Le blog du Labo déménage sur www.labodeledition.com

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www.labodeledition.com

 

Depuis le mois de décembre 2015, le Labo de l’édition dispose d’un nouveau site web où sont regroupés les news de l’incubateur, l’agenda des évènements ainsi que les contenus du blog !

A partir de maintenant, pour lire nos articles sur l’édition numérique, les médias, le transmédia, l’éducation, la librairie et bien d’autres sujets, rendez-vous sur www.labodeledition.com !

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Compte-rendu de la table ronde : la relation auteurs lecteurs à l’heure du numérique

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Modérée par Elizabeth Sutton, fondatrice d’IDBOOX et conseillère en édition numérique, la table ronde qui s’est tenue au Labo de l’édition le 24 novembre a réuni professionnels du secteur et nouveaux acteurs de l’édition numérique autour de la question des relations auteurs-lecteurs. Quatre intervenants ont pris la parole :

Florence Dell’Aiera, adjointe au directeur du développement numérique du Groupe Albin Michel

Nawal Stouli, booktubeuse fondatrice de Miss Book

Charlotte Allibert, co-fondatrice de Librinova, plateforme d’aide à l’autoédition

François Rochet, fondateur de Book Weather, guide communautaire de lecteurs sur mobile

La discussion s’ouvre sur une introduction d’Elizabeth Sutton qui retrace l’histoire de la recommandation, classiquement assurée par le bouche à oreille auquel s’ajoute à l’ère du numérique une myriade de fonctionnalités…

Algorithmes, réseaux sociaux, guides communautaires, plateformes d’écriture… De l’édition traditionnelle à la sphère des auteurs indépendants, ces nouveaux outils ont irradié le rapport au public. Bousculant profondément la chaîne du livre, ils ont instauré une proximité inédite entre auteurs et lecteurs, une nouvelle relation que l’on qualifie souvent de « privilégiée ». En effet, les auteurs fédèrent aujourd’hui des communautés de lecteurs on line, favorisant l’interaction directe et le sentiment d’intimité. Mais dans quelles mesures ces nouvelles possibilités facilitent-elles  la relation auteurs lecteurs ?

Charlotte Alibert note un enrichissement considérable des auteurs indépendants au contact des réseaux sociaux et autres plateformes communautaires : autrefois seuls face à leurs textes, les écrivains bénéficient aujourd’hui de « beta-lecteurs », leur travail est sujet à la critique constructive de leur groupe virtuel qui constitue lui-même un moyen de diffusion et l’accès à un lectorat potentiel.
Nawal Stouli corrobore ce discours en soulignant l’accessibilité permanente des auteurs qui serait d’après elle le meilleur moyen de fidéliser les lecteurs.

A titre d’exemple, Elizabeth Sutton évoque l’georgeécrivain belge George Simenon décédé en 1989 qui bénéficie d’une page Facebook gérée par son fils, anecdote illustrant la volonté de créer ou de recréer une proximité avec des lecteurs, et son efficacité : la vente des célèbres romans policiers a augmenté depuis cette inscription sur les réseaux sociaux.

Accorder du crédit aux lecteurs semble être le mot d’ordre partagé par tous les intervenants, y compris par Florence Dell’Aiera qui révèle la propension des maisons d’édition traditionnelles à rester cantonnées aux relations presse.

Booktube power

Emblématiques d’un nouveau droit à la parole, les booktubeurs ont envahi le web. La vocation originelle de Miss Book était de redonner goût à la lecture aux jeunes en s’appropriant les codes de youtube pour une critique littéraire vivante et scénarisée. Avec plus de 3000 followers sur leur chaîne, Nawal Stouli est ses collaboratrices sont devenues de véritables relais d’opinion. Il leur a fallu prendre conscience de leur responsabilité en termes de recommandation, souligne sa fondatrice.

Du lecteur au média, la frontière s’étiole alors sensiblement… Au risque de voir les bloggeurs littéraires et booktubeurs achetés par les maisons d’édition, à l’instar de leurs homologues dans la mode et les cosmétiques. Ces nouvelles dispositions posent naturellement des questions d’authenticité. Peut-on rester totalement indépendant lorsque l’on devient un relai promotionnel en puissance ? Méfiance, c’est la ligne de conduite que s’est fixée Miss Book après une expérience douteuse avec un éditeur.

Auteur ou community manager ?

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Authenticité et sincérité sont des questions qui reviennent également au sujet de l’auteur. Si les nouveaux lecteurs apprécient l’accessibilité et la familiarité permises par la présence web, que penser lorsque celle-ci est prise en charge par un community manager ? La relation auteur-lecteur n’est-elle pas finalement biaisée ?

A un certain degré de notoriété, un auteur finit presque par devenir une marque, note François Rochet. Aussi juste soit cette intervention, ce rapprochement est-il légitime ? Là est toute la question. A l’heure des réseaux sociaux, l’auteur doit-il être une figure ou une personne ? Le point fait débat…

Florence Dell’Aiera souligne finalement une différence générationnelle : si les auteurs et les lecteurs issus de la chaîne du livre traditionnelle ressentent peu le besoin d’interaction directe, les nouveaux acteurs comme les booktubeurs l’ont intégré à leur mode de fonctionnement. Ainsi, Charlotte Alibert préconise l’implication personnelle avant tout. S’inscrire sur les réseaux sociaux, c’est d’abord avoir l’envie de communiquer avec sa communauté. Il faut ensuite ménager un bon ratio entre flux d’informations et familiarité.

Je te like, moi non plus

L’action sur les réseaux sociaux nécessite également un savoir-faire et l’appropriation de certains codes, rappelle François Rochet. Vient alors la question fatidique du bashing : le web facilite la relation auteurs lecteurs, mais il est parfois véhicule d’interactions néfastes. Si la communication devient une affaire personnelle, comment faire face aux commentaires négatifs ?

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Les plateformes d’aide à l’autoédition comme Librinova existent pour pallier au déficit de gestion de ces retours négatifs. Charlotte Alibert souligne le caractère constructif de la critique, il faut savoir en tirer les enseignements nécessaires et s’en détacher. Pour Nawal Stouli, la peur de la mauvaise critique ne doit pas constituer un frein pour la présence web : la communauté online se pose justement comme soutien face à l’adversité. Une mauvaise critique mobilisera les fans, engagera la communauté et intéressera par conséquent de nouveaux lecteurs.

Le lecteur, un ambassadeur ?

Dompter cette relation inédite, c’est en somme prendre conscience du nouveau pouvoir du lecteur. Selon François Rochet, plus de la moitié des achats de livres sont effectués grâce à la recommandation sociale.

L’information n’échappe pas à Florence Dell’Aiera qui souligne son intérêt pour les éditeurs. Le web a repris les codes des cercles de lectures pour mettre en relation des lecteurs aux quatre coins du monde, note le fondateur de Book Weather.

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Nawal Stouli ajoute que cette nouvelle intimité horizontale replace la critique littéraire sous le signe de la démocratie.
On note par exemple des auteurs comme Marc Lévy qui à chaque sortie de livre organisent un petit déjeuner bloggeuses durant lequel ils semblent prendre du plaisir à s’impliquer dans leur communauté.

Enfin, Elizabeth Sutton conclut en s’arrêtant sur cette notion d’ambassadeur. Ce titre a un sens profond au cœur du nouvel écosystème de l’édition et parle à tous les intervenants : il semble en effey que le lecteur intègre la chaîne du livre, à la fois en tant que guide, critique, protecteur et représentant de l’auteur.

 

 

Déjeuner laborantin #9

Mercredi 18 novembre 2015, le Labo de l’édition organisait son neuvième déjeuner laborantin. Une occasion pour les professionnels et les curieux de se projeter dans l’avenir en s’enrichissant d’initiatives innovantes. La parole a été donnée à cinq porteurs de projets en lien avec l’édition numérique.

Pour débuter l’évènement, Claire Grimond présente Dégolas, un projet engagé dans la cause environnementale qui fait de l’humour noir et de la dérision ses leviers pédagogiques. Véritable plaie pour l’environnement, l’elfe des bois au prénom hautement suggestif illustre les gestes et habitudes à éviter pour adopter un comportement éco responsable.

L’initiative se déploie en une websérie animée,  une map collaborative Dégolas World qui géolocalise la pollution partout dans le monde grâce aux contributions des internautes, et une webcérémonie des Dégolas Awards qui récompense les pires pollueurs de la planète. Il est également possible de suivre les aventures de Dégolas via les réseaux sociaux avec le hashtag associé (#DEGOLAS). L’originalité du projet produit par Melting Productions repose en partie sur ce dispositif transmédia qui permet d’ancrer le scénario catastrophe dans la vie du spectateur de façon ludique en contournant le discours habituel.

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La parole passe à Nicolas Fontenit qui pitche alors au sujet de Parembole, une application de textes enrichis à destination des auteurs et créateurs de contenus. Le nom du projet évoque un effet de style bien connu qui consiste à inclure dans une phrase des parenthèses explicatives sur chaque terme. Une figure du discours qui prend évidemment tout son sens au sein du web où le clic fait office de digression 2.0… Différents modules permettent d’intégrer dans un texte du son, des vidéos, des géolocalisations ou encore une fenêtre Twitter pour une véritable expérience de lecture qui est aussi, selon Nicolas, une expérience sociale.Le public relève justement une résonance avec la plateforme de crowdsourcing Wikipédia qui tend de plus en plus à enrichir ses contenus. Cependant Parembole cible en premier lieu les auteurs de fiction pour mettre entre leurs mains un dispositif simple leur permettant créer des histoires interactives.

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Vient ensuite la présentation de Reporters, un jeu intergénérationnel destiné à éveiller la curiosité des enfants et à favoriser le partage au sein des familles. Le principe repose sur des carnets d’enquête qui incitent le jeune utilisateur à réaliser des reportages sur plusieurs sujets liés à sa famille et à son environnement : le métier d’un de ses parents, les secrets de sa ville… L’enfant devient alors un reporter, les membres de sa famille des héros… La solution semble magique pour valoriser l’expérience des aînés tout en rendant l’enfant autonome et créatif. A la question de l’enrichissement des contenus posée par le public, les porteurs du projet répondent par l’annonce d’une future application destinée à intégrer l’audio et la vidéo dans le dispositif. On note finalement l’intérêt de la méthode Reporters à bien des échelles, au-delà même du cercle familial : l’outil peut encourager les enfants à s’intéresser à d’autres contextes sociaux et à effectuer des enquêtes sur d’autres sujets. Le projet a d’ailleurs remporté le Prix PEPITE pour entrepreneuriat lancé par le ministère de l’enseignement supérieur.

C’est aux trois étudiantes de LISAA, accompagnées de leur responsable pédagogique, de présenter leur projet de fin d’études en cours d’élaboration : « Quand je serai grande ». Cette application bientôt réalisée à l’aide du studio Pandasuite présente aux 10-12 ans des biographies de femmes oubliées qui ont pourtant marqué l’histoire. Le programme tend à élargir au maximum le regard de l’enfant en lui faisant connaitre des femmes de toutes origines, de tous horizons et de toutes époques. S’il rappelle les applications ludo-éducatives de l’éditeur Quelle histoire, « Quand je serai grande » est cependant très ciblé : c’est de la cause féminine et des anecdotes inédites dont il est question ici.

Pour clore les pitchs, Maud et Guillaume présentent leur future startup WaysBooks. Ce projet propose de réinventer la lecture pour les 6-12 ans avec une nouvelle génération de livres numériques, alliant textes, illustrations, animations, interactions et son… « afin que la lecture redevienne enfin un divertissement ». Inspiré des « Livres dont vous êtes le héros » ou « livres-jeu », WaysBooks empreinte les codes du jeu vidéo pour offrir une expérience de lecture personnalisée et supprimer toute notion de hasard dans le déroulement des aventures. Les histoires reposent sur des scénarii bien ficelés généralement écrits par des spécialistes de la série. La vocation des porteurs de WaysBooks est le développement à terme d’un logiciel qui automatiserait la réalisation des livres enrichis, pour permettre aux auteurs et aux éditeurs de créer leurs livres interactifs à moindre coût.

Merci à tous les entrepreneurs pour leur présence dynamique et la qualité de leur intervention. La majorité des projets abordés lors de ce neuvième déjeuner laborantin approchent des problématiques liées à l’éducation. Illustrant la volonté du Labo d’approfondir cet axe crucial de la mutation numérique, ce programme annonce le démarrage en 2016 d’un cycle thématique dédié aux rapports entre les possibilités du numérique et la pédagogie.

La veille du Labo de l’édition #11 : en brèves

La veille du Labo de l’édition vous informe des innovations et analyses les plus marquantes dans le secteur de l’édition et des médias grâce à une sélection de contenus (articles et ressources) qui enrichissent votre regard sur les mutations numériques.

Edition numérique


Tolino Books contre le monopole d’Amazon
quid des auteurs ?

Espoir florissant d’une alternative européenne crédible à Amazon, Tolino a récemment mis en avant un avantage concurrentiel face au géant américain avec la distribution des Tolino Books en librairie. Largement commentée dans le milieu de l’édition numérique, la nouvelle a notamment fait l’objet d’un article sur Actualitté qui retrace l’évolution de la marque allemande depuis 2014 : après avoir dépassé Amazon en parts de marché sur la vente de livres numériques, cette dernière avait ouvert les bras aux auteurs indépendants en lançant à l’instar de sa concurrente outre-atlantique une plateforme d’autoédition ainsi qu’un service d’impression à la demande.

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De nouveau calquée sur l’offre de la multinationale, l’initiative prise avec les Tolino Books révèle la valeur ajoutée du consortium : alors qu’Amazon reste exclu des librairies physiques du fait de sa mauvaise réputation, Tolino rassemble de nombreuses forces allemandes (Thalia, Hugendubel, Weltbild, Mayersche et Osiander) qui lui confèrent une place de choix sur le marché du livre européen.

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Dans un article du Digital Reader, Nate Hoffelder aborde cependant la question sous un autre angle et pose le problème de la place accordée aux auteurs indépendants dans cette confrontation. En effet, les dix livres sélectionnés pour être distribués en rayon des librairies sont réédités sous l’empreinte de Tolino, avec une nouvelle couverture designée par un graphiste. Une démarche qui, selon Hoffelder, illustrerait une certaine condescendance à l’égard des autoédités. Il dénonce également une imposture : la société allemande s’attribuerait le mérite de ces titres autopubliés dont l’édition est le fruit du seul travail des auteurs.

Recommandation : Big Data et sentiments

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Alors que nous avions interrogé en 2014 la technologie de la prescription, une nouvelle solution de recommandation a récemment vu le jour avec la société espagnole Tekstum, spécialisée dans l’analyse des données de lecture. Actualitté s’est penché sur ce projet lancé à Barcelone en avril 2015. L’entreprise entend réunir les Big Data, l’intelligence artificielle et la culture afin de créer une base de donnée qualitative applicable à l’industrie du livre. Un algorithme parcourrait alors les critiques et les commentaires à travers Amazon, Goodreads, Twitter, Facebook et les blogs de lecteurs afin de traiter le langage pour en synthétiser les « sentiments » des lecteurs.

Médias


L’innovation dans la presse par Google : extension du FINP

Google développe actuellement une structure d’aides à la presse numérique au niveau européen, extension du « Fonds Google » français (FINP). La concurrence accrue entre les « géants du web » pour séduire les médias intensifierait-elle l’attention portée aux éditeurs de presse ?

MarketingLand.com
MarketingLand.com

Comme le note un article de Satellinet, le programme de la Digital News Initiative comprend trois axes cruciaux. Le premier est le « dialogue produit », un comité de réflexion avec les éditeurs autour de la conception de nouveaux outils digitaux. Google y a notamment dévoilé mi-octobre Accelerated Mobile Pages, un outil mis à disposition des éditeurs pour faciliter la consultation de leurs contenus sur mobile. Le second est le « NewsLab », un cycle de formations gratuites aux journalistes et aux rédactions pour les familiariser aux nouvelles technologies numériques, notamment celles de Google… Le troisième est un fonds européen doté de 150 millions d’euros sur trois ans, dirigé par Ludovic Blecher. Ce dernier illustre dans un communiqué l’ambition au cœur du projet : « encourager de nouvelles réflexions sur la façon de penser la production de l’information à travers tout l’écosystème afin que les éditeurs de presse de toutes tailles aient les cartes en main pour expérimenter ».

Education


« Learning games » à la Paris Games Week

dragonDu 28 octobre au 1er novembre, le Hall Junior de la Paris Games Week accueille un espace dédié à la famille connectée géré par La Souris Grise, avec sept éditeurs d’applications indépendants qui présentent l’offre numérique jeunesse. Au sein de ce stand mêlant le livre, les jeux et l’apprentissage, certaines sociétés approchent le learning game. C’est le cas de We want to know avec Numbers de la Dragonbox 2, une application ludique pour former et entraîner l’esprit des enfants aux mathématiques. La Smart Academy développe Memo Flash, une méthode d’apprentissage à base de cartes numériques adaptée à tous les âges (élèves de primaire ou étudiants) et à tous les domaines. Son fondateur Nicolas Lehovetzki vise aussi bien les acteurs de l’édition scolaire traditionnelle que les écoles, s’impliquant pleinement dans les problématiques qui incombent à la pédagogie aujourd’hui : l’équipement des classes, la formation numérique des professeurs ou encore l’optimisation des capacités des élèves…

Librairie


Les librairies du 21e siècle, entre papier et numérique

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Idboox s’est récemment intéressé aux nouveaux concepts de librairies physiques qui émergent à l’heure de la transformation numérique. The Writer’s Block, la seule et unique librairie de Las Vegas, a ouvert il y a peu sous l’impulsion des habitants désireux de renouveler l’image de la ville et d’y créer un lieu de rendez-vous pour les amateurs de culture et de lecture. Plus qu’une librairie, il s’agit d’un univers où convergent les besoins et les rêves liés à l’univers du livre. Les services proposés vont de la salle de lecture à l’atelier d’écriture, sans oublier le coin dédié aux enfants. Les écrivains indépendants peuvent quant à eux faire appel aux libraires pour imprimer leurs titres grâce à la Espresso Book Machine (appareil permettant d’imprimer des livres à partir du numérique à la demande). Enfin, un espace dédié à la reliure remonte à la racine de la fabrication des ouvrages.

cccP.J. Boox, une librairie physique dédiée spécifiquement aux auteurs indépendants et aux petits éditeurs vient d’ouvrir en Floride (USA). Le concept a été créé à l’été 2015 par l’auteure et illustratrice indépendante Patti Brassard Jefferson. Son expérience en tant que membre de la Florida Authors and Publishers Association lui a permis de constater une véritable demande, à laquelle répond un concept assez innovant. La librairie propose en effet aux écrivains de louer des rayonnages de sa librairie pour exposer et vendre les livres publiés, note Elisabeth Sutton.

TheBookSeller.com
TheBookSeller.com

Enfin, l’ouverture à Birmingham de la nouvelle librairie de la chaîne indépendante Foyles a fait l’objet d’une large couverture médiatique. Comme le relève The Digital Book World, l’endroit est décrit par son directeur financier comme un espace de vente où « le physique rencontre le numérique » (« where physical meets digital »). Au cœur de la vision du projet, le public familial bénéficie au sein de cette boutique d’un enrichissement numérique considérable : via des podcasts visuels diffusés dans le magasin, les visiteurs peuvent voir et entendre leurs auteurs préférés lire des passages de leurs best-sellers. Un équipement en tablettes permet aussi de favoriser le service client.

L’édition participative, nouvelle tendance des librairies indépendantes ?

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Le site d’édition participative Inkshares a récemment suggéré un usage créatif de sa plateforme aux librairies indépendantes : publier leur propre anthologie grâce au crowdfunfing. Publishing perspectives a dédié un article à la tendance, s’intéressant particulièrement au cas de Papercuts J.P, Basée à Boston, la librairie a célébré son premier anniversaire en publiant grâce à la communauté d’Inkshares un recueil de tous les auteurs ayant visité les lieux depuis sa création. L’idée était d’offrir à sa communauté une véritable trace des auteurs, plus durable que celle des événements et des rencontres organisées. La propriétaire, Kate Layte, relève l’intérêt de remettre la réalisation de ce type d’initiative entre les mains des lecteurs: il s’agit d’établir une connexion plus forte entre les auteurs, les librairies et les communautés locales.

Design / Innovations


Colorier en réalité augmentée

Le Disney Research Lab a récemment annoncé le lancement d’une nouvelle technologie de réalité augmentée qui permet de donner vie aux coloriages. A cette occasion, The Digital Reader fait un point sur les développements du secteur. La marque de crayons Crayola propose depuis début 2015 la collection Colour Alive, des livres de coloriages équipés d’une application pour smartphone ou tablette permettant de faire surgir les personnages imaginaires de la page en 2D. Disney va plus loin en ajoutant au processus la notion d’instantanéité qui accentue l’effet de réalité et permet aux enfants de mieux travailler la perspective. Dans son article sur le sujet, Idboox cite l’application « Cahier de Dessin Animé » de Claire Faÿ et Pierrick Chabi qui avaient déjà pris le tournant en passant de la 2D à la 3D. Selon Disney Research, la réalité augmentée détiendrait un potentiel exceptionnel, celui de construire un pont entre les activités du monde réel et les développements numériques.

Le livre du mois


Que voit-on quand on lit ? de Peter Mendelsund

Publié aux Etats-Unis en août 2014, l’ouvrage du designer de couvertures Peter Mendelsund What we see when we read avait été dûment consacré « meilleur livre de l’année » par Kirkus et le San Fransisco Chronicle. Sa traduction française par Odile Demange vient de paraître aux éditions Laffont. L’ouvrage est une fine analyse de nos imaginations de lecteurs et une plaisante méditation sur le pouvoir évocateur des textes. Avec le design subtile qu’on lui connaît, Peter Mendelsund illustre tout au long de l’ouvrage les mécanismes de l’esprit humain durant l’acte de lecture, fondant les mots dans les images, et inversement. Une fourmilière d’idées sur les possibilités d’expériences de lecture pour les acteurs de l’innovation dans le secteur de l’édition.

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LAPLIKILI

Prix de la Jeune Création d’Entreprise 2015 par l’IDEFI-CRÉATIC

Laplikili est un studio de création numérique spécialisé dans la réalité augmentée. Il cible particulièrement les enfants dans une perspective pédagogique, pour leur donner le goût de la lecture ou leur rendre les arts plus accessibles. Ce tout jeune projet de fin d’études a remporté le prix de la jeune création d’entreprise 2015 par l’IDEFI CREATIC, gagnant une immersion de 6 mois au Labo de l’édition. Christina, la CEO, nous parle de son expérience dans l’incubateur !

Lancement du workshop de team writing avec Textaz

En route vers le roman collaboratif…

Mercredi 14 octobre 2015, le Labo de l’édition a lancé la première édition du workshop de Team Writing porté par Pierre-Chanel Kilama, créateur de la plateforme d’écriture collaborative Textaz.

Présent lors de notre dernière table ronde sur les nouveaux modes d’écriture à l’heure du numérique, Pierre-Chanel avait animé le débat en prévoyant à cette dernière un avenir « collaboratif » et « hyperconnecté ». Le pari du workshop était donc de proposer une alternative In Real Life aux nouvelles pratiques natives du web, afin de motiver l’esprit créatif par la rencontre et la discussion.

Six personnes ont répondu présent à l’appel de cette première séance : Sonia, Roxane, Clotilde, Sabrina, Violaine et Nicolas. Des personnalités, des vies, des horizons différents, réunis autour d’un projet littéraire commun…

Les règles de l’art

L’accueil des participants s’est déroulé en toute convivialité : chacun a été amené à se présenter, à parler de ses goûts en matière de fiction, à dévoiler sa sensibilité littéraire.

Principes souverains de la méthode Textaz, bienveillance et honnêteté sont selon Pierre-Chanel la promesse d’un roman collaboratif réussi. Tout au long de l’atelier, chacun sera donc confronté aux encouragements et au sens critique de ses partenaires. Cela semble être le meilleur moyen de stimuler la rigueur et la motivation.

L’idée est de faire interagir les avatars des participants au sein d’un univers narratif commun. Pour cette première édition, l’intrigue évoluera dans le contexte du « monde d’aujourd’hui », chacun sera libre d’en donner sa propre vision à travers son personnage.

Brainstorming

Après les présentations, le brainstorming : chacun a dévoilé ses thèmes de prédilection, ses attentes en termes de narration et de style… Une atmosphère à la fois studieuse et complice qui a permis d’entrevoir d’intéressantes connexions entre les différentes aspirations littéraires des participants. Une belle promesse pour la suite de l’atelier !

© 20 minutes

Témoignages de  « texteuses »

« Belle expérience qui m’a permis de découvrir une façon d’écrire super interessante🙂
J’ai beaucoup aimé brainstormer de cette façon avec une team très sympathique. »

Sabrina

« J’ai aimé le faire de faire connaissance avec d’autres personnes autrement que par « tu fais quoi dans la vie? ». On a pu parler de ce que l’on appréciait et ainsi créer du lien sur des choses plus « profondes » en quelques heures. L’idée d’écrire à plusieurs me stimule, j’ai hâte de voir ce que ça va donner et j’ai hâte que l’on s’entraide pour faire tout cela éclore. »
Clotilde

Presse

La première séance du workshop a également été relayée par 20 minutes ! Pour compléter la lecture de ce compte-rendu, rendez vous ici

Rejoindre l’aventure

Il est encore temps de rejoindre le workshop ! Le prochain rendez-vous a lieu le 28 octobre à 19h au Labo : cliquez ici pour vous inscrire

Option Startup – Ville de Paris et Paris&co

Jeudi 15 et vendredi 16 octobre 2015, le Labo de l’édition a accueilli l’opération « Option Startup » organisée par la ville de Paris et Paris&Co. Un moment d’échange et de découverte destiné aux jeunes collégiens et lycéens d’Ile-de-France à l’aube de leur orientation professionnelle…

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Nouveaux métiers en startup

Parmi les 40 lieux d’innovation parisiens à disposition des classes de 3e et de seconde, le Labo de l’édition a été choisi par les lycées Racine et Honoré de Balzac qui souhaitaient assister au programme « Nouveaux métiers en start-up ».

Dans une atmosphère studieuse et interactive, Sonia Akhtar a présenté son poste de Chief Happiness Officer au sein du Labo de l’édition, ainsi que deux autres métiers natifs de l’environnement des startups et du web : Growth Hacker et Community Manager

Growth Hacker

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Chief Happiness Officer

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Community Manager

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Retours d’expériences

Le feedback des élèves et des professeurs nous a semblé positif. Concernant les 1ères spécialisées en Sciences et Technologies du Management et de la Gestion (STMG) du lycée Racine, l’initiation à l’univers des startups constitue la suite logique de leur formation. S’ils possèdent déjà des notions évidentes sur l’organisation des entreprises, c’est une nouvelle vision de entrepreneuriat qui s’est offerte à eux. Option startup se posait alors comme un éventuel complément à leur parcours.

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Quant à la classe de seconde générale du lycée Honoré de Balzac, la sensibilisation à l’écosystème de l’innovation a élargi leurs horizons. Leur professeur d’économie/gestion a souhaité les confronter à ces nouveaux métiers qui demandent de multiples connaissances et une grande polyvalence…

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Presse

Les Echos

Le Parisien

DÉJEUNER LABORANTIN #8

Le Labo de l’édition organisait mercredi 7 octobre son huitième déjeuner laborantin. Une occasion pour les professionnels du milieu ou les simples curieux de s’enrichir de projets innovants en lien avec l’édition numérique autour d’un repas convivial. Trois porteurs de projets ont pris la parole pour présenter leur idée et échanger avec le public. Plusieurs questions autour de l’édition numérique, de la publicité et du design se sont posées et restent bien sûr ouvertes : votre feedback et vos commentaires sont encore les bienvenus !   

Pour débuter cet évènement, Antoine et Elisa présentent Peetch : un réseau social permettant de créer des histoires courtes et amusantes entre utilisateurs sous forme de chaînes d’idées. Né en deux jours à l’occasion du Startup week-end de Tours, le concept est défini par quatre adjectifs : collaboratif, rapide, simple et fun. L’outil s’inspire de Facebook Messenger pour sa dimension interactive et de Twitter pour la concision du format d’écriture.

Combinant le principe du cadavre exquis à une recette scénaristique signée Pixar, la plateforme d’écriture collaborative repose sur le schéma narratif du « Story Spine » (il était une fois…, tous les jours…, c’est pourquoi…, jusqu’à que finalement) qui confère un certain dynamisme à son utilisation. Une fois la créativité collective stimulée et l’histoire co-écrite, il sera éventuellement possible de multiplier les supports : bandes dessinées, films, animations… Les porteurs de Peetch travaillent actuellement sur une version audio et vidéo du projet.

Antoine et Elisa envisagent de nombreuses perspectives d’utilisation pour leur plateforme. Si l’application est pensée pour un usage récréatif, on peut aussi en tirer un réel bénéfice sur le plan pédagogique : ils l’ont constaté en la faisant tester à des classes de primaire. Peetch peut aussi se présenter comme un intéressant outil de story-telling pour les marques : Antoine et Elisa ont déjà imaginé plusieurs campagnes de publicité basées sur l’écriture collaborative.

C’est au tour de Lisa et Damien de présenter Webibli, un réseau de partage de livres pour les passionnés du web. Webdesigners de formation, les porteurs du projet qui travaillaient au sein de la même agence ont constaté l’utilité et la richesse des livres relatifs à leur cœur de métier. Selon eux, l’esprit créatif du designer doit perpétuellement s’enrichir par la lecture, en particulier dans la vie active où l’inspiration s’étiole parfois au contact du marché du travail.

Ainsi, l’idée est de réunir un petit réseau de passionnés autour d’une plateforme de prêt entre particuliers leur permettant de s’échanger de précieux ouvrages. Le modèle de Webibli répond à un besoin bien connu des étudiants en webdesign : les livres spécialisés sont coûteux et figurent rarement dans les catalogues des bibliothèques publiques.

Au cours d’une courte démonstration du site web, Damien nous montre la simplicité de cette bibliothèque interactive qui permet aux utilisateurs de rester en contact. 750 personnes ont déjà trouvé à travers Webibli une réponse à leur besoin. Plusieurs améliorations et ajouts sont en discussion : des partenariats avec des maisons d’édition, un service de livraison et d’assurance des livres… A la présentation de ce projet d’échange gratuit de livres sur le modèle de Booxup, le public a réagi en citant l’actualité : jusqu’où le prêt entre particuliers est-il légal ? Constitue-t-il une fraude pour l’industrie du livre ? Si la loi n’est pour l’heure pas catégorique, Damien et Lisa attendent le verdict de l’enquête préventive de la DGCCRF…

Brigitte Borja de Mozota, chercheuse en sciences de gestion, maître de conférence HDR à l’université Paris-Ouest et éditrice du premier livre de recherche sur le « Design management », a clos l’évènement en présentant son projet de réédition. Très impliquée dans le devenir de cet ouvrage, elle souhaite l’adapter aux attentes des lecteurs et des professionnels à l’heure du numérique. Le projet étant encore en réflexion, elle pose une question très ouverte à tous les spécialistes du design immergés dans l’univers de l’édition numérique.

Compte rendu de la table ronde « Les nouveaux modes d’écriture à l’heure du numérique »

Mardi 22 septembre 2015, le Labo de l’édition a réuni les créateurs de Draftquest, d’Infinite RPG et de Textaz autour d’une table ronde, interrogeant les nouveaux modes d’écriture qui émergent à l’heure du numérique. Si la prolifération des autoédités sur le web révèle un terreau fertile pour les auteurs en herbe, il semble aujourd’hui d’autant plus difficile de s’y retrouver lorsqu’on souhaite se lancer dans l’écriture de ses premiers textes. Par où commencer ? Quels outils numériques pour guider les écrivains amateurs ? A l’heure des médias sociaux, l’acte d’écrire au sens large tend de plus en plus à l’interactivité. L’acte créateur devrait-il alors rester solitaire ? Faut-il écrire seul ou à plusieurs ?

La table ronde s’est ouverte sur une introduction aux nouveaux modes d’écritures, parcourant un florilège non exhaustif d’outils et de plateformes destinés à différents types d’écrivains amateurs. Pour les plus solitaires, des espaces de travail tels que We Love Words mettent en avant la crédibilité via des appels d’offre et des concours en partenariat avec des institutions. Atavist propose quant à elle une interface minimaliste et fluide adaptée aux longs textes, dans la veine de la plateforme de blogging Medium.

A disposition des adeptes de l’écriture collaborative, des outils comme Penflip à l’ergonomie très simple reposent sur du traitement de texte interactif et disposent parallèlement d’un chat. Le réseau social canadien Wattpad qui à la fin de l’année 2014 comptait presque 40 millions d’utilisateurs par mois témoigne du succès des plateformes communautaires d’écriture collaborative. Majoritairement constituée d’un public adolescent adepte de « fan-fiction », la communauté qui s’est formée autour de Wattpad a consacré des auteurs tels qu’Anna Todd dont le best-seller After a été écrit presque exclusivement sur smartphone via le réseau social. Dans la lignée de Fifty Shades of Grey, ces livres composés « du bout des doigts » marquent un véritable tournant dans les pratiques d’écriture.

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©Thibaux

David Meulemans, créateur de Draftquest et fondateur des éditions Aux Forges de Vulcain, a ouvert la discussion. Ecriture et interactivité forment selon lui une alliance prolifique. Pour l’éditeur, « plus les gens sont isolés, moins les livres sont originaux ». C’est de ce postulat qu’est née l’idée d’une plateforme d’aide à l’écriture créative basée sur la spontanéité et le partage des textes. Selon David Meulemans, « l’instinct créatif se court-circuite » dès lors que l’écrivain s’isole car il se projette trop dans le résultat final. Comme son nom l’indique, l’atelier virtuel repose sur l’importance accordée au « brouillon » dans le processus d’écriture : l’accompagnement de Draftquest encourage l’utilisateur à multiplier les ébauches afin d’écrire sans arrière pensée ni présomption de réécriture. Il s’agit d’une sorte de « serious game » : la dimension spontanée et ludique de l’écriture permet de séquencer le moment créatif du moment critique individuel et d’avancer pour espérer produire quelque chose de sérieux.

La parole passe à Caroline Viphakone, web designer et créatrice du réseau social de jeu de rôle textuel Infinite RPG. Jeu et interactivité sont les maîtres mots du projet, c’est ce qu’en ont rapporté les bêta-testeurs le 18 avril dernier lors d’une rencontre In Real Life au Labo de l’édition. Traditionnellement pratiqué sur table, le jeu de rôle se perpétue textuellement sur le web via une diversité d’outils : forums, Facebook, Twitter, Whatsapp… Inspirée de Wattpad, l’idée d’Infinite RPG est de rassembler cette vaste communauté de rôlistes au sein d’un réseau social dédié. Encore en construction, la plateforme suggère déjà divers types d’usages. Pour une utilisation portée sur la dimension récréative et stratégique du jeu de rôle, les « rôlistes » avérés bénéficieront d’un réseau leur permettant de pratiquer ce hobby sans contrainte, à distance et en direct avec une quantité infinie de partenaires. Le cercle du jeu peut aussi profiter aux écrivains amateurs qui deviennent selon Caroline Viphakone des « rôlistes romanciers ». L’outil interactif renferme en effet de nombreuses possibilités en termes d’écriture.

« L’avenir de l’écriture sera collaboratif et hyper-connecté », affirme Pierre-Chanel Kilama, créateur de la web application Textaz. Son nom renvoie aux « texteurs » et aux « texteuses », néologismes qui proposent une alternative au terme d’écrivain. La plateforme collaborative est accessible à tous ceux qui souhaitent s’essayer à l’écriture. Empruntant quelques principes au jeu de rôle, Textaz propose aux utilisateurs de choisir un avatar dont ils raconteront les aventures sur leur page, en collaboration avec d’autres qu’ils peuvent inviter à leur guise. Les écrivains peuvent se noter via un système de like différencié par points thématiques : émotion, sagesse, humour, folie…

Interagir avec d’autres semble donc être un moyen salutaire pour vaincre l’angoisse de la page blanche et stimuler les plumes les plus hésitantes. Qu’en est-il de la dimension pédagogique de ces plateformes d’écriture collaboratives ? Jusqu’où peuvent-elles guider l’écrivain amateur  dans sa progression ? Les intervenants s’accordent à relever l’effet des mécanismes d’intelligence collective suscités par les échanges au sein des ateliers d’écriture. Ainsi la web application de Draftquest est agrémentée d’un MOOC qui fournit des conseils et prescrit des exercices créatifs dont le résultat est à échanger avec les autres utilisateurs via Facebook ou via le forum du site.

Pour Caroline Viphakone, l’action narrative en temps réel que propose le jeu de rôle textuel est porteuse de nombreuses vertus pour l’écrivain en herbe : elle permet de tester une histoire, un personnage, une psychologie en les confrontant à un univers qui reste toujours en mouvement. Cette possibilité de mise en situation semble idéale pour progresser. Textaz propose en parallèle de sa plateforme virtuelle un programme de workshops pour ceux qui souhaitent suivre une initiation à l’écriture à plusieurs. La première session aura lieu au Labo de l’édition le mercredi 14 octobre à 19h30. Pierre-Chanel Kilama relève en effet l’importance des rencontres In Real Life pour avancer. Si la collaboration en ligne via un écran ou un personnage fictif semblent confortable à bien des égards, l’animation de groupes en IRL permet d’aller encore plus loin car elle rassemble des personnes dans une « atmosphère » commune, propice à la réflexion.

Chacune des ces plateformes d’écriture est gratuite et ouverte à tous. Maîtres mots de ces modèles, accessibilité et partage posent nécessairement la question sensible du droit d’auteur et de la propriété intellectuelle. Pierre-Chanel Kilama tente d’y répondre en définissant le cadre juridique de Textaz : les droits d’auteur de chaque utilisateur sont respectés notamment dans l’optique d’une rémunération éventuelle : chacun perçoit des droits proportionnels à la quantité de signes fournis dans l’ouvrage collaboratif.

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Accessibilité et partage posent aussi d’importantes questions de légitimité. Renforçant le lien entre auteurs et lecteurs, des plateformes de concours d’écriture comme Fyctia donnent la parole aux internautes, leur permettant de participer au processus de sélection des ouvrages en temps réel via l’application mobile. Ces outils confèrent aux lecteurs un nouveau pouvoir de consécration, plus direct qu’auparavant. Qu’en est-ils des nouveaux modes d’accès à la notoriété à l’heure du numérique ? Afin de dévoiler l’aboutissement de son travail et de récompenser ses meilleurs auteurs, Draftquest s’est associé à la plateforme d’autoédition Librinova pour le concours annuel « Osez la publication ».

vis-ma-vie-de-roliste-personnagesInfinite RPG a lancé en juin dernier le concours « Vis ma vie de rôliste », encourageant ses utilisateurs à raconter leur expérience du jeu de rôle écrit. S’il est un moyen de stimuler la production littéraire, le concours permet de créer du mouvement et présente un réel intérêt en termes de visibilité. Il permet aussi à certains écrivains anonymes d’accéder à la reconnaissance. Le premier prix du concours LibrinovaDraftquest gagne par exemple la publication de son livre aux éditions Aux Forges de Vulcain. Selon David Meulemans, il faut néanmoins rester prudent quant aux modalités d’élection des auteurs : s’en remettre exclusivement aux voix des internautes présente un danger. Pour le créateur de Draftquest, le choix des lauréats revient à un jury spécialisé. L’idée est d’empêcher que le concours devienne une course à la popularité : l’élection doit refléter la qualité de l’œuvre. Caroline Viphakone a elle aussi renoncé aux suffrage des internautes. Elle a fait appel à des bloggeurs reconnus dans la communauté des rôlistes pour désigner les vainqueurs du concours d’Infinite RPG, resserrant le lien entre les organisateurs et le public via la parole de ces influenceurs.

Chacun des projets présentés lors de la table ronde se confronte finalement à cet enjeu démocratique. A l’heure où la création se fixe sur des supports de diffusion comme les médias sociaux, la porosité entre production littéraire et communication devient manifeste. Prenant pour exemple Azel Bury qui en été 2015 faisait partie des meilleures ventes sur Kindle, David Meulemans constate que l’écriture est parfois aujourd’hui à mi chemin entre création et community management. Chaque intervenant s’accorde finalement sur un point : les plateformes d’écriture numériques doivent rester des espaces de production, non de diffusion.

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