. Il revendique une démarche originale à la croisée des chemins de l’histoire économique, de la communication et de la littérature. Chaque ouvrage papier publié est l’occasion de parcourir un univers spécifique, de réfléchir sur la mutation économique et la transformation du paysage industriel, de dessiner une cartographie de la transformation des territoires industriels et de ressusciter les liens entre passé et présent. Depuis 2009 sont nés les Guides Marsilo – Paris-Lyon, Vu du Train et Vu du RER C -, des guides de découverte patrimoniale et culturelle des territoires, interprétés à travers leurs histoires, leurs paysages et le regard de leurs habitants.
 
Sylvie Tissot, chercheuse en informatique et fondatrice de la société Anabole qui est à l’origine de la conception de l’application #VuduRERc qui complète l’ouvrage papier du même nom d’Olivier Boudot publié en juillet 2012 aux éditions OLIMAR. L’application, désignée par Nodesign, propose de superposer deux visions des territoires traversés par le RER C : un regard ancré dans le présent et une vision passée. @SylvieTissot
La modération était assurée par Camille Pène du Labo de l’édition@fluxcamille

« Si t’es pas auteur t’es pas codeur » ?

Cette formule radicale est tiré d’un billet de Thierry Crouzet sur son blog. Il est notamment l’auteur de L’édition interdite et publie ses textes en numérique depuis 1996. L’expression, à l’image du débat auteur-codeur, souligne clairement le rôle prépondérant de la compétence informatique dans l’édition de livre à l’heure où le livre numérique se développe et les formats se complexifient.
Cela ne signifie pas pour autant que l’auteur qui ne maîtrise pas le code n’est pas un artiste, mais que le « codeur » est également auteur et artiste. La formule met en relief l’évolution du rôle de l’artiste et de l’auteur avec le développement des technologies numériques. Aujourd’hui, être auteur ou artiste appelle à être producteur à travers une relation de coproduction.

#VuDuRERc,une démarche de co-création

Avec plus de 500 000 voyageurs quotidiens sur sa ligne, le RER C est au croisement d’une co-production entre un ouvrage papier et une application iPhone. Le guide dépeint la richesse des 84 gares desservies sur la ligne qui traverse sept départements. Une page par desserte, avec des photos de vues observées à travers les vitres, des idées de sorties, de visites ou de balades, tel est le concept de #VuDuRERc.

L’application est enrichie de trois strates de données distinctes mais complémentaires : les données ouvertes, les contenus vidéos payants, et les données produites par les utilisateurs (autrement dit, les « données sociales »). Ces trois types de données ont un seul et même objectif : transformer le transport en commun des usagers en un voyage et en une expérience de création littéraire personnalisés.

Le paysage comme outil de navigation dans l’ouvrage

Le projet allie rencontres humaines et rencontres avec les territoires à travers cette bande de paysages qui prend forme et vie. L’application est conçue comme «le regard numérique du guide, souligne Sylvie Tissot. Le point d’entrée est le paysage, l’exploration du territoire à partir du paysage, la manière dont il est configuré et habité par les gens ».

Utiliser les données de mobilité comme matière première, voilà la genèse du prototype. L’open data des territoires oriente ainsi les réutilisateurs vers des services utiles au quotidien – dont un service d’horaires en temps réel que nous évoquerons plus bas.

Ces différents niveaux de lecture du territoire et ces diverses strates de données, ont conduit à la construction et à la mise en forme de données factuelles, interactives et synthétiques.

Hiérarchiser, sélectionner, filtrer : la technique au service de…

Le travail de sélection et de tri des flux de données en open data laissées à disposition a été conséquent, mais la volonté de garder une ligne éditoriale forte a été préservée tout au long de ce projet. Le rôle des graphistes et designers dans l’application s’est également posée dans le public présent : ils ont su hiérarchiser, mettre au point la bande de paysages comme fil conducteur du propos éditorial, et séparer la contribution de chacun par rapport au point de vue éditorial de départ. La difficulté étant de trouver des flux d’open data suffisamment riches et de ne pas noyer l’utilisateur dans l’information, dans une forme d’« infobésité » à laquelle il est quotidiennement confronté.

Une vision patrimoniale entre passé et présent

Le travail de cartographie est remarquable. Sylvie Tissot a exprimé durant la conférence sa volonté de « passer par les traces, par les gens et par les territoires tout en restant dans une forme de vision patrimoniale ».

A partir d’un large spectre de données (témoignages, archives de l’INA et de la médiathèque SNCF, anciennes cartes postales, etc.), l’application VuDuRERc révèle le passé de l’Ile-de-France. Une navigation inédite est proposée grâce à une bande de plusieurs centaines de photos prises du train et couvrant tout le parcours. 75 pages extraites du guide, 45 films, une centaine de cartes postales, une vingtaine d’événements Futur En Seine, une cinquantaine de contributions, voilà ce que représente le prototype #VuDuRERc.

Les filtres colorés – comme le montre la capture d’écran ci-dessous, permettent de visionner les contenus papiers, les archives vidéos, les cartes postales, les gares, etc. L’icône  « Editer MonGuide » renvoie à une fonctionnalité personnalisée : l’usager de l’application peut délimiter grâce à l’application ce qu’il souhaite obtenir au format papier et choisir un livre personnalisé à l’achat. Ou comment le numérique permet un retour intelligent et intelligible au support papier : en plaçant son utilisateur au coeur du dispositif. #Printisnotdead

L’ouverture des données par SNCF et l’INA

Entre qualité et quantité, le plus compliqué a été de contextualiser les données « brutifiées » par la SNCF. Les « données ouvertes » ne nous racontent pas tout, ce sont leur visualisation et leur réutilisation qui leur attribuent un sens et une ligne directrice. La donnée « brute » n’existe pas : avant de les transmettre pour la création de l’application, la SNCF s’était chargée de faire son propre tri, en interne.

Du bon usage des données sociales et des réseaux sociaux

En intégrant et en associant des réseaux sociaux dans l’application, Sylvie Tissot a opté pour l’intégration et la participation des utilisateurs voyageurs.

L’application se veut surtout collaborative : chaque passager et internaute fait émerger le voyage à travers l’usage des réseaux sociaux.

Derrière la dimension passée et le travail d’archives, l’ancrage dans le temps présent est incarné par l’intégration d’une messagerie instantanée et des informations horaires en temps réel sur l’ensemble de la ligne via l’open data de SNCF. Une application Facebook permet également aux internautes de poster en direct diverses contributions. Les actualités liées aux événements le long de la ligne sont également disponibles. Les tweets géolocalisés des internautes apportent une dimension poétique et onirique de la navigation à travers les paysages.

Edition et open data : un cadre économique et juridique complexe

#VuduRERc  est né en juillet 2012, à l’occasion de l’appel à projets de Futur En Seine. Cette opportunité collait parfaitement aux ambitions du duo. Le prototype a coûté 60 000 euros, dont 45% ont été financés par la Région Île-de-France. Le projet a appelé un partenariat des deux collaborateurs avec l’INA, la SNCF et l’agence nodesign.

Derrière les contraintes techniques et économiques, Sylvie Tissot ne manque pas d’évoquer le cadre juridique inhérent à l’exploitation à la réutilisation de ces données ouvertes. La récente ouverture en France des données publiques ne permet pas encore au grand public de s’en emparer et d’en mesurer les enjeux sur le plan social, politique et culturel. Ces données sont donc ouvertes, certes, mais bien souvent muettes.

La mise en oeuvre complexe de ces données pourrait être simplifiée. Le cadre juridique est établi pour la majorité des données publiques, mais les types de licences et de contrats se multiplient. Le statut des données issues d’organismes parapublics reste à préciser. L’interopérabilité technique et juridique est cruciale : il convient de clarifier les formats et les licences acceptables dans une optique d’encouragement à l’ouverture et à la réutilisation. La gratuité pour la réutilisation des données à titre commercial favorise l’innovation et les nouveaux usages.

Dans le rapport « Pour une politique ambitieuse des données publiques », les auteurs proposent trois axes stratégiques pour favoriser la réutilisation des données publiques :
– Simplifier pour accélérer : réduire les  efforts nécessaires d’une part à la diffusion des données par les acteurs publics, et d’autre part à leur réutilisation, afin d’accélérer le développement de services utiles à partir des données publiques.
– Faciliter l’expérimentation : adapter les conditions de réutilisation des données publiques pour faciliter l’expérimentation par les citoyens, les associations et la communauté des développeurs et des entrepreneurs.
– Favoriser l’émergence d’un écosystème : favoriser l’émergence d’un écosystème de producteurs et de réutilisateurs de données publiques en France, autour du portail data.gouv.fr.

Données sociales ou données vidéos ?

Par « données sociales », on entend les différentes activités qui intègrent la technologie, l’interaction sociale, et la création de contenu. Les médias sociaux utilisent l’intelligence collective dans un esprit de collaboration en ligne. Par le biais de ces moyens de communication sociale, des individus ou des groupes d’individus qui collaborent, créent ensemble du contenu Web, organisent le contenu, l’indexent, le modifient ou font des commentaires, le combinent avec des créations personnelles. Les données sociales utilisent beaucoup de techniques, telles que les flux RSS et autres flux de syndication Web, les blogues, les wikis, le partage de photos (Flickr), le vidéo-partage (YouTube), des podcasts, les réseaux sociaux, le bookmarking collaboratif, les mashups, les mondes virtuels, les microblogues, etc.

Les données vidéos, quant à elles, comme les archives de l’INA  par exemple, relèvent d’un travail minutieux d’archivage patrimonial et de stockage au nom d’une mémoire collective. Elle permet un retour thématique, spatiale ou datée sur les événements passés. Ces bases de données multimédia (texte, image, son, vidéo) posent encore certains problèmes, notamment au vu de la complexité de l’indexation et des recherches basées sur le contenu, à cause notamment de formats numérique très sollicités mais non conçus à des fins d’indexation. Dans la perspective d’une collaboration avec les technologies, ces bases de données ont pour mission de conserver et valoriser le patrimoine, et de transmettre et d’innover à l’échelle locale, nationale, voire internationale.

Et après #VuDuRERc, quelle suite pour open data et mobilité ?

Une version Androïd est en cours de développement. Le modèle économique qui consisterait à s’appuyer sur les points d’intérêts des collectivités est en cours d’élaboration. L’idéal pour le prochain projet de ce binôme encore au stade expérimental serait un financement par les collectivités.

Le transport semble une cible en vogue que l’édition pourrait davantage explorer et s’approprier. Les données du transport, et plus globalement de la mobilité sont diverses et variées : données brutes / données enrichies, données historiques / données prédictives, données statiques (en stock) (ex :cartes postales, vidéos, etc.) / données dynamiques (en flux) (ex : horaires de trains, flux Twitter, etc.), données de description / données d’exploitation ou de commercialisation, etc.

Dans une optique de mobilité au sens large, il faut aussi prendre en compte un grand nombre de modes : piéton, vélo, automobile, train, voies fluviales, car, tramways, etc. … Les données de mobilité sont produites / collectées / gérées par un très grand nombre d’acteurs aux statuts juridiques et aux stratégies parfois incompatibles. Les données concernées sont donc potentiellement nombreuses, mais très divers dans leurs statuts juridiques, leurs valeurs identifiées, réalisées ou perçues. Quelle priorité d’ouverture convient-il d’apporter à ces données ? Quels critères prendre en compte ? Au-delà de #VuduRERc, le débat ne se limite pas au domaine des transports publics.

#VuduRERc, ou l’exemple parfait montre que le livre peut être aisément actualisé par un contenu dynamique et innovant, à la croisée de l’open data et des données sociales. Edition & open data sont en bonne voie.

Pour approfondir ce débat autour de l’opendata au service de la mobilité, nous vous invitons à consulter le portail OpenData de la SNCF : http://test.data-sncf.com/.